Foot - Drame de Furiani - Josepha Guidicelli, présidente du collectif des victimes du 5 mai 1992 : « Un grand pas de franchi »

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La présidente du collectif des victimes se dit « satisfaite » après le vote, ce jeudi à l'Assemblée nationale, de la proposition de loi visant à ne pas jouer le 5 mai, en hommage à la catastrophe de Furiani. Ce jeudi, l'Assemblée nationale a voté en faveur de la proposition de loi du député Michel Castellani (membre du groupe parlementaire Libertés et Territoires), visant à ne plus jouer au foot les 5 mai, en hommage à la catastrophe de Furiani, qui avait fait 18 morts et plus de 2 300 blessés en 1992. De quoi « soulager » Josepha Guidicelli, la présidente du collectif des victimes, qui se bat depuis des années pour sacraliser cette date. Drame de Furiani : un appel pour convaincre les parlementaires de ne plus jouer le 5 mai « Comment avez-vous accueilli ce vote ?
C'est une très bonne nouvelle, une grande satisfaction et un soulagement. Ça fait maintenant plusieurs années qu'on se bat pour faire de ce jour une journée sans match. C'est un combat. Pourquoi n'était-ce pas suffisant de jouer les 5 mai tout en rendant hommage aux victimes ?
Parce que c'est primordial que ce jour soit un jour de recueillement au niveau national. C'est impensable qu'on puisse commémorer la tragédie d'un côté et de l'autre faire la fête autour du football pour une victoire. C'est la plus grande tragédie du sport français et je suis sûre qu'il faut une commémoration au niveau national, comme il se doit. Il y a un devoir de mémoire nécessaire. Comment expliquez-vous qu'il ait fallu presque trente ans pour en arriver là ?
Au lendemain de la catastrophe, François Mitterrand (alors président de la République) était venu et avait dit qu'il n'y aurait plus de match le 5 mai. À l'époque, le collectif pensait que c'était parole donnée et s'est surtout préoccupé du procès. À partir des années 2000, de nombreux matches ont commencé à avoir lieu le 5 mai, et c'est pour ça que le collectif s'est reformé pour demander que ce ne soit plus le cas. Pourquoi ? Parce que je pense que les instances du football ont oublié la catastrophe de Furiani, alors que c'est partie intégrante de leur sport, de leur histoire. Elles n'ont pas voulu en tenir compte. Pourquoi ? C'est notre interrogation, c'est une incompréhension totale. « On se heurtait à des murs qui n'en avaient rien à faire » Les impératifs de calendrier sont souvent mis en avant.
Oui, on nous avance que c'est très compliqué au niveau organisationnel, qu'il est compliqué de geler un match ce jour-là. On pense que c'est au niveau financier que ça bloquerait, mais ça, on ne peut pas l'entendre. Après ce vote, considérez-vous que le plus dur est fait ?
On est satisfaits et on espère qu'au Sénat, ça suivra dans la même continuité. C'est un grand pas de franchi. Le devoir de mémoire va trouver sa place et on pourra enfin faire des commémorations comme il se doit. Avez-vous désespéré, par moments, que cette demande aboutisse ?
Oui, ça fait maintenant près de dix ans qu'on rencontre tous les ministres des Sports qui se succèdent, les instances du football. On voyait bien qu'on se heurtait à des murs qui n'en avaient rien à faire, à part avoir l'arrogance et le mépris de nous dire que c'est mieux de jouer. Donc oui, à un moment, on s'est dit qu'on n'allait pas y arriver. »

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