Foot - Disparition - Daniel Bravo, à propos de Michel Hidalgo : « Il fait partie de mes papas du foot »

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Champion d'Europe en 1984 même s'il n'y a disputé que treize minutes (contre la Yougoslavie, 3-2), l'ex-milieu Daniel Bravo rend hommage à l'un de ses pères spirituels, Michel Hidalgo, disparu ce jeudi. Daniel Bravo (13 sélections, 1 but, entre 1982 et 1989), après la mort de Michel Hidalgo : « Michel Hidalgo fait partie de mes papas du football. Il m'a sélectionné pour la première fois à tout juste 19 ans (France - Italie, 2-0, le 23 février 1982). Il a même continué à me sélectionner lors de la saison suivante, alors que j'avais été relégué en D2 avec Nice, et certains s'en étaient plaints. Il m'a toujours protégé et a bien expliqué les choses. Quand il ne m'a pas sélectionné pour la Coupe du monde 1982, il a pris le temps de m'envoyer un mot pour m'expliquer que j'avais le temps, qu'il ne fallait pas brûler les étapes et cela m'avait touché. Mort de Michel Hidalgo, incarnation du beau football Il avait un très grand coeur, il était hyper-humain et aimait vraiment ses joueurs. Il y avait vraiment une ambiance extraordinaire au sein des Bleus, car il y a avait instauré un climat très familial. Il a toujours réussi à faire en sorte que la concurrence soit très saine. Il savait aussi miser sur les jeunes, comme moi, Manuel Amoros, Bruno Bellone ou Jean-Marc Ferreri. Il se comportait comme un professeur, mais dans le bon sens du terme, il était très pédagogue, il expliquait toujours très bien les choses. Daniel Bravo « C'était un précurseur au niveau du management » Mort de Michel Hidalgo : les images marquantes de sa carrière
C'était aussi un précurseur au niveau du management : il a su vraiment s'appuyer sur ses leaders importants, en particulier Michel Platini. Cela a sans doute été l'un des premiers à mettre en place une sorte de conseil des sages, il prenait les avis de ses éléments majeurs et les écoutait à bon escient. Cela démontrait une certaine humilité et surtout une grande intelligence. Il était très attentif à ses joueurs et très proche d'eux. Il avait toujours un mot gentil. Par exemple, à l'Euro 1984, je n'ai pas beaucoup joué (seulement 13 minutes contre la Yougoslavie, 3-2 au premier tour), mais il prenait toujours le temps de me parler. Sur le plan du jeu, j'y ai souvent repensé après coup, c'était vraiment un entraîneur extrêmement audacieux, notamment avec son fameux carré magique (Platini, GIresse, Tigana, Genghini puis Fernandez). Il a vraiment laissé un grand souvenir aux gens grâce à son football-panache. C'était un autre football ou le leitmotiv était de prendre du plaisir, il répétait d'ailleurs très souvent ce mot. J'ai juste un regret : il a refusé d'être ministre des Sports alors qu'on lui a proposé et c'est dommage, car il en avait à la fois l'aura et les compétences. Mais cela symbolise aussi un trait de son caractère : il n'aimait pas forcément se mettre en avant, ni trop prendre la lumière. » Michel Platini : « Michel Hidalgo était un créateur d'émotions »

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