Foot - L1 - Brest - Grégory Lorenzi (Stade Brestois) : « une décision simple, logique et surtout de bon sens »

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Le directeur sportif du Stade Brestois estime que la Ligue a pris la meilleure décision, même s'il « ne peut pas se réjouir de l'arrêt du football ». « La LFP a suivi la recommandation gouvernementale et a mis jeudi un terme définitif à la saison. C'est une position que votre club défendait depuis le début de la crise... Compte tenu des événements et de la situation sanitaire en France, le président Le Saint s'était positionné pour dire qu'il ne voyait pas autre chose qu'un arrêt de la Ligue 1. Ça avait fait grand bruit parce que tout le monde disait qu'il s'était prononcé trop tôt. Aujourd'hui, on s'aperçoit que c'était sûrement la meilleure chose à faire. On ne peut pas se réjouir de l'arrêt du football jusqu'en septembre, mais je pense que c'est une décision simple, logique et surtout de bon sens. Le portrait de Denis Le Saint, le président de Ligue 1 qui a milité pour l'arrêt de la Ligue 1 Le Stade Brestois est officiellement maintenu en Ligue 1 (14e), c'est un soulagement ? Bien sûr. C'était notre objectif en début de saison. On savait que cette saison était très importante avec l'augmentation des droits télé liée au nouveau contrat. Il ne fallait pas se rater. Maintenant, il y a toujours une petite amertume. On aurait aimé savourer ce maintien avec notre public. Par rapport à cette crise, on va bien évidemment se réjouir de ce maintien, tout en contenant nos émotions. Cette décision vous permet de vous tourner vers la saison prochaine dès aujourd'hui... Tout le monde avait besoin de connaître la décision sur la suite, ou pas, de la saison parce que c'était difficile de se projeter. Les joueurs attendaient depuis plus de deux mois. Ça nous permet de souffler, parce que l'objectif du maintien est acquis, mais aussi de nous projeter sur notre recrutement. On va pouvoir travailler dès maintenant pour améliorer notre effectif et essayer de recruter les joueurs suivis toute la saison. Mais il reste de nombreuses inconnues, notamment en ce qui concerne les joueurs évoluant à l'étranger. Seront-ils autorisés à venir en France pour signer leur contrat ? À jouer dans notre pays ? On n'en sait rien. « Nous avons huit joueurs en fin de contrat, plus deux autres en prêt, et nous n'avions pas la certitude de pouvoir les conserver au-delà du 30 juin » Elle permet toutefois de « régler » le flou concernant les joueurs en fin de contrat au 30 juin... J'ai toujours été dans l'esprit de terminer la saison. S'il fallait décaler la fin du Championnat d'un mois, c'est-à-dire jusqu'au 30 juin, ça n'aurait pas posé de problème. Au-delà, ça aurait été problématique pour le Stade Brestois : nous avons huit joueurs en fin de contrat (Léon, Baal, Belaud, Castelletto, Kiki, Autret, Court, Mayi), plus deux autres en prêt (A. Mendy par Bordeaux et Grandsir par Monaco), et nous n'avions pas la certitude de pouvoir les conserver. Maintenant que c'est statué, on est quand même plus tranquilles. Avec ce maintien, vous avez déjà deux prolongations automatiques : celle de votre entraîneur Olivier Dall'Oglio et de votre milieu Paul Lasne... En effet, ils avaient tous les deux une option qui leur permettait de prolonger en cas de maintien (2022 pour l'entraîneur, 2021 pour le joueur). Nous devons notamment statuer sur les autres joueurs en fin de contrat. C'était important d'attendre que la saison soit officiellement terminée pour se prononcer. Avez-vous déjà proposé des prolongations à certains de ces joueurs en fin de contrat ? Oui, Donovan Léon et Jean-Charles Castelletto en ont reçu une en décembre. Donovan a refusé la prolongation de trois ans. Il va quitter le club. David Kiki et Kévin Mayi ne seront également pas prolongés. On l'avait évoqué en début de la saison. En ce qui concerne Ludovic Baal, Gaëtan Belaud, Mathias Autret et Yoann Court, on se laissait encore un peu de temps. Désormais, nous allons pouvoir nous retourner vers eux pour leur signifier notre décision. Ce sont des joueurs très compréhensifs par rapport à cette crise. Ils comprennent que les discussions prennent du retard. Par respect pour eux, nous reviendrons rapidement vers eux pour leur signifier s'ils continuent, ou pas, l'aventure avec nous. Les joueurs de Brest passent au chômage partiel Parmi ces joueurs, certains sont au club depuis plusieurs saisons, comme Belaud (depuis 2014). Il n'aura pas son match d'adieu, si jamais il ne prolonge pas. Ça doit être compliqué pour eux... Je peux en parler parce que je l'ai vécu. Lors de ma dernière saison de joueur au Stade Brestois, il était convenu que je sois encore sur le terrain pendant un an. En juin, mon président m'avait signifié que c'était terminé pour moi et qu'il voulait me confier le rôle de coordinateur sportif. Je n'ai pas vraiment eu le choix... Ça n'a pas été facile de l'accepter car c'était une fin de carrière. C'était douloureux. Gaëtan, que ce soit au Stade Brestois ou ailleurs, il continuera à faire son métier de footballeur professionnel. S'il ne reste pas, il sera toujours le bienvenu au club. Je tiens toutefois à rappeler que nous n'avons pas statué sur son cas. Comme les autres, d'ailleurs. « Si l'entraînement reprend demain, tous les joueurs seront concernés. On ne peut pas faire du cas par cas » Étant donné que la saison est terminée, est-il prévu que les joueurs reviennent à l'entraînement ? C'est une réflexion que nous menons avec le staff. Nous n'avons pas encore fixé de date de reprise. Nous allons attendre de connaître la date retenue de la future saison, qui ne devrait pas débuter avant la mi-août, avant de nous prononcer. Entre l'arrêt du Championnat, mi-mars, et la reprise de la Ligue 1, ça ferait quand même cinq mois sans activité. On travaille sur une préreprise : tester les joueurs, y aller crescendo par petits groupes, sans prendre le moindre risque, avant de repartir sur une préparation plus classique. Le déconfinement progressif, à partir du 11 mai, ne permet pas de reprendre l'entraînement ? Pas du tout. Il faut avoir du matériel, notamment des tests, des masques, toutes ces choses-là que nous n'aurons jamais le 11 mai. Il faut aussi réaménager le centre d'entraînement. Et pour les joueurs en fin de contrat, comment ça va se passer. Pourront-ils revenir s'entraîner ? C'est simple : ces joueurs sont sous contrat jusqu'au 30 juin. Donc si l'entraînement reprend demain, tous les joueurs seront concernés. On ne peut pas faire du cas par cas. Je ne trouverais ça pas très loyal ni respectueux vis-à-vis des joueurs qui veulent s'entretenir physiquement. La reprise a aussi un coût : les joueurs sortiront du chômage partiel et ils seront à plein temps. Il va falloir se poser et trouver une solution pour le bien de tous. Car des mois difficiles nous attendent en juin et juillet. Il y a quand même un cas particulier dans l'effectif brestois, c'est Yoann Court, qui est diabétique... On avait une certitude : si nous avions dû reprendre les entraînements à partir du 11 mai pour terminer la saison, Yoann Court n'aurait pas repris. Nous n'aurions pris aucun risque. S'il y a un problème, le seul responsable, c'est le Stade Brestois. Ce n'est pas évident pour lui, ce n'est pas simple de rester à la maison et de ne pas s'entraîner. Mais je le répète : on n'aurait pris aucun risque. » Notre entretien avec Yoann Court, qui évoquait sa maladie

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