Foot - L1 - OM - Jorge Sampaoli (OM) découvre les stratégies défensives de Ligue 1

L'Equipe.fr
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Contre Strasbourg (1-1), vendredi soir, l'entraîneur argentin de l'OM a pu avoir un aperçu des plans de jeu parfois très prudents de certaines équipes de notre Championnat. C'est un choc des cultures auquel il ne s'attendait pas forcément et Jorge Sampaoli semblait encore se demander comment son équipe avait pu se retrouver face à un mur, ce vendredi soir, contre Strasbourg (1-1). Du football européen, l'Argentin n'avait goûté qu'à la Liga, jusque-là et, en Espagne, la philosophie pousse à attaquer plutôt qu'à défendre, tant pis pour les buts encaissés. lire aussi OM : Florian Thauvin cherche un second souffle Mais voilà : Sampaoli est en Ligue 1, aujourd'hui, et il va devoir s'habituer à ces blocs disciplinés où les lignes coulissent comme un seul homme, resserrées et prêtes à l'effort devant leur surface, d'abord occupées à protéger leur but et le point du match nul avant d'envisager, éventuellement, de s'aventurer dans le camp d'en face. Jorge Sampaoli « Contre des équipes comme ça, si on ne marque pas tôt, c'est très difficile » On exagère un peu, parce que Strasbourg a proprement sorti les ballons et a même marqué un but logique sur coup de pied arrêté, mais quand même : solidement appuyés sur leur défense à cinq, les Alsaciens avaient préparé leur coup et assimilé les consignes. Et l'OM, qui semblait monter en puissance au fil des séances de l'énergique Argentin, s'est cassé le nez comme la mouche qui tente de sortir contre la fenêtre fermée. « On n'a pas réussi à jouer dans leur dos, ils nous ont énormément gênés, constatait Sampaoli. Contre des équipes comme ça, si on ne marque pas tôt, c'est très difficile. » C'est encore plus difficile quand les individualités qui peuvent vous tirer vers le haut ne sont pas dans leur meilleur jour, à l'image de Dimitri Payet et Florian Thauvin, qui n'ont brillé que sur une belle frappe chacun, et se sont pris dans les filets adverses pendant toute la soirée. lire aussi Le classement de la Ligue 1 Un risque à prendre Sampaoli le répète depuis son arrivée et c'est un argument évidemment pertinent : il lui faudra du temps pour huiler les automatismes et asseoir le style de son équipe. Il veut un football offensif, dynamique, avec beaucoup de joueurs qui attaquent et de l'animation dans les couloirs. On l'a vu un peu, déjà, face à Montpellier, Lorient ou Reims, ces dernières semaines, et Thierry Laurey avait étudié l'affaire. L'entraîneur strasbourgeois a voulu bloquer d'abord le couloir droit, celui de Lirola et Thauvin, et il y est parfaitement parvenu ; il voulait aussi limiter l'influence de Payet et ne pas lui laisser le temps de s'organiser, et il a réussi. Conclusion : il faudra davantage de justesse, de combinaisons et de variétés pour gagner les matches face aux équipes frileuses, et Sampaoli en est conscient : « On a eu du mal au milieu, il y avait beaucoup de monde dans l'axe alors qu'il aurait fallu écarter, mais notre jeu offensif a été neutralisé par l'adversaire. Et on a pris de mauvaises décisions, on n'a pas assez écarté. » L'entrée de Luis Henrique a permis quelques différences sur le côté gauche et le but égalisateur, aussi. Satisfait du jeune Brésilien, Sampaoli reconnaît que son profil provoque un léger déséquilibre quand il est aligné comme piston gauche, parce que Luis Henrique attaque beaucoup et défend peu, à l'inverse de Nagatomo. lire aussi Les notes d'OM - Strasbourg Mais ce sera un risque à prendre, peut-être, pour forcer le verrou certains soirs, d'autant que l'OM n'a plus de points à perdre s'il veut accrocher la cinquième place et une qualification en Coupe d'Europe. « Ce soir, nous sommes frustrés par le résultat et par le match », regrettait l'Argentin. Mais il va devoir s'y faire : son idéal le porte vers Marcelo Bielsa et ses équipes qui attaquent de partout ; son quotidien, en Ligue 1, lui offrira aussi des équipes où tous les joueurs défendent derrière le ballon.