Foot - L1 - Nantes - Raymond Domenech, entraîneur de Nantes: « Ce mercato est une aberration »

L'Equipe.fr
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Raymond Domenech, l'entraîneur de Nantes, s'est montré critique envers le mercato d'hiver et estime qu'il faudrait le supprimer.
«Que vous inspire le départ de Mehdi Abeid, parti à Al Nasr (EAU) ?
Quand ça arrive comme ça au dernier moment, c'est un peu gênant, ça oblige à trouver d'autres solutions, mais il est parti, c'est fait. Sera-t-il remplacé ?
Si on trouve quelque chose qui serait à peu près équivalent, ça se justifie, mais sinon, quelque part, ça peut aussi créer une aspiration pour ceux qui sont derrière, pour les jeunes qui sont là. Le souci, c'est qu'on est dans l'urgence et que cette politique de départ et de remplacement par des jeunes qui sont là et qui poussent, elle est plus compliquée à mettre en place à l'heure actuelle avec l'urgence de résultats, et qu'on veut toujours se rassurer. « On devrait limiter ce mercato à un joueur, un joker en cas de blessure ou de manque, mais pas plus » Craignez-vous d'autres départs ou pouvez-vous vous y opposer ?
On peut tout faire dans ce métier, mais je me suis rendu compte d'un truc, c'est qu'entre ce que veulent les entraîneurs et ce que décident souvent les agents, il y a un monde. J'attends lundi soir (fermeture du mercato) avec impatience, moi qui milite depuis des années en disant que ce mercato d'hiver est une aberration. On devrait le supprimer, car économiquement et sportivement, il n'a strictement aucun sens, aucun intérêt, à part des problèmes pour tout le monde, et je le maintiens encore plus. On devrait le limiter à un joueur, un joker en cas de blessure ou de manque, mais pas plus. Redoutez-vous un départ d'Imran Louza, pisté par l'OM ?
À l'heure actuelle, non. Sur le plan sportif, votre situation est toujours plus précaire...
Ah oui, l'urgence est là, sur l'aspect comptable (Nantes est 17e, avec trois points d'avance sur Dijon), et de ce qu'on doit faire sur cette semaine importante avec Monaco, Saint-Étienne puis Lille au programme. C'est ni plus ni moins comme il y a un mois, on est dans une situation délicate où il faut gratter des points. On sait que jusqu'au bout, si on ne fait pas de série de résultats, ce sera compliqué. lire aussi Nantes patauge toujours en attaque Quels ressorts pouvez-vous activer ?
Ce sont les joueurs, la solidarité, l'envie, leur envie de jouer, de gagner ensemble, de se battre, de gommer les petites fautes qui font la différence, on l'a vu à Metz (0-2, dimanche dernier). Ils en sont conscients, on travaille là-dessus. Est-ce plus compliqué que ce que vous imaginiez ?
Non, je sais que pour les équipes dans ces positions-là, c'est pout tout le monde pareil, tous les jours c'est difficile. Il faut continuer à avancer, garder présent à l'esprit qu'il faut montrer sur le terrain quelques chose pour sortir de cette situation-là, ils le savent. J'essaie de leur dire qu'ils ne jouent pas le maintien, qu'ils jouent un match à chaque fois, à chaque fois essentiel, sans projection sur ce qui va en découler. Ce qui compte, c'est de savoir comment progresser, comment s'améliorer, de s'accrocher, de tenter. « Contre Monaco, le plan, c'est d'essayer de ne pas prendre de but » Pourriez-vous changer de système ?
J'ai essayé des formules aujourd'hui, pour le moment il n'y a pas d'orientation définitive. Vous affrontez dimanche Monaco, qui marche fort.
On le sait, il faut qu'on monte d'un ton, qu'on montre aussi quelque chose. Accepter de subir et se dire qu'on a perdu d'avance, on reste à la maison. On a envie d'autre chose, de montrer qu'on est capable de poser des problèmes à n'importe quelle équipe. Le plan, c'est d'essayer de ne pas prendre de but car tout le monde peut marquer chez eux, et quand ils n'y arrivent pas dans le jeu, ils ont les coups de pied arrêtés. On sait que ce n'est pas simple, il faudra être à 120 % pendant 95 minutes pour être sûr d'arracher quelque chose. »