Foot - L1 - Lille - Jocelyn Gourvennec (Lille) : « C'est dans les erreurs qu'on se bonifie »

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Le nouvel entraîneur du Lille OSC, Jocelyn Gourvennec, revient sur son parcours et évoque sa volonté de continuité par rapport à la saison écoulée. « À quand remontent vos premiers contacts avec Lille ?
Avec Olivier (Létang, président du LOSC), on a toujours eu un lien, on se connaît depuis longtemps. Entre le début de nos discussions récentes et la signature, il y a eu quelques jours, beaucoup d'échanges. De mont point de vue, ça a été un entretien très intéressant, complètement différent des entretiens que j'ai pu avoir toutes ces années. Il m'a beaucoup plu parce qu'il était très précis, des questions concrètes sur des choses concrètes. Il y a eu beaucoup de franchise, ce qui m'a beaucoup plu. J'ai été confronté à de nombreuses reprises à des entretiens durant lesquels on ne sait pas où l'on va. Tu sors de l'entretien, tu dis : "Je ne sais pas trop." Là, ce n'était pas du tout le cas, c'était très précis. Mon ressenti, c'est que ça avait "matché". À partir du moment où ça "matche", c'est une très bonne base de départ. Votre staff peut-il être amené à évoluer d'ici à la fin de l'été ?
On a convenu que je reprenne avec le groupe, que je prenne connaissance du groupe, de ses habitudes de vie, de la vie du staff, et puis on fera un point à la fin du stage pour voir les aménagements éventuels. lire aussi Jocelyn Gourvennec, la surprise de Lille pour remplacer Christophe Galtier Votre arrivée a suscité des réactions contrastées de la part des supporters sur les réseaux sociaux...
Deux choses me viennent à l'esprit. Je suis breton, j'ai des connaissances et de la famille dans le Nord, il y a beaucoup de similitudes entre les caractères de ces deux régions. Deux valeurs reviennent : l'humilité et le respect du travail. C'est ça, le plus important. Le LOSC est un grand club, les supporters sont derrière leur club depuis toujours, je comprends la problématique. Mais, et c'est la deuxième idée que je veux vous soumettre, c'est que quand on est entraîneur, on est toujours exposés, c'est un fait. Mais dans mon travail, je peux pouvoir mettre mon énergie sur les choses sur lesquelles je peux agir : d'abord, bien représenter le club, je crois pouvoir dire que je l'ai fait, comme joueur et entraîneur. Et après, c'est mettre mon énergie dans le coeur de mon métier, c'est-à-dire le management, du vestiaire, du staff, et la préparation des matches. Je suis quelqu'un de structuré et bien organisé et cette valeur de travail, je vais la mettre au service du LOSC. Après, je respecte la position de chacun, on est en démocratie. Mais je me mets mon énergie dans des choses essentielles, comme assurer la transition entre la merveilleuse saison dernière et ce qui va se passer dans les semaines qui arrivent. lire aussi L'ascension contrariée de Jocelyn Gourvennec Comptez-vous vous appuyer essentiellement sur le travail effectué précédemment ou voulez-vous imposer tout de suite une marque ?
J'ai entraîné quasiment dix ans non-stop et quand on est en poste, on parle souvent de la machine à laver, il y a un peu de vrai, ça ne s'arrête jamais. C'est beaucoup d'énergie, et il y a deux ans, j'ai souhaité ouvrir une parenthèse pour continuer à m'améliorer et apprendre. J'ai eu deux activités pendant ces deux ans, j'ai été consultant sur Canal+, en gardant un oeil d'expert sur la L1. Et, parallèlement, j'ai fait une formation de manager à Limoges. Car je voulais prendre du recul, me renouveler, avoir une vision un peu différente. Cela m'a permis de sortir un peu de ce rythme, de la machine à laver. Et de beaucoup observer. La saison dernière, j'ai énormément observé Lille et Monaco, ce que j'avais prévu en début de saison, et j'ai été servi en termes de richesse, de parcours. La saison d'avant, c'était Lyon et Lille. Donc j'ai vu beaucoup de matches de Lille. Je sais comment Christophe a fonctionné, ce qu'il a mis en place, ses idées de jeu. Dans la discussion que j'ai eue avec le président, il y a un terme qui m'a parlé, c'est "continuité". Il est évident que le groupe, avec ce qu'il a fait, depuis plusieurs saisons, il a besoin de continuité, dans les habitudes de jeu, dans les repères de jeu. Au-delà du fait qu'il y aura de mouvements de joueurs, il est fondamental de pouvoir accompagner ce groupe dans la continuité dans leurs habitudes de jeu, qui ont fait leurs preuves et dans laquelle, surtout, ils se sentent bien. Avec le staff, on va continuer, j'ai pioché plein d'idées ces dernières saisons, en France et à l'étranger. Il y a plein de choses à ordonner, avoir des idées, c'est bien, mais il faut pouvoir les traduire sur le terrain. lire aussi Le mercato de Lille avance doucement mais sûrement Que retenez-vous de votre expérience à Bordeaux ?
C'est très loin. Après, j'ai analysé les choses, il y a eu dix-sept mois super et deux mois où ça s'est dégradé. Je retiens beaucoup de positif. J'échange beaucoup avec Raynald Denoueix, qui m'a dit un jour : "Le meilleur entraîneur, c'est celui qui se trompe le moins." Quand on est entraîneur, on fait des erreurs, on se trompe, et c'est dans ces erreurs qu'on se bonifie. J'ai fait des erreurs, le tout, c'est d'être lucide, les analyser pour ne pas les commettre demain. Cette expérience va me servir. Il y a des succès, des échecs, dans les deux cas, il faut rester constant. Dans l'euphorie, on peut faire des bêtises, dans l'échec, il ne faut pas culpabiliser, c'est toujours multifactoriel, un ensemble de petites choses qui ont fait que ça s'est dégradé. Si vous connaissez un entraîneur qui ne s'est pas fait évincer... »

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