Foot - FIFA - Des soupçons sur une intervention d'Infantino pour l'abandon d'une enquête

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Selon la Tribune de Genève, le président de la Fifa Gianni Infantino serait intervenu auprès du procureur général suisse pour qu'une enquête le visant soit abandonnée. Le président de la FIFA Gianni Infantino est-il intervenu auprès du procureur général suisse pour qu'une enquête le visant soit abandonnée ? Depuis 2015, pas moins de 25 procédures ont été ouvertes par le Ministère public de la Confédération suisse (MPC) sur les affaires liées à la FIFA. En plus d'évoquer ce lundi le procès sur la corruption présumée pour l'attribution de la Coupe du monde 2006, la Tribune de Genève a révélé l'existence « de documents et des e-mails confidentiels qui montrent qu'il y a eu, dans cette affaire et d'autres, des contacts étroits, parfois quasi quotidiens, entre la FIFA et les procureurs fédéraux ». FIFA, le point sur les enquêtes : deux continents, deux justices En 2018, des documents des « Football Leaks » avaient prouvé la tenue de plusieurs rencontres entre Michael Lauber, le procureur général de la Confédération, et Gianni Infantino, le grand patron de la FIFA, visé par une procédure qui concerne l'attribution de droits télé qu'il a signés lorsqu'il n'était que juriste à l'UEFA. Craignant d'être inquiété par cette histoire, Infantino aurait donc essayé d'en savoir plus sur ce dossier, en passant par un ami d'enfance, Rinaldo Arnold, procureur dans le Haut-Valais. D'après la Tribune de Genève, Infantino lui écrit un mail le 12 avril 2016 : « Je vais essayer d'expliquer au MPC qu'il est dans mon intérêt que tout soit éclairci aussi vite que possible, qu'il soit dit clairement que je n'ai rien à voir avec cette affaire. » Arnold, qui a contribué à organiser une première rencontre entre Infantino et Lauber, lui répond : « Ce qui est important c'est le rendez-vous dans deux semaines. Si tu veux je peux de nouveau t'accompagner. » Finalement, trois rencontres ont eu lieu. Et en novembre 2017, le MPC décidait de classer l'affaire du contrat signé par Infantino. Remund dément avoir rencontré secrètement Infantino Ces rencontres ne sont pas les seules à poser question. L'article évoque l'existence d'un document, de factures soumises à la grande instance du foot international par un grand cabinet d'avocats de Zurich. Des avocats se seraient entretenus régulièrement avec Michael Lauber, le procureur, et Olivier Thormann, qui était à l'époque des faits son principal collaborateur. Des échanges qui peuvent interroger sur l'impartialité et la neutralité des parties.
Mais un autre document montre à quel point la relation entre le MPC et la FIFA est devenue étroite. Il s'agit d'un résumé des travaux facturés à la FIFA par une grande étude d'avocats zurichois. Elle montre que non seulement Michael Lauber et son bras droit de l'époque, Olivier Thormann, avaient une relation directe et informelle avec la FIFA, mais que c'était aussi le cas des procureurs qui menaient directement les enquêtes. Cette « proximité » est-elle compatible avec la neutralité que le MPC est censé observer vis-à-vis des parties lors de ses enquêtes ? Entre juillet et septembre 2016, procureurs et avocats de la FIFA se seraient téléphoné plus de 20 fois, toujours selon nos confrères de la Tribune de Genève. Ces échanges auraient dû figurer dans les dossiers. Les deux journalistes qui ont consulté ces documents n'ont pas trouvé la moindre trace de ces conversations. En revanche, il apparaît que le MPC a aidé les avocats dans la rédaction de notes. Sollicité ce lundi, le MPC n'a pas « souhaité commenter » ces informations. La FIFA, elle, a réagi en nous adressant un mail dans lequel elle reprend tous les points traités dans les articles. « Des articles délibérément trompeurs et malveillants qui ne reflètent pas la réalité... La position de la FIFA et la véritable nature des faits ont été omis... » L'instance, qui regrette le « hacking » des messages électroniques, rappelle aussi que contrairement à ce qui a pu être insinué, Infantino n'a jamais été mis en examen dans le cadre du contrat des droits télévisés signé quand il travaillait pour l'UEFA : « C'est un mensonge qui a pour seul but de salir la réputation » du president de la FIFA. Le communiqué reprend la declaration du 6 avril 2016 dans laquelle Infantino expliquait sa volonté de restaurer l'image du football, et d'aider la justice à faire la lumière sur ces affaires. Jaume Roures (Mediapro) va attaquer le Barça Si La FIFA ne nie pas la tenue des rencontres entre son président et le MPC, elle les justifie : « Infantino a rencontré les procureurs afin de coopérer sur toutes les actions entamées contre la FIFA. Ça ne pose aucun problème dans de nombreux pays, en Suisse, oui. Aux USA, par exemple, où la cooperation avec la FIFA a permis une quarantaine de condamnations... La FIFA et Monsieur Infantino espèrent que toutes les enquêtes sur les activités cleptomanes de la vieille FIFA qui ont tant coûté au football seront bientôt conclues. » Joint au téléphone, Saverio Lembo, l'un des avocats de la FIFA, conclut en assurant que « parler à un procureur n'est pas un crime. »

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