Foot - L1 - Nice - Nice : Lucien Favre, le faux calme

L'Equipe.fr
Alors qu'il véhicule l'image d'un entraîneur réfléchi, aux analyses toujours détaillées avec clarté, l'entraîneur de Nice Lucien Favre a montré par deux fois cette saison un caractère assez impulsif. Un autre aspect de sa personnalité.

Alors qu'il véhicule l'image d'un entraîneur réfléchi, aux analyses toujours détaillées avec clarté, l'entraîneur de Nice Lucien Favre a montré par deux fois cette saison un caractère assez impulsif. Un autre aspect de sa personnalité.Comme tout cliché, celui associant les Suisses à un caractère posé n'est pas vraiment fondé. L'entraîneur de Nice Lucien Favre en est le contre-exemple parfait. Si le technicien hélvète véhicule la plupart du temps l'image d'un homme réfléchi, calme, aux analyses ciselées, il est également capable de se montrer caractériel. Il l'a encore démontré dimanche dernier, après la victoire contre Bordeaux. Enervé par des supporters un peu trop bruyants, qui lui réclamaient des changements, Favre a explosé au micro de Canal + : «Je dirais à quelques abrutis des tribunes que c'est parfois difficile de faire des changements. Quand on a quatre-cinq jeunes de 19 ans, on ne veut pas les mettre dans la pagaille. Ce qu'oublient certains, c'est qu'on n'avait que deux milieux ce soir. S'il y en a un qui se blesse, c'est moi qui rentre sur le terrain. Alors les tarés qu'il y a là..». Le message est passé. Ce n'est pas la première fois que le technicien niçois s'emporte en public cette saison. Il avait déjà montré ce caractère impulsif le 18 février dernier, en s'en prenant vigoureusement devant les caméras à son entraîneur des gardiens Lionel Letizi. Pointant du doigt l'ancien gardien, il était revenu par deux fois vers lui pour s'expliquer, ulcéré. En cause un différent dans les consignes données à Cardinale. Letizi lui aurait conseillé d'allonger le jeu, tandis que Favre aurait préféré que le portier reparte à terre. Favre était vite redescendu, évoquant en zone mixte «une simple histoire de staff, comme il y en a plein». Favre avait déjà réagi de manière épidermique durant son parcours allemand, avec des cibles différentes. Entraîneur du Hertha Berlin (2007-2009), il avait lâché un jour : «Ici, beaucoup de gens ne connaissent rien au foot», pour une sortie similaire à celle de dimanche, à l'encontre des supporters sceptiques concernant sa méthode.En octobre 2014, c'est l'arbitre du match entre «son» Borussia Mönchengladbach et Mayence qui s'était attiré ses foudres, après avoir sifflé un penalty suite à une supposée main volontaire de Julian Korb dans la surface. Fou de rage, Favre avait tenu un monologue de plus cinq minutes au micro de la Sky après le match. «Das ist absurd. Das ist nicht Fußball (C'est absurde, ce n'est pas du football)», avait-il ajouté en conférence de presse, incapable de digérer.En avril 2014, il s'était emporté contre son équipe, suite à une phrase d'un de ses joueurs (Patrick Herrmann) pas en adéquation avec sa propre analyse de la victoire contre Schalke (0-1). «Un de vos joueurs a déclaré que vous aviez trop défendu aujourd'hui...» avait avancé un journaliste. Favre avait coupé, avec fracas : «Nous ? Qui a dit ça, dites-moi qui dans l'équipe a dit ça ? Les joueurs doivent fermer leur gueule et faire ce que dit l'entraîneur».Toutefois très rare de le voir en colèreLucien Favre est un perfectionniste, un éternel insatisfait, qui peut se montrer grincheux même après une victoire. Mais il ne sort (heureusement) de ses gonds que très rarement. «Il est super cool avec nous, souriant, mettant de la bonne humeur dans le travail, s'enthousiasmait en début de saison le milieu des Aiglons Wylan Cyprien. C'est important d'avoir un entraîneur qui a la banane aux séances et qui se met très rarement en colère». Mais quand le Suisse s'emporte, ça marque, forcément.

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