Foot - L1 - Coronavirus - Coronavirus : un protocole pas forcément respecté en Ligue 1

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Face à la menace de propagation du coronavirus, la Ligue a modifié le protocole d'avant-match samedi : les joueurs, entraîneurs et arbitres de Ligue 1 n'avaient pas le droit de se serrer la main. Ils ont eu du mal à le respecter. Pas de poignée de mains entre acteurs des deux équipes, pas de main dans la main avec les enfants qui accompagnent les joueurs à leur entrée sur le terrain, des zones mixtes au bon vouloir des joueurs : face à la menace du coronavirus et pour éviter sa propagation, la Ligue a modifié le protocole d'avant-match ce samedi. « C'est comme ça. S'il ne faut pas serrer la main des autres joueurs, on ne serrera pas la main. On veut limiter le risque comme tout le monde. C'est tout à l'honneur de la Ligue d'avoir pris cette décision », commentait Gautier Larsonneur, le gardien du Stade Brestois, venu à la rencontre des journalistes après la défaite contre Angers (0-1). « C'était bizarre, on s'est tous regardés, on a applaudi les supporters, personne ne savait quoi faire », ajoutait son coéquipier Brendan Chardonnet. PSG-Dijon impacté par le coronavirus Ces consignes n'ont pourtant pas été suivies à la lettre dans les 5 stades où les rencontres de Ligue 1 se jouaient ce samedi soir. Ainsi, les Monégasques et les Rémois, qui s'affrontaient à Louis-II (1-1), sont entrés main dans la main avec des enfants. Les Toulousains ont serré la main aux escort kids avant de jouer contre Rennes (0-2). À Brest et à Montpellier (face à Strasbourg, 3-0), les joueurs tenaient les petits par l'épaule. Si les Brestois et les Angevins n'ont eu aucun contact une fois sur la pelouse, ils s'étaient déjà salués avant... « Comme on se connaît tous, on s'est serré la main dans le tunnel », reconnaissait Chardonnet. À Montpellier, Stefan Mitrovic et Vitorino Hilton ont été moins discrets : ils se sont donné une franche accolade lors du « pile ou face » avant la rencontre. Thierry Laurey, entraîneur de Strasbourg « Je n'ai rien contre le fait qu'on prévienne tout ça, mais est-ce que c'est vraiment ça le plus important ? » L'entraîneur de Metz Vincent Hognon, lui, a presque serré la main de son homologue amiénois Luka Elsner avant de se raviser... « Au quotidien, on essaie de moins se serrer les mains et on suit les instructions pour bien se les laver à fond, précise le Lorrain. On est à l'écoute du moindre signe chez les joueurs, mais il ne faut pas paniquer. » « Si tu fais attention toi-même, si tu te désinfectes les mains, abonde Thierry Laurey, le coach strasbourgeois. C'est sûr que si tu te jettes dans la foule au milieu de gens malades, tu as plus de chance de l'attraper... Je n'ai rien contre le fait qu'on prévienne tout ça, mais est-ce que c'est vraiment ça le plus important ? Il y a des milliers de personnes dans le stade, je pense que c'est plus important de regarder à ce niveau-là. Je ne pense pas que l'arbitre... Ce serait pas de bol si je tombe sur cet arbitre-là (qui est atteint du coronavirus). Je ne rigole pas avec ça, je suis très sérieux, mais je trouve qu'il y a des trucs un peu plus importants que ça (ne pas se serrer la main). On nous a demandé de le faire, je le fais, ce n'est pas un souci. Mais c'est un problème qui est un peu plus important que ça, on va dire. J'espère qu'il y aura d'autres décisions de prise, que simplement de ne pas serrer la main des arbitres. » Lautoa : « Je ne suis pas plus inquiet que ça » Olivier Dall'Oglio, entraîneur de Brest « On n'a pas suivi le protocole jusqu'au bout, on va peut-être se faire taper sur les doigts » Il ne devait pas non plus serrer la main des membres de l'équipe adverse. Un protocole qui a volé en éclats après les rencontres. Les Montpelliérains et les Strasbourgeois sont tombés dans les bras torse nu. Comme à Monaco et à Brest, où les joueurs sont toutefois restés habillés en raison du vent glacial en Bretagne. « On va dire qu'on s'est désinfectés les mains pendant le match, ironisait Larsonneur. On s'est serré les mains à la fin du match, on va espérer que ça n'aura aucune incidence pour la suite... » Pour Chardonnet, qui est malade depuis trois jours, « chacun prend les risques qu'il veut... C'est peut-être vous d'ailleurs qui prenez un risque en me parlant... » « On s'est dit au revoir, résumait leur entraîneur Olivier Dall'Oglio. On n'a pas suivi le protocole jusqu'au bout, on va peut-être se faire taper sur les doigts. » Toute l'actualité liée au coronavirus La semaine prochaine, les acteurs de la Ligue 1 n'auront peut-être pas l'occasion de le faire. La 28e journée est menacée en raison de l'épidémie de coronavirus. « On va être à l'écoute de l'actualité et des décisions prises par les personnes compétentes, commentait Julien Stéphan, l'entraîneur de Rennes. Il y a eu une évolution ce soir (avec le protocole). Est-ce qu'il y en aura une supplémentaire ? On verra. Quoi qu'il arrive, on s'adaptera. »« J'espère juste qu'on pourra continuer à faire notre métier dans une ambiance festive, a poursuivi son homologue angevin Stéphane Moulin. C'est compliqué à partir du moment où ça touche la santé. On fera ce qu'on nous dira de faire. » De toute façon, ils n'auront pas le choix.

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