Foot - Disparition - Equipe de France : les matches légendaires de l'ère Michel Hidalgo

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Sélectionneur de l'équipe de France entre 1976 et 1984, Michel Hidalgo l'a menée vers son premier titre majeur à l'Euro 84, deux ans après la blessure de la demi-finale du Mondial 82 contre l'Allemagne. Le 27 juin 1984, dans un Parc des Princes incandescent, la France affronte l'Espagne en finale de l'Euro. Michel Platini ouvre le score sur un coup franc mal apprécié par Luis Arconada (neuvième but du joueur de la Juventus) avant que les Bleus creusent l'écart (2-0) à la 90e grâce à un ballon piqué de Bruno Bellone, lancé en contre par Jean Tigana. Pour son dernier match à la tête des Bleus, celui de premier titre majeur de leur histoire, Michel Hidalgo avait préparé ses troupes dans les vestiaires. Michel Hidalgo, un roman bleu : sa carrière racontée par Vincent Duluc Il avait dessiné une montagne sur un tableau avec cette phrase de Confucius : « Quand on arrive au sommet de la montagne, il faut continuer de monter. » « Demain matin, ça sera peut-être difficile... Mais c'est une sorte de roman, et il y a cette histoire d'amour qui se termine avec une belle fin », déclare-t-il, ému, en direct sur TF1 après avoir été porté en triomphe par ses joueurs. Pour s'offrir cette finale de l'Euro 84 à Paris, l'équipe de France doit passer l'écueil portugais. Le match se déroule à Marseille, dans l'ambiance extraordinaire mise par les 55000 spectateurs. Jean-François Domergue (24e) ouvre le score sur coup franc pour les Bleus. Jordao (74e) les pousse à la prolongation avant de faire passer les Lusitaniens devant dès la 98e, sur des services de Chalana à chaque fois. Les fantômes de Séville 1982 ressurgissent, les attaquants manquent une flopée d'occasions mais Domergue égalise à la 114e. En retrait sur un centre de Jean Tigana, Michel Platini qualifie les Français à quarante secondes de la fin. Il a trouvé « la clé du paradis », titre L'Equipe après cette rencontre légendaire. « Nous sommes revenus de l'enfer », s'était réjoui Hidalgo. Si la France s'est mathématiquement qualifiée pour le Mondial 82 en battant Chypre (4-0) en décembre 1981, tout s'est joué un mois plus tôt face aux Pays-Bas. Le 18 novembre, les Bleus reçoivent les Oranje de Neeskens, Rep et Krol au Parc des Princes. « C'est le match le plus difficile de l'histoire du football français, ose Thierry Roland en présentation de la rencontre. Il faut réaliser un exploit. » Michel Platini ouvre le score sur coup franc et exulte à genoux, une image devenue légendaire. Trouvé par Dominique Rocheteau, Didier Six met la France à l'abri d'une reprise (2-0, score final). « Ils ont jeté les tulipes aux orties. L'audace a payé », lit-on dans L'Equipe. Organisée dans un 4-3-3 très offensif, avec Michel Platini, Alain Giresse et Bernard Genghini dans l'entre jeu, l'équipe de France a trouvé l'identité de jeu que Michel Hidalgo veut lui inculquer. Absente du Mondial pendant 12 ans, la France se qualifie pour l'édition 1978 qui va se dérouler en Argentine. Le destin des Bleus bascule du bon côté le 16 novembre 1977 face à la Bulgarie (3-1). Une revanche, un an après un nul scandaleux à Sofia (2-2) ayant fait craquer Thierry Roland (« M. Foote, vous êtes un salaud »...). Sous la pluie de Paris, Dominique Rocheteau bat le gardien adverse, sur un second ballon après une tête manquée de Marius Trésor (38e). Michel Platini creuse l'écart d'un tir superbe sous la barre de 25 mètres (63e). « Un but d'anthologie », dira même le journaliste télé Pierre Cangioni. Cvetkov réduit le score à la 85e de la tête mais Dalger évite des maux de tête à Michel Hidalgo à la suite d'un débordement de Bernard Lacombe à la 89e. En larmes, Hidalgo est porté en triomphe par ses joueurs. Que n'a-t-on pas écrit sur ce que beaucoup considèrent toujours comme le match le plus mémorable de l'histoire de l'équipe de France ? Une épique demi-finale de Coupe du monde contre la RFA, perdue à l'arrivée (3-3, 5-4 t.a.b.) mais génératrice d'émotions qui auront marqué des générations d'amateurs de foot.  Le 8 juillet 1982, au stade Sanchez-Pizjuan de Séville, l'équipe de France finit la première période à égalité (1-1) mais assiste au début de la seconde (57e) à l'agression d'Harald Schumacher sur Patrick Battiston, évacué sur civière. En prolongation, Marius Trésor (92e) puis Alain Giresse (98e) semblent l'envoyer en finale (3-1) mais l'entrée de Rummenigge change tout. Le joueur du Bayern réduit la marque (102e) avant que Fischer égalise (3-3) d'un retourné (108e). Didier Six et Maxime Bossis ratent ensuite leur tir au but. « Il y a une sorte d'injustice. Tout cela appartient peut-être aux dieux, soufflait Michel Hidalgo le soir du match. Il faudra beaucoup de temps pour digérer cette défaite. » Il ne croyait pas si bien dire : presque quarante ans plus tard, la cicatrice est toujours là.

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