Foot - Euro - BEL - Thomas Meunier (Belgique): « Gagner cet Euro aurait plus de valeur que de gagner la Coupe du monde »

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Tout en reconnaissant la supériorité des Bleus en 2018, Thomas Meunier, latéral des Diables Rouges, a relancé avec bienveillance et ironie la rivalité Franco-Belge. Le latéral Thomas Meunier était ce mercredi midi au point presse des Diables Rouges. Il a évoqué l'ambition de la Belgique, le niveau de la compétition et la demi-finale contre les Bleus à la Coupe du Monde 2018. Avec bienveillance et ironie. « Comment vivez-vous cet Euro?
Très bien. Il y a une excitation constante. Cela va devenir le tournoi de la mort subite. Il reste quatre matches, espérons-le. Le début s'est très bien passé. Il nous aide à aborder la suite de la meilleure manière. Vous étiez remplaçant en début du tournoi et la blessure de Castagne vous a propulsé sur le devant de la scène...
Les dés n'étaient pas jetés dès le début. J'ai appris peu avant le match contre la Russie (3-0, 12 juin) que j'allais être sur le banc. Ça m'a quand même permis une préparation optimale. Au vu du peu de temps de jeu dont je disposais en 2021, je me devais de donner un peu plus. Ce qui est arrivé à Timothy (Castagne, sextuple fracture au visage) est un grand malheur, une triste façon de sortir de l'équipe. Pour ma part, j'étais prêt à intervenir. Le coach le savait. On a pu voir qu'il pouvait compter sur moi. lire aussi Lukaku, le nouveau patron Dans ce contexte, vos quinze dernières minutes contre la Finlande (2-0, 21 juin) comptent-elles ?
C'était important de jouer. Quantitativement et qualitativement, notre groupe de joueurs est super intéressant. Chacun dispose d'une doublure de niveau plus ou moins égal. Il y a eu six ou sept changements dans l'équipe de départ contre la Finlande et le score parle de lui-même. Leandro (Trossard, qui a évolué couloir droit), n'avait jamais occupé ce poste. Il s'est débrouillé à merveille. Votre premier but contre la Russie vous a-t-il boosté?
Je suis toujours investi. J'essaie d'être le plus loyal possible. Je me donnerai à 100% même pour cinq minutes. Il suffit de voir nos entraînements avec des joueurs qui savent qu'ils jouent ou pas. Les sessions sont qualitatives et d'une cordiale camaraderie. Cela fait progresser le groupe où il n'y a pas de pensées négatives. Thomas Meunier « Le niveau est encore plus relevé qu'en 2018 » Tirez-vous des enseignements de ce premier tour et êtes-vous plus sereins?
On l'était tout autant en 2018. Et on l'a démontré (3e de la Coupe du monde). Il est important de ne pas calculer. Terminer premier du groupe (B) était notre priorité. On a enchaîné, on n'a pris qu'un but et on a prouvé qu'on était efficaces. On rate peu d'occasions. Contre la Russie, on marque directement. Tout le monde se sent super bien. Il y a aussi les retours d'Eden Hazard, de Kevin De Bruyne, d'Axel Witsel. On sent une équipe totalement prête qui pourrait affronter avec le même enthousiasme et la même motivation n'importe quel adversaire. Il n'y a plus de petites équipes. Gagner cet euro aurait plus de valeur que de gagner la Coupe du monde. Le niveau est encore plus relevé qu'en 2018. Il faut juste donner 100% et ne pas avoir de regret. Contre le Danemark (2-1, 17 juin), votre équipe et votre défense ont pourtant été malmenées...
On en a parlé à la mi-temps. Notre entame a été très mauvaise. Les Danois ont joué avec leur coeur, tout simplement. Un simple Skype avec Eriksen avant le match les a galvanisés. Ils ont joué à l'émotion, tout donné d'entrée. Et après une demi-heure, on a senti une première baisse de régime. On est revenu de 0-2 face au Japon (3-2 en 8e de finale de Coupe du monde 2018). On est revenus face au Danemark (0-1 à 2-1). Nos joueurs entrants (De Bruyne, Eden Hazard, Witsel, notamment) se sont mis au service du collectif et ont fait la différence. On a repris les choses en main. On savait que ça allait tourner à notre avantage. Pour gagner, il faut aussi de la réussite. Car on n'a pas eu beaucoup d'occasions. Mais l'équipe a fait le job d'une formation qui a des ambitions. lire aussi Comment De Bruyne a remis la Belgique à l'endroit Quelle équipe de l'Euro vous a fait la meilleure impression?
L'Italie me plait énormément. Les Hollandais aussi, avec un beau Memphis Depay qui vient de concrétiser un beau transfert qui va sans doute le galvaniser. Mais je pense aussi à l'Allemagne, la France, l'Espagne, même si elle ne marque pas énormément. C'est difficile, presque impossible de dire qui va l'emporter. Vous ne vous dîtes pas qu'il ne faut surtout pas jouer la France en 8e?
Peu importe l'adversaire. Que ce soit la France, la Slovaquie, la Suisse, il faudra tout donner. Thomas Meunier « Ça taquine sur les réseaux sociaux. Qui aime bien, châtie bien. Les Français savent que je les aime bien » Y-a-t-il toujours un sentiment de revanche sur les Bleus exacerbé par les réseaux sociaux ?
Ça taquine sur les réseaux sociaux (il sourit). Qui aime bien, châtie bien. Les Français savent que je les aime bien. J'ai joué quatre ans en Ligue 1 (au PSG). Je vais encore en vacances en France. Les réseaux, ça me plaît. Ça cherche un peu. On est sensibles. Eux aussi, avec les collègues de Monsieur (il nous désigne) qui aiment bien faire le show à la télé (La chaîne L'Equipe), mais pas toujours de manière efficace. Mais c'est la même chose avec l'Allemagne aussi. Ça reste de la pure camaraderie. Il n'y a aucune notion d'agressivité. Il faut que ça reste bon enfant, un simple match de foot. Que le meilleur gagne. Il ne sert à rien de mettre de l'huile sur le feu. On s'affronte et après, on en discute et on passe à autre chose. En 2018, vous avez raté la demi-finale pour une suspension. Serez-vous plus prudent en 2021?
Pour l'instant, je n'ai pas encore été averti. C'est dans le jeu. S'il faut faire une faute nécessaire, pour faire obstruction sur un joueur qui part dans la profondeur par exemple, je le ferai. Mais je ne rentre pas sur un terrain en me disant qu'il ne faut pas prendre de carton jaune. Il se passe ce qu'il se passe. D'ailleurs, je trouve que les arbitres laissent assez bien le jeu se poursuivre. Ils ne cassent pas les actions même si le Var brise l'authenticité du foot. Eux laissent libre cours à l'engagement. lire aussi Le retour des quatre fantastiques Vous vous posez encore la question si vous aviez joué cette demi-finale contre la France en 2018?
(Il rigole) Peut-être que l'on serait champion du monde ! Tout est hypothétique. Si ça se trouve, j'aurais mis un csc. Je n'ai pas pensé à ça. Avec ou sans moi, ça n'aurait rien changé. On est tombés contre une très belle équipe de France. Il faut bien avouer qu'ils étaient au-dessus de nous sur ce match. »

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