Foot - Disparition - Dominique Rocheteau, à propos de Michel Hidalgo : « Il avait une très grande sensibilité »

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L'ancien attaquant des Bleus Dominique Rocheteau, sacré champion d'Europe en 1984 avec Michel Hidalgo, disparu ce jeudi, met en exergue sa capacité à mettre en confiance ses joueurs et son immense humanisme. Dominique Rocheteau (49 sélections, 15 buts entre 1975 et 1986), après la mort de Michel Hidalgo : « Je l'avais vu très récemment (le 12 février, lors d'une rencontre à Marseille avec des champions d'Europe 1984), et c'était un moment très important. On était tous très heureux d'être autour de lui et même s'il était très affaibli, il avait été très content de nous voir. Aujourd'hui est un jour très triste. Cet homme m'a accompagné tout au long de ma carrière, je l'ai connu en équipe de France Juniors, à 15 ou 16 ans. Ce que je retiens avant tout, c'est sa façon à la fois de mettre en confiance et de faire confiance à ses joueurs. Mort de Michel Hidalgo, ex-sélectionneur des Bleus et incarnation du « beau football »
J'ai une anecdote très symbolique de cela : lors de la Coupe du monde 1982, entre le match du deuxième tour contre l'Irlande du Nord (4-1, le 4 juillet) et la demi-finale contre la RFA (3-3, 4-5 aux t.a.b., le 7 juillet), je ne me suis presque pas entraîné car j'avais une grosse torsion à un genou. Alors il est venu me voir plusieurs fois le jour de ce fameux match et même si j'avais mal, il m'a dit qu'il me ferait jouer et cela a été le cas. C'est une marque de confiance exceptionnelle. De toute façon, de manière générale, c'est un coach très avenant, très disponible, qui parlait énormément avec ses joueurs au quotidien. Il avait bien sûr un discours attractif sur le foot en prônant toujours "le beau jeu" et il privilégiait toujours l'aspect technique. Cela se sentait beaucoup dans ses séances d'entraînement. Le côté physique, il le laissait à ses adjoints (rire) ! Dominique Rocheteau « C'était la gentillesse incarnée, un très grand humaniste » C'était la gentillesse incarnée et un très grand humaniste. Avec lui, on se sentait bien, tout simplement. Il a toujours privilégié le côté humain et il a toujours continué à me suivre, après ma carrière de joueur. Il était présent, c'était devenu un véritable ami, car même si au début je le vouvoyais, après je l'ai appelé "Michel". Il avait une très grande sensibilité. Par exemple, c'est méconnu car il ne l'a pas mis en avant, mais durant la Coupe du monde 1978 en Argentine, il a accompli beaucoup de choses pour aider la population (alors sous le joug d'une dictature militaire). Mort de MIchel Hidalgo : les images marquantes de sa carrière Enfin, il ne faut pas oublier que c'était un très beau joueur, fin et élégant milieu de terrain, que j'avais vu jouer dans mon enfance lorsqu'il évoluait à Monaco (1957-1966). Il est donc devenu un entraîneur qui ressemblait à ce qu'il était comme joueur... Michel Platini : « Michel Hidalgo était un créateur d'émotions »

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