Foot - FIFA - Gianni Infantino, président de la FIFA, « dénoncé » auprès du CIO par une société suisse, qui demande son exclusion

L'Equipe.fr
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Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a fait l'objet d'une « dénonciation » déposée fin octobre auprès du CIO par la société de management sportif fribourgeoise Sport 7, représentée par l'avocat Philippe Renz. Elu le 10 janvier au Comité international olympique (CIO), Gianni Infantino a fait l'objet, le 26 octobre, d'une « dénonciation » déposée auprès de l'institution sportive de Lausanne par la société de management Sport 7, représentée par l'avocat Philippe Renz, confirmant les informations du Monde. Dans cette dénonciation de huit pages transmise au CIO et à sa commission exécutive, que nous avons pu consulter, Sport 7« requiert » notamment son « intervention » à l'encontre du patron de la FIFA et lui demande « d'ouvrir immédiatement une enquête [...] en vue de son exclusion du CIO, et qu'elle le suspende provisoirement dans l'intervalle, comme les articles 3.8 et 59 de la charte olympique en prévoient la possibilité ». Sollicité, Me Renz qualifie Infantino de « cerveau d'une direction de la FIFA qui corrompt la gouvernance de l'organisation ». « Ce dossier est un véritable crash-test pour le CIO, poursuit-il. Soit il prend ses responsabilités pour faire respecter aussi à la FIFA les principes de gouvernance qu'il impose aux autres fédérations sportives internationales, soit il échoue, et alors, c'est le droit suisse de l'association, bien trop lacunaire, qui devra être révisé en profondeur ». Le TAS également dans le viseur La dénonciation de Sport 7, qui s'appuie sur un dossier global de plusieurs centaines de pages, vise également l'entité FIFA, « reconnue par le CIO », et « qui n'est pas en mesure de s'opposer aux agissements de ses dirigeants indélicats », ainsi que le Tribunal arbitral du sport (TAS), que Me Renz accuse de « cautionner le système FIFA », qui « ''blanchit'' sa justice qui n'en est pas une, ainsi qu'une partie de la zone de non-droit du milieu des transferts ». Le CIO a assuré au Monde que sa responsable éthique et conformité « est au courant des allégations, mais ne peut pas faire d'autres commentaires à ce stade ». De son côté, Matthieu Reeb, secrétaire général du TAS, « n'entend pas s'attarder sur les thèses complotistes de particuliers mais restera toutefois attentif aux éventuels propos tenus publiquement par M. Renz et/ou par la société Sport 7. » Basée à Fribourg, la société Sport 7 s'est engagée, avec Me Renz, dans une lutte contre les dérives du monde sulfureux des intermédiaires et des transferts. Elle propose elle-même des activités liées à celles des agents de joueurs et d'intermédiaires, comme l'orientation et la gestion de carrière, la promotion d'image ou le suivi extra-sportif. Dans sa dénonciation, Me Renz avance également qu'en « soutenant le crime organisé qui sévit dans le milieu des transferts de joueurs et en muselant à ces fins certains organes de la FIFA [...], M. Infantino se rend coupable de multiples violations de la charte olympique, des principes universels de base de bonne gouvernance du mouvement olympique et sportif, ainsi que du code d'éthique du CIO ». Infantino blanchi en août par la commission d'éthique Contactée au sujet de cette dénonciation et de son contenu, la FIFA n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat. Au-delà, le président de la Fédération internationale est déjà visé par plusieurs plaintes et une enquête pénale en Suisse, tout comme l'ex-procureur général de la Confédération helvétique, Michael Lauber, au sujet des rencontres informelles entre les deux hommes, en 2016 et 2017, sur fond de soupçons de collusion entre le parquet fédéral et l'instance mondiale. En août, Infantino avait été blanchi par la commission d'éthique de la Fédération internationale, notamment concernant ces réunions secrètes avec Lauber, trois semaines après l'ouverture d'une procédure pénale à son encontre. Dans cette affaire, Sport 7 et Me Renz ont également déposé une « dénonciation », le 13 mai, auprès des autorités judiciaires locales. Elle vise « Michael Lauber [...] et, potentiellement, d'autres membres à déterminer de la direction du MPC (le parquet suisse) pour abus d'autorité [...] et pour entrave à l'action pénale » ainsi que « des membres à déterminer de la direction de la FIFA », également au sujet du milieu controversé des transferts. Sur ce point, la Fédération internationale a proposé l'an dernier une série de réformes dont le but est de « protéger l'intégrité du football et de prévenir les abus ».