Foot - Justice - La voie d'un procès de Sepp Blatter et Michel Platini est ouverte en Suisse

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Après six ans de procédure, le parquet fédéral helvétique annonce qu'il va déposer un acte d'accusation contre Michel Platini et Sepp Blatter dans l'affaire des 2 millions de francs suisses. C'est un dossier d'instruction dont la clôture s'annonçait imminente depuis l'audition finale de l'ancien président de la FIFA, Sepp Blatter, il y a deux mois. Après six ans de procédure, l'affaire dite du « paiement des 2 millions de francs suisses à Michel Platini » devrait déboucher sur un procès des deux hommes en Suisse, devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) de Bellinzone. Comme révélé par Le Monde, le Ministère public de la Confédération helvétique (MPC, parquet) a signifié en août aux deux anciens dirigeants, dans un « avis de prochaine clôture », qu'il comptait déposer un acte d'accusation contre eux. « Les parties ont été informées par ce courrier que le MPC considère que l'instruction est complète et qu'il a l'intention d'engager l'accusation contre les deux prévenus, Joseph Blatter et Michel Platini, nous a confirmé mercredi midi le parquet suisse. En même temps, le MPC a fixé un délai aux parties pour qu'elles présentent leurs éventuelles réquisitions de preuves. Après l'expiration de ce délai, le MPC statuera, si nécessaire, sur les réquisitions de preuves avant de pouvoir clôturer la procédure. » La possibilité d'un non-lieu est donc écartée, à ce stade, par l'accusation. Il restera au parquet à prendre ces réquisitions, à préciser les charges, puis le TPF de Bellinzone décidera ou non d'ouvrir un procès.
Pour rappel, cette affaire concerne le paiement controversé de 2 millions de francs suisses (1,8 M€) du Haut-Valaisan (85 ans) au Français (66 ans), alors président de l'UEFA, début 2011. Une somme versée « prétendument pour des travaux effectués entre janvier 1999 et juin 2002 » par Platini, selon le parquet fédéral. La thèse du reliquat de salaire n'a pas convaincu le parquet suisse Michel Platini, qui a quitté la Suisse et vit désormais à Cassis (Bouches-du-Rhône), où il a ses habitudes, a toujours assuré que l'argent versé par Blatter lui était dû dans le cadre de ses fonctions d'ancien conseiller sportif. Contacté au sujet de la récente décision du MPC, l'entourage de l'ex-numéro 10 des Bleus, n'a, pour l'heure, pas donné suite. « Cette affaire tourne au vaudeville, a déclaré, de son côté, Sepp Blatter au Monde. Si on veut la renvoyer devant le tribunal pour un procès, j'aurai au moins l'occasion de me défendre de vive voix ». Le Suisse a plusieurs fois martelé que cette somme « était basée sur un contrat oral qui réglementait les activités de conseil de Platini pour la FIFA » dans la période évoquée. « Le paiement a été retardé parce que la FIFA n'était pas initialement en mesure de verser la totalité de la somme, argumentait à nouveau Blatter, en août. Et Platini n'a fait valoir sa créance qu'en 2010 ». La procédure pénale à l'encontre de Blatter est menée pour « soupçons d'escroquerie », « abus de confiance », « gestion déloyale » et « faux dans les titres ». D'abord auditionné, le 25 septembre 2015, comme « personne appelée à donner des renseignements » (un statut équivalent à celui de « témoin assisté ») dans cette affaire, qui a torpillé sa candidature à la présidence de la FIFA, Michel Platini s'était cru hors de cause en mai 2018, quand le MPC (via un courrier à son avocat) lui avait assuré qu'il ne serait pas incriminé par la procédure. Puis l'instruction a été reprise en 2019 par le procureur fédéral Thomas Hildebrand, le successeur de Cédric Remund, qui avait interrogé Platini il y a six ans, lors de sa première audition. En mai 2020, le MPC a élargi la procédure pénale qui vise Blatter à Platini, devenu « prévenu » dans ce dossier, avant de réévaluer, en novembre, ses chefs d'accusation envers l'ancien meneur et sélectionneur des Bleus, finalement poursuivi pour « soupçons d'escroquerie », « participation à abus de confiance », « participation à une gestion déloyale » et « faux dans les titres ». Précédemment sollicité, Michel Platini répétait que « ce paiement (de 2 millions de francs suisses) correspond à un reliquat de salaire dû par la FIFA » pour son travail ; une version qui n'a pas convaincu le parquet suisse.

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