Foot - Justice - Dans l'enquête fiscale qui vise Waldemar Kita (Nantes), le préjudice pour l'État serait estimé à près de 15 M€, uniquement au titre de l'ISF

L'Equipe.fr
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Visé par une enquête préliminaire du parquet national financier (PNF) pour fraude fiscale suspectée depuis 2017, Waldemar Kita aurait lésé les finances de l'État d'un montant de 14,8 M€, uniquement au titre de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), selon Mediapart et Mediacités. Les ennuis s'amoncellent pour Waldemar Kita, le président du FC Nantes, à la fois sur le terrain sportif, personnel et judiciaire. Selon l'enquête, parue jeudi matin, de Mediapart et Mediacités (en collaboration avec les quotidiens belges Le Soir et De Standaard), l'homme d'affaires franco-polonais aurait lésé le fisc français de 14,8 M€, uniquement au titre de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Une précision qui vient affiner les informations publiées par L'Équipe sur le sujet, en novembre. Depuis février 2017, Waldemar Kita (66 ans), qui a fait fortune grâce à ses laboratoires de médecine esthétique Vivacy, est visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet national financier (PNF) pour fraude fiscale suspectée. Des saisies pénales effectuées en début d'année Dans cette affaire, le fisc envisagerait également de lui infliger une pénalité maximale de 80 %, applicable en cas de « manoeuvres frauduleuses ». Le patron du FCN « risque donc un redressement de plus de 20 M€, rien que pour l'ISF », expliquent Mediapart et Mediacités. Le noeud de ce dossier concerne la domiciliation fiscale de Kita en Belgique, considérée comme « fictive », alors même que le domicile principal des époux Kita (Chantal et Waldemar) se situerait à Paris, dans un appartement situé dans le 8è arrondissement.

Ce bien immobilier a d'ailleurs fait l'objet d'une saisie pénale, comme l'avait révélé L'Équipe, dans le cadre de cette enquête préliminaire, qui serait en voie de clôture. Les saisies réalisées (entre février et avril) ont également concerné un yacht de 24 mètres, nommé « K. Grace », amarré dans le port d'Antibes. Ce bateau a fait l'objet d'une restitution après la proposition - par l'intermédiaire des avocats de Kita, du cabinet RMT - de la saisie sur comptes bancaires d'une somme équivalente à la valeur du bateau, estimée à 2,5 M€. Kita aurait touché au moins 70 M€ au Luxembourg depuis 2010 Toujours selon Mediapart et Mediacités, le montant total des impôts éludés par Kita « est en réalité plus élevé », au vu de l'enquête judiciaire dont il fait l'objet, qui s'est concentrée sur ses déclarations de revenus comparées à son patrimoine. L'entrepreneur « a touché, au travers de ses sociétés, au moins 70 M€ au Luxembourg depuis 2010 », écrit également le consortium de médias. Une somme accumulée par l'intermédiaire de dividendes et plus-values, sur fond de montages financiers, sur lesquels il n'aurait pas payé, non plus, d'impôts en France. Toujours grâce à sa domiciliation fiscale belge.