Foot - L1 - Nîmes - Un projet de socios pour sauver le centre de formation du Nîmes Olympique

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Alors que Rani Assaf souhaite fermer le centre de formation des Crocos pour faire des économies, l'Association Nîmes Olympique a proposé à l'actionnaire du club d'en prendre en charge la gestion pour assurer sa survie. Elle porte notamment un projet d'actionnariat populaire que nous détaille son vice-président, Corentin Carpentier. « Vous enchaînez les réunions depuis l'annonce de la fermeture du centre de formation... Où en êtes-vous aujourd'hui ?
C'est en train de petit à petit se débloquer. Avec l'Association, on a pris nos bâtons de pèlerins et on est allés chercher, collectivité par collectivité, des financements pour assurer la pérennité du centre. On est sur la bonne voie pour le sauver. lire aussi Rani Assaf assume la fermeture du centre de formation de Nîmes Aujourd'hui, il vous reste 500 000 euros à trouver (sur un budget annuel d'1,8 M€), c'est ça ?
Exactement, en sachant que l'on ne connaît pas encore la participation éventuelle de la mairie, ni celle de l'agglomération. On est plutôt optimistes. A priori, les choses devraient se débloquer à partir de lundi. On croit fortement au fait que la mairie et l'agglo ne nous laissent pas tomber. Vous portez aussi un projet de levée de fonds auprès du public nîmois, qu'en est-il exactement ?
C'est un projet de socios (actionnariat populaire) qui est prêt depuis trois ans, mais que l'on n'avait pas pu mettre en place pour diverses raisons. Or l'actualité du moment fait que l'on a proposé à Rani Assaf de le relancer. Il n'était pas question pour nous de sacrifier l'ADN du Nîmes Olympique, qui est sa formation. L'Association est actionnaire minoritaire du NO et les supporters qui décideraient d'adhérer le deviendraient eux aussi par ricochet. « On espère mobiliser entre 200 et 600 000 euros, soit entre 5 000 et 15 000 supporters » Concrètement, combien le fait de devenir actionnaire coûterait-il à un supporter intéressé ?
Pour le moment, le montant plafond de l'adhésion à l'Association a été fixé à 30 euros. Avec la possibilité de s'engager sur les trois prochaines années moyennant 90 euros ou de faire du mécénat pour ceux qui souhaitent donner un peu plus d'argent. On espère mobiliser entre 200 000 et 600 000 euros, soit entre 5 000 et 15 000 supporters selon que l'on arrive à toucher seulement le noyau dur ou la communauté nîmoise et des supporters des Crocos dans son ensemble. Quand allez-vous lancer cette campagne d'adhésion ?
Le site (fandescrocos.fr) sera mis en ligne dimanche et propulsé avec toute une campagne de communication en fin de semaine prochaine, vendredi si tout va bien. Sachant qu'il devrait donc y avoir lundi des réunions décisives pour l'avenir du centre de formation et ce projet de socios. Si les collectivités ne sont pas au rendez-vous, il tombera à l'eau. Mais on est très optimistes sur le fait de réussir lundi à boucler le budget pour l'année prochaine voire les deux ou trois années à venir.

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Comment le NO a-t-il pu se retrouver à s'interroger sur l'avenir de son centre de formation ?
La situation financière des clubs de Ligue 1 est catastrophique. Que Nîmes se maintienne ou pas, l'actionnaire (Assaf) va devoir mettre la main au pot (voir ci-dessous), et il doit faire des économies en attendant que le projet de stade qu'il porte ne voie le jour, vraisemblablement en 2026. Son idée, c'est que le club puisse se stabiliser en Ligue 1 ou dans le haut de la Ligue 2 malgré la crise (du Covid-19 et des droits télé) que l'on a connue, en économisant sur le coût du centre de formation (1,5 M€ par an, aides déduites) pendant cinq ans. Or c'est une logique que l'on ne partage pas à l'Association. On estime que le centre est notre ADN et que l'on ne peut pas se permettre de le mettre entre parenthèses, d'autant que le travail de restructuration fait depuis six ou sept ans est en train de porter ses fruits avec l'arrivée d'une génération hyper prometteuse. Ce serait un crève-coeur pour nous tous de devoir fermer le centre. C'est pour ça que l'on se mobilise, pour donner une porte de sortie au président Assaf en prenant en charge la gestion du centre de formation et en le déchargeant de ce poids financier. Assaf a précisé mercredi dans un entretien à Midi Libre qu'il manquerait 18 M€ pour boucler l'exercice comptable en cours au 30 juin. « Les bénéfices des deux saisons précédentes (+8,4 et +3,2 M€) nous permettent de rester en vie, a-t-il détaillé. Et je vais remettre de l'argent. Entre 6 et 10 M€ en fonction des ventes de joueurs. » « Ces joueurs (formés au club) ont emmené une nouvelle génération de supporters au stade et il faut capitaliser sur cet engouement » De quel oeil voit-il votre projet ?
Les discussions se passent bien. On a eu mardi une réunion de quatre heures et demie avec lui, lors de laquelle on a discuté à bâtons rompus de toutes les solutions trouvables et imaginables. Rani Assaf sait qu'il a au centre de formation une équipe de passionnés qui sont prêts à tout pour le sauver. Il est sensible à notre attachement, mais il veut des assurances sur un montant de fonds pérenne pour au moins les trois prochaines années, car il est solidaire sur les comptes. Si on fait de la merde, c'est lui qui est obligé d'aller mettre de l'argent à la fin de l'année. Est-ce aussi à cela que doit servir le projet de socios ?
Absolument. Il doit servir à mobiliser la communauté du Nîmes Olympique et des Crocos, une communauté attachée au foot populaire et à son ADN de la formation. Si on est en Ligue 1 aujourd'hui, on le doit en partie à un noyau dur de joueurs formés au centre. Ces joueurs ont emmené une nouvelle génération de supporters au stade et il faut capitaliser sur cet engouement. C'est pour cela qu'on a le projet de créer cette structure un peu innovante, en leur permettant de s'investir tout au long de l'année dans la vie du centre pour permettre à la formation nîmoise de survivre. »

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