Foot - L1 - OM - André Villas-Boas (OM) : « À Marseille, le sentiment d'amour/haine des supporters est trop intense »

L'Equipe.fr
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Dans une interview accordée au quotidien portugais O Jogo parue ce vendredi, André Villas-Boas, l'entraîneur de l'OM en fin de contrat en juin, a évoqué le dossier sensible de sa prolongation et glisse quelques tacles à sa direction... Un long entretien avec André Villas-Boas (43 ans), l'entraîneur portugais de l'OM, est paru dans l'édition de ce vendredi d'un célèbre quotidien sportif de son pays, O Jogo. Le technicien phocéen, en poste depuis l'été 2019 et dont le contrat expire en juin, y évoque notamment son éventuelle prolongation, ce qu'il avait déjà fait en octobre, en précisant que les discussions débuteraient en février 2021. Et il adresse quelques tacles à sa direction... lire aussi À quoi tient la prolongation d'André Villas-Boas ? « Prolonger avec l'OM implique donc une chose que je n'aime pas qui est de signer pour deux ans, à nouveau » « On en est au même stade (concernant les discussions sur son contrat). Les deux parties se renvoient la balle, a expliqué « AVB ». Avec la crise, l'OM veut revoir tous les contrats de travail du club, du staff et de l'équipe et il ne veut pas se positionner sur combien il va falloir dépenser pour prolonger un entraîneur. Quand je suis venu en France, je voulais signer un an. C'est ainsi que je vois le football actuellement. Il n'y a pas de projet sportif, dans aucun club du monde. Le projet sportif dure une saison. J'ai été obligé de signer deux ans parce que la loi française l'impose, pour protéger les entraîneurs. Prolonger avec l'OM implique donc une chose que je n'aime pas qui est de signer pour deux ans, à nouveau. » lire aussi Pablo Longoria ouvre des portes pour le mercato d'hiver « Dans mon parcours à l'OM, il y a beaucoup de situations où il aurait été important d'avoir une référence, de savoir exactement ce que veut celui qui commande, le chemin à suivre » Villas-Boas a ensuite été invité à dresser un parallèle entre le FC Porto, où il a entraîné entre 2010 et 2011, et l'Olympique de Marseille et la réponse n'est pas flatteuse pour le club phocéen. Notamment pour Jacques-Henri Eyraud même s'il n'est pas cité nommément. « Le poids institutionnel est important. Dans mon parcours à l'OM, il y a beaucoup de situations où il aurait été important d'avoir une référence, de savoir exactement ce que veut celui qui commande, le chemin à suivre, a-t-il déploré. Le problème de Marseille, c'est que le sentiment d'amour/haine des supporters est trop intense. En ce sens, ce n'est pas comme le FC Porto, parce qu'il n'y a pas de point intermédiaire de raison. » lire aussi Jacques-Henri Eyraud : « Notre atout, c'est Frank McCourt » « Il n'y a pas de vision de communication pour le club. Ce n'est pas la priorité actuelle de la direction qui met toute son énergie pour donner un rendement immédiat à l'équipe » Villas-Boas a poursuivi ses explications sur les spécificités de l'OM. Et il a pointé du doigt le contexte médiatique qui entoure le club. « Ensuite, il y a une séparation entre la presse la plus forte de la région et le club qui, selon moi, ne devrait pas exister. Avec cette relation amour/haine de la part des sympathisants du club, il est plus facile pour les adversaires de toucher nos points les plus sensibles, a avancé comme argument l'ancien entraîneur du Zénith Saint-Pétersbourg (2014-2016) L'OM est la meilleure marque du foot français et elle devrait être mieux positionnée médiatiquement et profiter de la puissance de sa marque, mais ce n'est pas le cas parce qu'il n'y a pas de vision de communication pour le club. Ce n'est pas la priorité actuelle de la direction qui met toute son énergie pour donner un rendement immédiat à l'équipe et pour la pérennité financière du club face à l'UEFA et au fair-play financier. »
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