Foot - ESP - Real-Barça - Clasico : Real Madrid - FC Barcelone, un banc les sépare

L'Equipe.fr

Alors que le Real accueille le Barça ce dimanche (20h45) - dans un Clasico capital pour le titre de champion d'Espagne - le club merengue a un avantage certain sur son rival catalan : son banc.Samedi dernier face à Gijon, le Real Madrid a aligné son équipe B, pour faire tourner en vue du quart retour de C1 contre le Bayern. Même sans automatisme, les Merengue ont gagné (3-2), portés par un énorme Isco, dont il est difficile de savoir ce qu'il fait encore sur le banc. Quelques heures plus tard, le Barça se présentait lui avec son équipe type, seulement amputée de Neymar (suspendu) et Iniesta (ménagé) face à la Real Sociedad, à quatre jours de son retour contre la Juve. Le Barça a gagné (3-2), mais à l'inverse des Madrilènes, n'a pas voulu reposer ses cadres. L'entraîneur catalan Luis Enrique a-t-il vraiment eu le choix ? La question se pose, tant les bancs des remplaçants des deux formations semblent incomparables.Au Real, des remplaçants de luxe presque partoutLe Real peut se permettre de larges rotations, en s'appuyant sur un effectif aussi riche en quantité qu'en qualité. Dans l'axe de la défense, personne n'est vraiment installé à côté de Ramos, Varane et Pepe se disputent le poste. Avec ces trois défenseurs centraux de classe mondiale, le Real peut voir venir, d'autant que l'international espagnol Nacho est un quatrième homme sérieux. A droite de la défense, Danilo offre une vraie concurrence à Dani Carvajal, et les deux hommes sont interchangeables à souhait, sans perdre en qualité.A gauche, la différence de niveau est plus visible entre Marcelo et Coentrao. Le Brésilien joue les gros matches, avec le volume qu'on lui connaît, alors que le Portugais lui permet de souffler, mais n'affiche pas un rythme aussi élevé que lui. Dans les cages, la hiérarchie est claire avec Keylor Navas, titulaire indiscutable, et Kiko Casilla, aligné en Coupe et sur certains autres matches, pour reposer le Costaricien. Là encore, le Real s'appuie sur deux valeurs sûres.Au milieu, le banc du Real est quatre étoiles. Pour faire tourner son trio Casemiro-Kroos-Modric, Zidane a le choix entre... Kovacic, Isco et James Rodriguez ! Le jeune Croate Kovacic (22 ans), après un an d'adaptation, donne entière satisfaction, avec une polyvalence précieuse, capable de jouer en sentinelle ou en relai. «A chaque fois qu'il joue, il est bon», jubilait ZZ en février. Il offre une concurrence saine et sérieuse au milieu, tout comme Isco. Ce dernier est encore plus avancé dans la hiérarchie et peut espérer une place de titulaire tant ses prestations impressionnent. Malgré son statut d'intermittent, il est le deuxième joueur merengue le plus décisif en Liga derrière Ronaldo, avec une implication dans 14 buts de son équipe en Championnat (9 réalisations, 5 passes décisives).Pour compléter ce casting de luxe, Zidane peut également compter sur James Rodriguez, acheté 75 millions d'euros en 2014 à Monaco. Le Colombien n'est pas en confiance et se contente du peu de temps de jeu qu'on lui donne en Liga (842 minutes cette saison), mais il reste un joueur capable de faire la différence, à n'importe quel moment.En attaque, ZZ a aussi des possibilités impressionnantes, avec évidemment l'international espagnol Alvaro Morata, qui tente de déloger Karim Benzema en pointe. Avec l'un ou l'autre, le Real s'appuie sur un numéro 9 d'envergure mondiale. Sur les ailes, Lucas Vazquez et Marco Asensio ont beaucoup plus de mal à faire de l'ombre à Ronaldo et Bale, mais les deux hommes sont convaincants quand on fait appel à eux. Les multiples blessures leur ont permis d'avoir du temps de jeu, et de montrer de belles aptitudes, surtout pour le jeune feu follet Marco Asensio (21 ans), auteur de 9 buts toutes compétitions confondues. Il ne faut pas oublier Mariano Diaz (19 ans) qui a souvent brillé quand il a eu sa chance cette saison (5 buts en 12 apparitions).Au Barça, des carences énormes dans toutes les lignesA Barcelone, le banc est très inégal en qualité. En défense, Luis Enrique n'a qu'un seul joker de luxe. Il s'agit de l'indispensable Javier Mascherano, en concurrence avec Umtiti pour jouer avec Piqué dans l'axe, mais qui dépanne également au milieu de terrain de temps en temps. Hormis l'Argentin, les hommes disponibles peinent à se mettre au niveau. Régulièrement utilisé jusqu'à fin février, Lucas Digne est porté disparu depuis, victime du changement de système avec le passage au 3-4-3. L'ancien Parisien n'avait de toute façon pas réussi à établir une vraie concurrence avec Jordi Alba, malgré des premiers matches intéressants avec les Blaugranas.Jérémy Mathieu joue toujours le rôle de bouche trou, une fois dans l'axe, l'autre fois sur le côté. Mais il n'arrive pas à élever son niveau de jeu pour atteindre le standing requis, dès que l'adversaire est dangereux. «On se demande comment il peut porter le maillot du Barça. Il en est à des années-lumière» a lâché Steven Gerrard, cinglant, après avoir vu la performance de l'ancien Sochalien à Turin. Pour le reste, Luis Enrique ne peut pas compter sur Aleix Vidal, gravement touché, et ne fait pas encore confiance au jeune défenseur central brésilien Marlon (21 ans), apparu une seule fois avec les pros en C1, contre le Celtic. Débarqué dans l'espoir de «mettre le doute dans l'esprit de Luis Enrique», le gardien néerlandais Jasper Cillessen en est très loin. Décevant lorsqu'il a joué, il regarde désormais Ter Stegen enchaîner les matches, même s'il est toujours aligné en Coupe du Roi.Luis Enrique a davantage de possibilités au milieu, avec Denis Suarez et André Gomes, en plus de Mascherano, remplaçant idéal de Busquets. Désigné comme futur successeur d'Iniesta, Denis Suarez n'est pas encore prêt pour remplacer Don Andrès. «Il doit encore se bonifier mais il est sur le bon chemin», selon son entraîneur. Il constitue un joker intéressant, mais il n'a pas encore le niveau attendu d'un titulaire dans l'entrejeu du Barça. Idem pour André Gomes, arrivé cet été pour 35 millions d'euros. Le champion d'Europe portugais n'a pas fini son adaptation. En manque de repères au début, il a reçu de nombreuses critiques, pour un manque d'impact, et son décalage par rapport au rythme du jeu catalan. Milieu le plus utilisé cette saison derrière Busquets et Rakitic, il doit gagner en régularité pour vraiment bousculer la hiérarchie.Rafinha et Arda Turan ont également dépanné au milieu, quand le Barça a eu des besoins. Ils ont aussi évolué sur les côtés de l'attaque. Le Brésilien Rafinha offrait de bonnes garanties, mais a terminé sa saison, suite à une blessure début avril. Une solution en moins pour Luis Enrique. Arda Turan a lui réussi son début d'exercice, en l'absence de Neymar, retenu aux JO. Mais derrière, le Turc n'a pas su enchaîner au retour du Brésilien. Depuis son arrivée au Barça, il n'est que l'ombre du joueur qu'il a été à l'Atlético, mais reste un très bon joker. Sauf que lui aussi n'a pas été épargné par les blessures, avec des pépins aux adducteurs depuis début février.La dernière solution offensive se nomme Paco Alcacer. Alors que le Barça a cherché durant l'été un attaquant capable de suppléer la MSN (Lacazette, Ben Arfa, Gabriel Jesus, Vietto, Gameiro...), la cellule de recrutement catalane a jeté son dévolu sur lui. Mais les 30 millions d'euros investis sont loin d'être rentabilisés. Avec 4 buts en 17 matches de Liga, l'ancien Valencien ne rentre clairement pas dans les standards demandés à un attaquant du Barça. En Catalogne, Alcacer est considéré comme un gros flop, et son départ dès le mois de juin est probable. Difficile donc pour Luis Enrique de faire souffler la MSN. Messi, Neymar et Luis Suarez sont les trois joueurs de champs les plus utilisés cette saison, et l'absence de solution valable en attaque n'est pas étrangère à cela.Pour compléter son banc léger, l'entraîneur blaugrana a plusieurs fois fait appel à des jeunes de la réserve (Alena, Carbonell, Cardona, Marlon, Nili). Ils se sont contentés d'une infime poignée de minutes, mais ces recours de fortune sonnent comme des signes de désespoir, pour compléter les manques d'un banc trop faible pour lutter toute une saison.BilanS'il est difficile de dire quel onze type est le meilleur entre les deux géants du foot espagnol, le banc du Real est clairement supérieur à celui du Barça, et cela peut avoir un impact majeur dans le sprint final en Liga. A y regarder de près, les trois points qui séparent actuellement les deux équipes (plus un match en retard à jouer pour le Real) sont déjà liés à ces solutions de luxe supplémentaires des Madrilènes, comme le prouve le précédent week-end.(*) Dans les compositions des bancs, les effectifs sont pris en compte dans leur globalité, en incluant les blessés de longue date également, comme Aleix Vidal et Rafinha.

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