Foot - L1 - Nantes - Antoine Kombouaré (Nantes) : « On a envie de montrer de la personnalité » à Paris

L'Equipe.fr
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L'entraîneur du FC Nantes, Antoine Kombouaré, espère voir son équipe, actuelle 19e de Ligue 1, « poser des problèmes » au PSG, dimanche (21 heures). Même s'il a reconnu ce vendredi s'attendre à « un match très difficile ». « Après la défaite cruelle contre Reims (1-2), dans quel état d'esprit votre groupe aborde-t-il ce match à Paris ?
On a digéré cette contre-performance, cette énorme déception. On s'est bien préparé à aller jouer contre le PSG. On s'attend à un match très difficile bien sûr mais on a envie de montrer le visage d'une équipe qui n'est pas 19e, de montrer de la personnalité. On espère qu'ils ne seront pas au mieux, parce que si le PSG joue à son niveau, ce sera très compliqué pour nous. On ne sait jamais, c'est la beauté du foot. Il faudra qu'on fasse un grand match. Avez-vous été surpris de son niveau affiché face au Barça ?
Je m'attendais à ce que le Barça montre un autre visage qu'à l'aller. Mais voir le PSG en difficulté comme ça a été le cas mercredi, je ne pensais pas. lire aussi Fabio et Corchia absents à Paris Pourtant, il en a aussi en Ligue 1 cette saison.
Oui, ils sont aujourd'hui 2es. Les années précédentes, au mois de mars, ils étaient déjà champions ou pas loin en mars. Cette année est plus difficile pour le PSG. Eux sont moins bons, c'est vrai, mais il faut louer aussi les performances de Lille, Lyon et Monaco, qui ont élevé leur niveau de jeu. Retourner au Parc des Princes est-il toujours aussi particulier pour vous ?
Avec le temps... (Il soupire). C'est encore plus aujourd'hui match comme un autre. Aujourd'hui, on est 19es. Ma préoccupation est de savoir comment on va se comporter là-bas, si on sera capable de répondre présent et si on sera assez solide pour ramener quelque chose de ce difficile déplacement. Cela reste un match entre vos deux clubs de coeur.
Oui. Je mentirais si je disais l'inverse. Nantes et le PSG sont deux clubs à part pour moi, même si j'en ai fait plein d'autres. Je suis fier de mon parcours, même si on aspire toujours à entraîner des clubs de très haut niveau. « Est-ce que vous pensez qu'on se déplacerait là-bas si on n'était pas capable de réaliser une performance ? On y v a avec l'équipe de faire quelque chose » Après votre départ de Paris (en 2011), pourquoi n'avez-vous pas entraîné ensuite un club du top 5 ?
Ce sont mes choix. Je les assume. J'avais (des propositions) des clubs de standing. J'ai fait des choix qui me regardent. Je suis super content du parcours que je fais. Je ne vous cache pas que parfois, j'aimerais voir mes clubs mieux figurer. Mais on n'en est pas au stade de faire un bilan de mon parcours. J'ai toujours pris mes décisions seul. J'ai toujours travaillé comme ça, ce sont des choix de coeur, de rencontre, ce qui est plus important à mes yeux. Avez-vous le sentiment d'être le même entraîneur que vous étiez à Paris ?
C'est sûr que c'est différent de jouer pour être champion ou de jouer pour le maintien. Mais à l'entraînement, on travaille toujours pour faire progresser les joueurs. La différence se fait au niveau de l'efficacité. Vous êtes jugés sur les résultats. En quoi avez-vous évolué depuis cette époque ?
J'ai pris un peu plus d'âge, forcément. Je suis un meilleur entraîneur avec beaucoup plus d'expérience. C'est souvent dans les moments difficiles qu'on voit ce qu'on est capables de montrer. J'espère que le bilan sera favorable à la fin de la saison et que je pourrai dire que j'ai fait du bon travail. Honnêtement, pensez-vous prendre ne serait-ce qu'un point à Paris ?
Je vais vous répondre par une question : "Est-ce que vous pensez qu'on se déplacerait là-bas si on n'était pas capable de réaliser une performance ?" On y va avec l'idée de faire quelque chose. J'ai posé la question à mes joueurs. Si certains n'y croient pas, il ne faut même pas se déplacer, on envoie l'équipe réserve. On sait qu'on va beaucoup souffrir, défendre et courir. Je suis persuadé qu'on est capable de nous créer des situations, il y aura des opportunités. J'aimerais voir le visage d'une équipe conquérante quand même. Il faut montrer qu'on a des arguments pour leur poser des problèmes. Comment sentez-vous les joueurs psychologiquement ?
J'ai envie de les sentir bien après le match face au PSG. Ils ont de bonnes sensations, ça travaille bien, les garçons sont investis. Il y a de la joie dans le travail, ça rigole mais ça bosse. Insistez-vous auprès de vos joueurs sur l'esprit de révolte nécessaire à afficher pour changer le cours des choses ?
Dans un match, c'est la révolte qui permet d'accomplir de grandes choses, la révolte doit être permanente, elle doit nous habiter. On ne peut pas se satisfaire de notre position au classement. En fin de saison, je nous vois nous maintenir. Mais pour ça, il faut faire des matches avec de la consistance et avec des points. Aujourd'hui, ce n'est pas payé. Une fois qu'on a dit ça, il faut être capable de faire différemment. »