Foot - L1 - Le jour où Hatem Ben Arfa a mis le PSG à genoux...

L'Equipe.fr

Paris - Lyon, dimanche soir (21h), est une affiche que le milieu de terrain parisien a éclaboussée de sa classe, il y a dix ans, sous le maillot lyonnais. Tout était là, déjà : le génie et les inconstances. Octobre 2007. La carrière d'Hatem Ben Arfa, 20 ans, prend de la vitesse. À Lyon, le gaucher a passé le début de saison à grignoter des bouts de matches ou sur le banc. Alain Perrin, l'entraîneur des champions de France, dirige une équipe emmenée par le tout jeune Karim Benzema (19 ans). Ben Arfa - Benzema : un duo qui fait des étincelles, à Metz, lors de la 8e journée de Ligue 1. Ce soir-là, le stade Saint-Symphorien assiste, médusé, au récital : triplé de Benzema, but de Ben Arfa, double passeur pour son cadet (1-5). Avec ça, le milieu de terrain gaucher se fait une place dans le onze rhodanien et enchaîne trois titularisations (Bordeaux, Monaco, Stuttgart). Surtout, il attire l'œil de Raymond Domenech, qui le sélectionne pour la première fois en équipe de France lors des éliminatoires de l'Euro 2008. Les premier pas sont idylliques : premier match et premier but contre les Îles Féroé (6-0), première passe décisive quatre jours plus tard, pour Thierry Henry, contre la Lituanie (2-0). Ben Arfa nage dans le bonheur avant PSG - OL, le 28 octobre, en clôture de la 12e journée du Championnat.Sidney Govou : «Un festival» Lyon est leader avant le match, un point devant Nancy, quatre devant Rennes. Les Parisiens de Paul Le Guen, eux, végètent deux unités au-dessus du premier relégable, l'OM, en quatorzième position. Il faudra trois minutes à Hatem Ben Arfa, dans le prolongement d'une première mi-temps traversée par l'ennui, pour mettre le PSG à terre. D'abord une frappe puissante du pied gauche en première intention après un dégagement dans l'axe de Ceara (41e). Puis une reprise du pied droit après un numéro de soliste de Benzema sur soixante mètres et une tentative détournée par Mickaël Landreau (43e). Et au milieu de tout ça, «des accélérations phénoménales» qui «ont parfois fait passer les Parisiens pour des enfants», décrit L'Équipe sans manquer de créditer Ben Arfa de la meilleure note du match (7,5) pour «cinquante premières minutes immenses». «C'était un festival», se souvient encore aujourd'hui Sidney Govou, titulaire combatif du côté droit de l'attaque lyonnaise lors de la rencontre. Un «festival» entaché d'un péché de gourmandise : seul face à Landreau après «un contrôle exceptionnel en pleine course», Ben Arfa envoie tout le monde à terre d'un crochet, marque un temps d'arrêt, perd le ballon. Sur le contre, Cleber Anderson est expulsé pour un tacle dangereux sur Amara Diané (51e). Les Lyonnais sont à dix contre onze et bientôt chatouillés après un but de Pauleta (61e). «Le génie n'est pas toujours loin de l'ostentatoire, rapporte L'Équipe. (...) Ben Arfa aurait pu avoir une sortie d'empereur romain. Mais il restera tout à la fois, dans cette partie, celui qui assommé le PSG, qui aurait pu l'achever, et qui l'a ranimé.» Ben Arfa : «Une prise de risque de trop» «C'est marrant parce que je ne me souviens que du bon, pas de cette occasion ratée», jure Sidney Govou, l'homme qui a éteint les espoirs parisiens (85e) avant un deuxième et dernier but de Pauleta (90e+1 ; 2-3, score final). «Tout ce dont je me rappelle, reprend l'ancien international français, c'est qu'il avait été grand. Si j'avais été surpris ? Non parce que quand on le côtoie à l'entraînement, on sait de quelles fulgurances il est capable. C'est sûrement l'un des meilleurs joueurs que j'ai connus. Mais c'est vrai qu'Hatem était assez irrégulier, pouvait faire des choses incroyables puis disparaître pendant un laps de temps, et qu'on aurait voulu qu'il soit comme ça plus souvent.» Après le match, Ben Arfa avait assumé, comme un grand, trois jours après avoir comparé son sport à «une usine à émotions» et raconté son admiration d'enfant pour Maradona et Cruyff : «J'ai encore beaucoup de travail. Je peux avoir de la valeur ajoutée dans mon jeu. Le foot, c'est une prise de risque mais le face à face que j'ai manqué a été une prise de risque de trop.» Faute avouée et complètement pardonnée, la victoire aidant. «Hatem a marqué deux buts et raté le troisième. Mais pourquoi lui en voudrais-je ?», fait mine de s'interroger Alain Perrin. «Benzema a été exceptionnel, Ben Arfa a été très bon même s'il a péché par gourmandise, s'enthousiasme Jean-Michel Aulas, le président lyonnais. Ces deux-là vont rester un bout de temps à l'OL.» Pour Ben Arfa, qui signe à l'OM fin juin, ce sera huit mois, au bout d'une saison de Ligue 1 à trente matches, six buts, cinq passes décisives et de ce PSG - OL comme un sommet personnel.

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