Foot - L1 - Nice - Adrian Ursea (ex-entraîneur de Nice) : « J'ai pris goût à être numéro 1 »

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Successeur de Patrick Vieira, Adrian Ursea revient sur les six mois qu'il a passés comme entraîneur de Nice.

La discussion a duré près d'une heure pour se prolonger par trente minutes de tableau noir. Dans son bureau du centre d'entraînement de Nice, qu'il va quitter prochainement, Adrian Ursea est revenu sur son expérience d'entraîneur principal avant, inévitablement, de parler de jeu, de sortie de balle et de contre-pressing. Longtemps cantonné à un rôle d'adjoint, notamment de Lucien Favre, le technicien roumain dresse un bilan positif de ces six mois à la tête des Aiglons et évoque son envie de retrouver un poste de numéro 1.

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« Vous laissez Nice à la 9e place. Avec le recul, comment analysez-vous ces six mois ?
Quand je suis arrivé, il y avait deux difficultés. La première, c'est que les joueurs manquaient de confiance. Ils étaient déboussolés. La seconde, c'était le manque de temps pour corriger cela. Ça ne pouvait passer qu'en choisissant les bonnes formules d'équipe et en faisant beaucoup de vidéo, parce qu'on ne pouvait pas s'entraîner : on ne faisait que des entraînements de récupération et on replongeait tout de suite sur un autre match. Je suis arrivé le 4 décembre, mais comme on jouait tous les trois ou quatre jours, ce n'est qu'en janvier que j'ai pu diriger mon premier vrai entraînement. Ce qui aurait pu nous aider à surmonter ces deux difficultés, c'était un ou deux résultats positifs, mais on a mis du temps à les avoir. Après, il y avait autre chose : je ne voulais pas sortir de nos idées de jeu. Par exemple sur les sorties de ballon. En décembre, on a beaucoup péché là-dessus, on donnait des cadeaux à nos adversaires, mais c'était l'idée sur laquelle le club avait bâti l'équipe. Il fallait rester là-dessus.

Après un début très compliqué (deux victoires en deux mois), vous avez terminé par sept succès sur les douze dernières journées...
Quand on est sorti de notre période de doutes, on a eu des résultats et on a fini le championnat très fort, en battant Lyon, Marseille et Rennes. À un moment, on était seizième, tout le monde nous disait qu'on jouerait le maintien, mais on s'en est sorti avant tout le monde. Là où je suis fier, c'est qu'on s'en est sorti par le jeu. On n'a pas renié l'ADN du club.

Ces victoires marquantes laissent-elles des regrets ?
Après coup, oui, parce qu'on devine qu'il y avait le potentiel pour mieux faire. Mais il ne faut pas décontextualiser. On peut avoir une équipe supposée très forte, mais si je tiens compte du contexte particulier (notamment de l'accumulation de blessures), honnêtement, je pense qu'on a tiré le maximum. Il aurait fallu avoir plus de temps pour avoir plus de constance. On a fait des prestations qui n'étaient pas dignes de l'OGC Nice, face à Dijon, Bordeaux, Lorient. Mais, même là, il y avait des bonnes choses et il fallait gommer le négatif dans nos performances. C'est venu à la fin du championnat.

Lors de votre présentation le 4 décembre, les dirigeants niçois avaient dit que votre mission s'achèverait en fin de saison, ce qui a été confirmé. Espériez-vous rester ?
On espère toujours, mais les choses étaient claires depuis le début. Peut-être que si j'avais réussi à mettre l'équipe en position européenne... Mais je n'ai pas de baguette magique. Les miracles, ça n'existe pas, et pas plus dans le football qu'ailleurs. Dès qu'on a vu qu'on ne pouvait plus tellement espérer au classement, les choses étaient évidentes. Je n'ai rien à revendiquer, mais je suis fier de comment l'équipe s'est sorti de sa situation difficile.

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Pourquoi ne pas rester au club ?
Le futur coach aura sûrement son staff. Et, sur un plan personnel, j'ai pris goût à être numéro 1. J'ai un certain âge (53 ans) et je veux vraiment vivre cette expérience en participant à un mercato pour construire un groupe, faire une pré-saison et avoir le temps pour faire partager mes idées à une équipe. Je suis prêt.

Le club avait envisagé de vous voir à la tête de Lausanne, qui appartient aussi à Ineos. Pourquoi cela ne s'est-il pas fait ?
C'était l'une des opportunités que j'ai eues, mais on a choisi des chemins différents. En Suisse, on a dit que ça avait capoté parce que j'étais gourmand, mais c'est vraiment ne pas me connaître. Ce qui m'intéresse, c'est la qualité humaine et du projet, l'ambiance de travail pour performer.

Vous avez été sollicité par des clubs ?
J'ai des contacts. En France et à l'étranger.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris à ce poste de numéro 1 ?
Je m'y attendais, mais c'est le fait de devoir prendre sur soi toute la pression. On est comme un rempart entre l'équipe et l'extérieur. Quand on prend ça en plein visage, c'est un sacré coup. Ce qui me chagrinait, c'est que je voyais des choses positives, mais à l'extérieur, on rapportait tout au résultat. Je sais que le résultat est fondamental, mais il faut savoir le dépasser pour construire quelque chose. On doit vaincre et convaincre à la fois. Pourquoi les gens viennent voir les matches s'ils n'étaient intéressés qu'au résultat ? C'est pour voir quelque chose qui les touche, qui les fasse vibrer. Le sens de notre métier est de donner du bonheur aux spectateurs...

Il y a beaucoup de hasard dans un match de foot et il faut tout faire pour le maîtriser. Je m'inscris dans l'idée que l'équipe, comme à Nice, doit être construite pour dominer l'adversaire, et cela commence par les sorties de balle. Quand on a le ballon, on est dès le départ en supériorité numérique, même à onze contre onze. Parce que, même s'il y a un marquage individuel de fait, on a un gardien avec soi, et le gardien adverse ne marque personne. L'idée, c'est de faire répercuter cette supériorité jusque dans les seize mètres adverses. Pour moi, ce qui se passe dans les seize mètres adverses dépend d'une seule chose : la sortie du ballon. Quand on démarre depuis derrière avec cette notion de supériorité, ça permet aussi de contrôler la phase défensive et d'être efficace à la perte du ballon. On dit que mieux on défend, mieux on attaque. Mais l'inverse est tout aussi valable : mieux on attaque, mieux on défend. C'est le ballon qui fait qu'on a aimé le football dans notre enfance. On doit sortir de cette logique du résultat et aller au-delà. »

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