Foot - FIFA - Les dessous de l'antenne parisienne de la FIFA

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

L'ouverture d'une antenne de la FIFA à Paris, annoncée en octobre dernier, a été actée et fait l'objet de discussions étroites entre les autorités françaises et l'instance mondiale. Le dossier avancerait de « façon significative ». L'idée remonte à la fin 2018 et elle a progressivement fait son chemin, jusqu'à l'engagement commun pris à l'automne dernier. À l'issue d'une rencontre à l'Élysée, le 5 octobre, entre Emmanuel Macron et Gianni Infantino, le président de la FIFA, l'instance mondiale indiquait qu'un accord sur « le principe de l'ouverture d'une antenne de la FIFA à Paris en début d'année 2021 » avait été trouvé. Six mois plus tard, ce projet, qui a subi comme d'autres les aléas de la crise sanitaire, est toujours en discussion, mais « les travaux avancent de façon significative », précise-t-on à l'Élysée. « On va finaliser les choses, explique une source proche du chef de l'État. Il y aura une annonce avant la fin du premier semestre pour préciser le sens de ce que la FIFA souhaite faire, où et comment ». Le Graët à l'affût Noël Le Graët, qui avait assisté à la réunion d'octobre entre Macron et Infantino, se montre même plus précis. « Gianni va communiquer dans les jours qui viennent sur le sujet », croit savoir le patron de la FFF, également membre du conseil de la FIFA. Sollicitée, l'instance mondiale n'a pas souhaité s'exprimer. Fondée à Paris en 1904, la Fédération internationale a déménagé à Zurich (Suisse) en 1932, où elle est installée depuis. La création d'un bureau permanent dans la capitale française lui permettra de renouer avec ses origines. « La place parisienne offre des opportunités et des facilités pour certaines des activités de la FIFA, poursuit-on à la tête de l'exécutif. Elle accueille de grands groupes, des événements et salons internationaux et elle est bien desservie (grâce au « hub » aéroportuaire de Roissy). » Dans ce dossier, la FIFA est également en relation étroite avec le service étatique Business France, chargé de l'attractivité et de l'internationalisation de l'économie française. L'agence gouvernementale a soumis à la FIFA plusieurs sites d'accueil mais l'arbitrage n'a apparemment pas encore été effectué. Il dépend notamment du nombre de salariés à délocaliser à Paris et des « modalités opérationnelles » de cette antenne. Le statut fiscal du futur personnel parisien de la FIFA pèse aussi dans la balance. Contacté, Business France répond n'avoir « aucun commentaire à faire » concernant la prochaine ouverture de cette antenne. Une ouverture vers l'Afrique Noël Le Graët, qui a déjà accueilli Infantino chez lui, à Guingamp, dit être en « contact permanent » avec l'État et le président de la FIFA sur le sujet. « Beaucoup de réunions de Fédérations, par exemple africaines, peuvent avoir lieu à Paris », souligne notamment le patron de la « 3F », reconduit le mois dernier pour un nouveau mandat. « La FFF et la FIFA peuvent également avoir des synergies, reprend un proche du dossier. Ils pourraient organiser ensemble des événements ». Début octobre, l'instance mondiale insistait, dans son communiqué, sur sa « volonté de consolider ses relations avec la France et la francophonie, ainsi que l'UNESCO (l'organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture) et l'Agence française de développement (AFD) ». L'UNESCO, basée à Paris, a déjà signé un partenariat avec la FIFA en janvier 2019. Djorkaeff, la Fondation FIFA et l'UNESCO « Le renforcement de cette proximité géographique rendra encore plus fluides nos coopérations, indique-t-on à l'UNESCO. On discute de plusieurs éléments avec eux. Une partie de nos activités concerne la pratique du sport dans le monde. On travaille déjà ensemble sur le programme Football for Schools (qui vise à promouvoir la pratique de la discipline dans l'éducation physique et les activités extrascolaires pour garçons et filles) ». Champion du monde avec les Bleus en 1998, Youri Djorkaeff, le directeur général de la Fondation FIFA, est le référent au quotidien de l'instance mondiale avec l'UNESCO. Qui dit actuellement concevoir une application numérique, avec l'institution sportive zurichoise, consacrée « au football, à ses valeurs, son apprentissage et à l'acquisition de compétences techniques ».