Foot - L1 - Holveck sur les incidents à la Commanderie : « Ces gens-là sont extrêmement dangereux »

L'Equipe.fr
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Deux jours après le report de Marseille-Rennes, le président rennais Nicolas Holveck est revenu ce lundi midi sur la position du club breton. Avec des mots forts. Deux jours après le report de Marseille-Rennes, le président rennais Nicolas Holveck est revenu ce lundi midi sur le déroulé des événements et sa position, samedi : « Dès le début d'après-midi, j'étais en relation avec des personnes très proches de l'OM ou qui étaient à l'intérieur, et donc je savais que l'atmosphère devenait de plus en plus pesante, a-t-il expliqué. Ça s'est transformé en débordements immaîtrisables, avec des comportements extrêmement graves, avec des gens à l'intérieur en panique. Donc, j'avais tous ces éléments depuis l'hôtel où l'on était au vert. « La plus grosse crainte des autorités locales, c'était le transport des joueurs de l'OM de la Commanderie au stade » Après, vers 17 heures, la Ligue m'a appelé pour me dire qu'il y avait des troubles à l'ordre public extrêmement graves au centre d'entraînement de l'OM, et qu'ils étaient très inquiets sur la tenue du match. Ils m'ont rappelé une demi-heure plus tard pour me dire que la décision était prise par la Ligue de reporter le match, me demandant la position du Stade Rennais. Donc, était-il intelligent de risquer de mettre en jeu l'intégrité de mes joueurs, déjà ? Je suis déjà allé à Marseille plusieurs fois, et ça m'est arrivé de prendre des pavés dans le bus, sans avoir ce climat qu'on connaissait samedi », a-t-il ajouté. « La décision a été très rapidement prise dans mon esprit » « Et la plus grosse crainte des autorités locales, c'était le transport des joueurs de l'OM de la Commanderie au stade. Donc, la décision de prendre acte du report a été très rapide, je pense que c'est juste une décision de bon sens, de rationalité. Quelle aurait été l'image du Stade Rennais, qui, de par son actionnaire, a une image à défendre, si on avait voulu aller quand même au stade pour attendre Marseille pour rien, pour ajouter du chaos au chaos ? La décision a été très rapidement prise dans mon esprit. » Holveck a été particulièrement marqué : « Aujourd'hui, je pense qu'on est le seul pays du Big 5 à vivre ce genre d'événements, c'est vraiment dramatique. Dans les années 80, les clubs anglais ont été sanctionnés de ne plus pouvoir jouer de Coupe d'Europe car les supporters se battaient avec les supporters d'en face et chez nous, les supporters se battent avec leurs joueurs... J'espère que les pouvoirs publics et la Justice vont prendre conscience que ces gens-là sont extrêmement dangereux et qu'il est temps de les sanctionner à la hauteur que cela mérite, car sinon on ne s'en sortira jamais. Et si on veut du monde dans les stades en temps normal, il est temps de réagir, ce qui s'est passé est juste intolérable. » « En France, après ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes, on est un pays d'insurrection » Pour lui, il était impensable de songer à rejouer le match le lendemain : « Est-ce que dans le contexte, jouer le lendemain, c'était la bonne chose ? Avez-vous conscience de la gravité des événements, avez-vous vu la presse internationale le dimanche matin, jusqu'aux États-Unis, ce qui s'est dit ? » De quoi lui donner ce sentiment : « En France, après ce qui s'est passé avec les Gilets jaunes, on est un pays d'insurrection. » Le président de Rennes depuis mars 2020 a aussi réagi à des commentaires qu'il a vu passer, qui s'interrogeaient sur la possibilité d'un match gagné sur tapis vert : « Zéro chance de gagner là-dessus réglementairement. Je comprends que les supporters soient déçus et qu'ils pensent que Rennes a baissé sa culotte, mais ce n'est pas le cas du tout. Avoir à décider de ce genre de situation, on ne peut pas le faire avec ses émotions, il faut être pragmatique, donc rajouter du chaos au chaos pour rien ou par un caprice, ce n'est pas ma conception. » Il attend donc surtout des mesures fortes : « J'ai vu des clubs anglais descendre (à l'étage inférieur) sous des applaudissements, des clubs allemands aussi, et en Espagne en Italie, je n'ai jamais vu ce qu'il s'est passé samedi, poursuit-il. C'est un problème propre à la France, il est temps de mettre en oeuvre les mesures nécessaires. Les Anglais n'hésitent pas à interdire de stade de dix ans ou à vie, alors ce n'est pas à moi de trouver les solutions, mais il faut prendre des mesures. »