Foot - Justice - Procès de Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke : le parquet suisse a fait appel du jugement en première instance

L'Equipe.fr
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INFO L'ÉQUIPE. Le Ministère public de la Confédération helvétique, qui portait l'accusation dans le procès suisse de Nasser al-Khelaïfi et Jérôme Valcke, a fait appel du jugement prononcé fin octobre. Dans cette affaire liée au « FIFAgate », le patron de beIN Media Group et du PSG avait été acquitté en première instance. 

Acquitté à l'automne à l'issue d'un procès lié au « FIFAgate », Nasser al-Khelaïfi, patron de beIN Media Group et du PSG, est désormais fixé sur les suites de ce dossier. Selon nos informations, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC, parquet) a fait appel, il y a quelques jours, de la décision rendue par le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone (Suisse), en première instance, il y a près de quatre mois. 

« Le MPC confirme avoir fait appel à la Cour d'appel du Tribunal pénal fédéral (TPF) du jugement [...] prononcé par la Cour des affaires pénales le 30 octobre 2020, nous a répondu mardi le service de communication du parquet suisse. Dans son appel, le MPC requiert des modifications du jugement de première instance en vue de la condamnation des trois accusés (Nasser al-Khelaïfi, Jérôme Valcke et Konstantinos Nteris) pour les infractions qui faisaient l'objet de l'acte d'accusation »

Droits télévisuels et villa en Sardaigne

Sollicité à ce sujet, le TPF de Bellinzone (où se situe la Cour d'appel, seule compétente en matière de direction de procédure) n'a, pour l'heure, pas donné suite. « Nous maintiendrons en appel la ligne adoptée en première instance, qui a conduit le TPF à prononcer l'acquittement plein et entier de notre client », nous a expliqué, dans un premier temps, Me Grégoire Mangeat, l'un des avocats suisses de Nasser al-Khelaïfi.

« NAK » (47 ans) a été jugé en septembre en compagnie de Jérôme Valcke (60 ans), ex-numéro 2 de la FIFA, pour un dossier relatif à l'octroi de droits télévisuels à beIN pour les Coupes du monde 2026 et 2030 (zone Moyen-Orient et Afrique du Nord, dite MENA). 

Le dirigeant qatarien et l'ancien bras droit de Sepp Blatter étaient respectivement poursuivis pour « instigation à gestion déloyale aggravée » et « gestion déloyale aggravée » dans le premier volet de ce dossier. 

Le parquet suisse reprochait notamment à Jérôme Valcke d'avoir favorisé la cession à beIN, en avril 2014, des droits médias précités, qui s'élèvent à 480 millions de dollars (395 M€ actuels), en échange de l'« usage exclusif » d'une luxueuse demeure, la Villa Bianca, située à Porto Cervo (Sardaigne).

Un achat de 5 M€ finalisé le 31 décembre 2013 via une société brièvement détenue par Al-Khelaïfi, et dont il a transféré presque aussitôt les parts au frère de l'un de ses proches collaborateurs.

Au terme de dix jours d'audience, le parquet suisse avait requis 28 mois d'emprisonnement (avec sursis partiel) contre Al-Khelaïfi et trois ans (toujours avec sursis partiel) contre Valcke. Dans ce premier volet, les deux hommes ont été relaxés. 

Dans le second volet du dossier (également lié à l'attribution de droits télévisuels), qui concernait Jérôme Valcke et un homme d'affaires grec, Konstantinos Nteris, le Français a été condamné à une peine pécuniaire.

Une "action désespérée de l'accusation" selon la défense de NAK

Un peu plus tard dans la soirée de mardi, les conseils du qatarien ont transmis un communiqué officiel commun, au ton plus offensif, suite à l'appel effectué par le MPC.

« Nous ne saurions justifier cette dernière action désespérée de l'accusation par quelque commentaire que ce soit, écrivent-ils. Nous allons énoncer l'évidence : notre client a été totalement acquitté en octobre, après une enquête exhaustive de quatre ans, un procès approfondi de deux semaines, au cours duquel l'accusation a présenté tous les éléments et toutes les théories imaginables sans rien prouver. Absolument rien n'a changé depuis octobre, ni en fait ni en droit - c'est pourquoi nous ne ferons pas de commentaires supplémentaires ».

Les conseils du patron de beIN et du PSG envisagent également de faire appel, de leur côté, de la décision rendue par les juges de la Cour des affaires pénales du TPF concernant le paiement des frais de procédure.

Dans son jugement du 30 octobre, le tribunal les avait chiffrés à près de 225 000 francs suisses (208 200€), à répartir à raison de 50% à la charge de Valcke et 25% (56 226 francs suisses, soit 52 035€) chacun à la charge d'Al-Khelaïfi et du Grec Nteris. Une demande de paiement considérée comme « absurde » par les défenseurs de NAK, au vu de l'acquittement « total » de leur client en première instance.