Foot - L1 - Ligue 1 : une proposition alternative pour le classement final

L'Equipe.fr
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Trois versions sont évoquées pour déterminer le classement final de la Ligue 1, dont l'arrêt doit être officialisé jeudi. Mais il en existe une quatrième que nous vous proposons ici. Peut-être plus juste, en tout cas bien différente, elle engendrerait des bouleversements pour les qualifications en Ligue Europa comme... en Ligue des champions. Et si la version la plus juste pour déterminer le classement final de la Ligue 1, dont l'arrêt devrait être acté ce jeudi par la LFP, ne figurait pas parmi les possibilités déjà évoquées ? La LFP convoque son bureau jeudiLe Graët : « C'est fini pour la Ligue 1 et la Ligue 2 » Alors que le sort de la saison 2019-2020 semble se dessiner entre trois issues, celles-ci présentent toutes le même défaut : s'arrêter à la 27e journée (la dernière complète disputée) ou à la 28e (avec ou sans quotient rectificatif, Strasbourg-PSG n'ayant pas eu lieu) revient forcément à pénaliser les équipes ayant dû jouer deux fois plusieurs grosses écuries par rapport à celles ayant déjà affronté à deux reprises des adversaires bien plus abordables. Il s'avère - personne ne dira le contraire - bien plus complexe de dominer deux fois le PSG que Toulouse, battu à 17 reprises lors de ses 18 derniers matches de L1 (pour 1 nul). Une équipe ayant déjà défié à l'aller comme au retour les quatre premiers du classement (le PSG, l'OM, Rennes et Lille) peut donc logiquement s'estimer lésée.

Pour remédier à cette injustice née du calendrier, une autre méthode est possible afin d'établir le classement final : déterminer pour chaque club le ratio nombre de points obtenus/nombre de matches disputés contre chacun de ses opposants, puis faire la somme des 19 ratios pour arriver au total de points. Une équipe ayant battu à deux reprises une autre formation se verrait créditée de 3 points face à cet adversaire (6 points/2 matches disputés). Une victoire et un nul procureraient 2 points (4 points/2 matches = 2), une victoire et une défaite 1,5 point (3/2 = 1,5), un nul et une défaite 0,5 point (1/2 = 0,5), et deux défaites évidemment 0 point (0/2). L'écart de points entre une équipe ayant perdu 2 fois face au PSG et une autre ayant dominé 2 fois Toulouse passerait ainsi de 6 à 3 points. Aucun changement de points n'aurait lieu pour les confrontations uniques entre deux clubs. Car ce mode de calcul aurait comme autre avantage d'apporter le même poids aux résultats obtenus face à chacun de ses dix-neuf opposants, puisque le total serait l'addition de 19 résultats (victoire, nul, défaite) « secs ». Deux grosses modifications découlent de cette méthode. Et dans les deux cas, elles concernent les qualifications pour les Coupes d'Europe. En prenant en compte la différence de buts comme premier critère de démarcation en cas d'égalité, comme dans le règlement actuel, Rennes serait deuxième et l'OM troisième. Une inversion de places qui enverrait Rennes (actuel 3e) directement en phase de groupes de la Ligue des champions, et pousserait l'OM (2e) à disputer deux tours préliminaires de la C1. Pour le club phocéen, cette incertitude sportive pourrait avoir de terribles répercussions sur les contours de son effectif et ses finances, dans le rouge vif. Coronavirus : Jean-Michel Aulas (Lyon) veut « des play-offs » pour terminer la saison de L1 La lutte pour la Ligue Europa serait, elle, totalement bouleversée. Si Reims conservait sa 5e place, occupée à l'issue de la 28e journée, le 6e rang ne serait pas détenu par Lyon, Montpellier ou Nice, mais par... Nantes, actuel 13e de la Ligue 1 ! Les Canaris ont déjà affronté deux fois le PSG, l'OM, Rennes et Lille, soit les quatre premiers du classement. Et s'ils ont gagné au Vélodrome lors de la phase retour, ils ont perdu les trois autres matches. On pourrait croire que ce calcul aurait tendance à désavantager les clubs à l'aise face aux grosses cylindrées. Ce n'est pas forcément le cas. Dijon a dominé à Gaston-Gérard le PSG (1er), Rennes (3e) et Lille (4e), gagné à Reims (5e), en plus d'avoir obtenu le nul face à Marseille (2e) et à Lyon (7e), mais le club bourguignon grimperait malgré tout de la 16e à la 14e place. Une chose est sûre, en tout cas : si cette méthode ne change pas tout, puisque le bas de tableau reste identique - neuf clubs conservent d'ailleurs leur rang -, elle ferait très mal à l'OL et à Nice. Respectivement 5e au soir de la 27e journée et 6e après la 28e journée, ils se retrouveraient tous deux dans la seconde partie de tableau : Lyon (incapable de battre deux fois une équipe du top 10) serait alors 11e, et Nice 13e ! Si cette méthode était privilégiée, le président de l'OL Jean-Michel Aulas, qui a soumis l'idée de play-offs pour le haut et le bas de tableau, ne verrait même pas son club y participer.