Foot - Justice - La FIFA n'annonce pas d'appel du jugement, suite au procès suisse lié au scandale du « FIFAgate »

L'Equipe.fr
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Contrairement au parquet fédéral helvétique et aux prévenus Jérôme Valcke et Konstantinos Nteris, la FIFA n'a pas annoncé d'appel suite au jugement rendu le 30 octobre dans l'affaire de droits médias liée au « FIFAgate ». Partie plaignante lors du procès de l'affaire liée au « FIFAgate », dont le jugement a été prononcé le 30 octobre en Suisse, la Fédération internationale n'a pas annoncé d'appel dans ce dossier relatif à l'octroi de droits médias. L'instance mondiale « a requis la communication écrite du jugement, sans annoncer d'appel », nous a précisé jeudi le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone. Sollicité, l'avocat de la FIFA dans cette affaire, Me Saverio Lembo, n'a, pour l'heure, pas donné suite. En revanche, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC, parquet), qui portait l'accusation, ainsi que deux des trois prévenus, Jérôme Valcke, ex-numéro 2 de la FIFA, et Konstantinos Nteris, un homme d'affaires grec, ont décidé d'annoncer cet appel, nous a confirmé le TPF. Rendez-vous devant la Cour d'appel du TPF ? L'annonce d'appel est une première étape : elle déclenche la rédaction d'un jugement motivé par le TPF. Une fois ce jugement rédigé et notifié aux parties, celles-ci disposent d'un délai de vingt jours pour faire appel devant la juridiction compétente, en l'occurrence la Cour d'appel du TPF. Ancien bras droit de Sepp Blatter entre 2007 et 2015, Jérôme Valcke a été condamné à une amende avec sursis dans le deuxième volet de cette affaire (également liée à l'attribution de droits médias) pour « faux dans les titres », mais il a été acquitté du chef de « corruption passive ». lire aussi Jérôme Valcke, un bulldozer à l'arrêt Quant à Nteris, accusé de « corruption active », il a été blanchi (le parquet suisse avait requis trente mois de prison, avec sursis partiel, contre lui). Mais l'avocat du Grec, Me Alec Reymond, nous explique avoir annoncé l'appel concernant « les frais de procédure », à la charge de son client. Contacté, Me Patrick Hunziker, l'avocat de Jérôme Valcke, n'a pas précisé les « points » qui pourraient faire l'objet d'une future déclaration d'appel. Dans le jugement de la Cour des affaires pénales du TPF, l'ex-bras droit de Sepp Blatter a notamment été tenu de verser à la FIFA une indemnité de 80 000 francs suisses (74 000 euros) « pour les dépenses obligatoires occasionnées par la procédure ». Al-Khelaïfi acquitté en première instance Le troisième prévenu, Nasser Al-Khelaïfi, patron de beIN media et du PSG, a été acquitté par les juges de la Cour des affaires pénales. Poursuivi pour « instigation à gestion déloyale aggravée » dans le premier volet de l'affaire, liée à l'octroi de droits TV à beIN pour les Coupes du monde 2026 et 2030 (zone Moyen-Orient et Afrique du Nord, dite MENA), « NAK » avait vu le parquet suisse requérir vingt-huit mois d'emprisonnement, avec sursis partiel, contre lui. Dans ce premier volet, Valcke, accusé de « gestion déloyale aggravée », a également été acquitté. Le MPC avait requis une « peine privative de liberté » de trois ans, toujours avec sursis partiel, contre lui. Le parquet reprochait à Valcke d'avoir sollicité, à l'été 2013, l'aide d'Al-Khelaïfi pour acheter une luxueuse villa en Sardaigne, au moment où beIN négociait la prolongation de ses droits médias pour les Mondiaux 2026 et 2030 dans la zone MENA. Lors du procès, les deux hommes avaient nié tout « pacte corruptif ». Dans cette affaire, NAK a vu un sérieux écueil disparaître au début de l'année, puisqu'un accord à l'amiable et financier a été conclu, juste avant la mise en accusation, entre le camp du Qatarien et la FIFA. Un deal au cours duquel l'instance mondiale avait retiré sa plainte pénale pour « corruption » dans l'affaire de la villa sarde contre le riche et puissant patron de beIN Media, également ministre d'État (sans portefeuille) dans son émirat du Golfe depuis 2013.