Foot - L1 - OM - Pablo Longoria (OM) : « Nous ne sommes pas dans une situation critique »

L'Equipe.fr
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Le président du club marseillais a répondu aux questions des suiveurs, ce mercredi midi, et il a tenu à rassurer son audience sur les ambitions du club. Tranchant avec les habitudes de son prédécesseur, qui préférait trier ses interlocuteurs pour mieux contrôler sa communication, Pablo Longoria a reçu la presse ce mercredi midi dans le grand amphithéâtre du Vélodrome, pour une heure de questions-réponses. « C'est sain de nous parler, d'être transparent sur toute l'actualité du club », a expliqué le nouveau président de l'OM avant de passer en revue les sujets chauds. « Avez-vous la main sur le dossier Arkadiusz Milik et l'assurance qu'il puisse rester ?
Dire à 100 % que les choses vont se faire, dans le mercato comme dans la vie, c'est impossible. Je n'aime pas prendre des positions catégoriques. On a le contrôle de Milik, oui, Milik est un joueur de l'OM, c'est un prêt avec une option d'achat obligatoire, le paiement est étalé. Il n'y a pas la possibilité qu'il retourne à Naples et on a le contrôle de la situation sur le marché pour Arek. lire aussi Milik (OM) : « Je veux qu'on se souvienne de moi à Marseille » Et si un grand club comme la Juventus se présente ?
Dans le foot moderne, les joueurs ont beaucoup de contrôle sur leur situation. Mais maintenant, il faut négocier avec nous. Naturellement, tous les joueurs veulent connaître quelque chose en plus dans leur carrière. Après, Arek dit tous les jours qu'il est très content parmi nous ici, qu'il est dans un grand club, car nous sommes un grand club. Mais dans le marché, il y a toujours cette possibilité de finir dans les plus grands clubs européens, surtout pour des joueurs du niveau d'Arek. C'est toujours une question de négociations, de marché. L'intention du joueur, dans toutes les conversations qu'on a eues, est de prolonger son aventure à Marseille. Il est focalisé sur les quatre dernières rencontres de L1, qui sont très importantes. « En France, on fait un type de formation très individualiste, plus que chez des joueurs venus d'autres nations » Avez-vous été surpris par les réactions des entraîneurs français (Antonetti, Kombouaré, Genesio, Zidane...) à la suite de vos propos sur la formation et le coaching hexagonaux dans "El Pais", le 13 avril ?
C'est un débat ouvert, chacun est libre de donner son opinion. C'était plus une réflexion après des questions concrètes et intéressantes de l'intervieweur. Aujourd'hui, la France est 8e au ranking UEFA, derrière l'Ecosse cette saison, et juste devant Israël. Il faut se poser des questions, surtout qu'avec la nouvelle réforme de la C1 pour 2024, c'est un avantage d'être toujours dans le Top 5 européen. Je ne me permets pas d'attaquer le système français, il y a de très bons coaches ici en France. C'est une réflexion générale. En France, on fait un type de formation très individualiste, plus que chez des joueurs venus d'autres nations. Tu as beaucoup de talent, mais la personnalité interroge, il y a un individualisme plus fort. Je l'ai vu à Valence, le joueur a son préparateur individuel, son docteur individuel, son nutritionniste individuel, etc. Tu as l'impression d'avoir recruté un joueur de tennis, et pas de football. On s'interroge beaucoup à l'étranger : quel est le modèle français ? Cela peut pénaliser l'exportation des coaches français à l'extérieur. On peut poser beaucoup de questions sur la création d'un style propre. C'est ce qui a permis à de nombreux Espagnols de travailler à l'étranger après la victoire à la Coupe du monde 2010 et aux Euros 2008-2012. lire aussi Pourquoi Longoria a vexé les entraîneurs français Des clubs français sont en grande difficulté économique. Est-ce le cas de l'OM ?
Tous les clubs en France, et même à l'étranger, sont dans le dur, à quelques exceptions près. Par exemple, l'Atalanta qui vient d'annoncer un bilan positif de 51 M€ pour la saison dernière. Félicitations pour ça, surtout dans le moment actuel ! La situation dans le foot français est encore plus compliquée, à cause des droits télé, des incertitudes sur les trois prochaines saisons... Il y a beaucoup d'insécurité. J'en profite pour apporter tout mon soutien aux salariés de Bordeaux, il faut être solidaires en ce moment. À l'OM, un club qui a des revenus très importants sur les recettes matchday, avec le stade, c'est évidemment une situation très difficile. Nous nous posons beaucoup de questions sur la pérennité du football actuel. Nous ne sommes pas dans une situation critique, tout le contraire, on a un propriétaire très solide financièrement, Frank McCourt. Il a mis beaucoup d'argent dans le club. Mais comment lier une situation financière délicate, avec des déficits importants à combler, et des ambitions importantes en termes d'effectif (prolongations de Thauvin et d'Amavi, levée des options de Lirola et Balerdi, recrutement de pépites comme l'Argentin Almada) ? Devez-vous d'abord vendre des joueurs ou avez-vous des moyens pour recruter ?
Ce n'est pas le moment de demander un effort économique, des moyens exceptionnels au propriétaire. Le coach est ambitieux, je suis ambitieux, notre structure technique est ambitieuse. On travaille tous les jours avec la mentalité de rentrer sur le podium, ça doit être l'objectif pour la saison prochaine. La question est de savoir comment traverser le contexte actuel. L'OM restera un des plus gros clubs de France au niveau du budget, avec le stade, les sponsors, on a très bien travaillé dans ces domaines. Après, il y a la vente de joueurs. Avant, elle était considérée comme un revenu extraordinaire. Les transferts sont devenus un revenu ordinaire. Je considère la vente de joueurs, non comme une perte, mais comme une possibilité. Si tu vends et sais bien investir ensuite... On doit trouver l'équilibre entre la vente de joueurs et les ressources propres à l'intérieur du club pour faire un mercato créatif et cohérent. Quelle est la fréquence de vos rapports avec Jacques-Henri Eyraud ? Quel est son rôle précis ?
Je veux d'abord remercier Jacques-Henri, si je suis ici à l'OM, c'est grâce à lui et au propriétaire. On veut transmettre notre opinion à l'intérieur des instances, elle part du bas, du club jusqu'à lui, qui est vice-président du conseil de surveillance et siège dans les instances. « Sampaoli a donné de l'espoir, de la confiance au quotidien. Il s'est bien intégré au club, il "vit" le club » Où en sont les négociations pour les éventuelles prolongations de Jordan Amavi et de Florian Thauvin ?
Sur Jordan, sur Florian, on avance, le fait qu'on continue de discuter est un signal très positif, surtout dans la situation actuelle. Tous les clubs ont beaucoup de difficultés en ce moment, il y aura des réductions de salaires partout, pour des joueurs libres qui cherchent ailleurs, ce n'est pas forcément un bon timing. Quelle latitude avez-vous sur le dossier Bouba Kamara, en fin de contrat en juin 2022 ?
On n'a pas une protection totale sur le futur du joueur. On a beaucoup parlé avec ses agents, son entourage. Il est concentré sur la fin de saison, et on va continuer de discuter après et trouver la meilleure solution. Prolonger ? Continuer ensemble ? Se projeter sur le marché ? C'est une question de marché, personne ne connaît celui que nous aurons cet été, il n'y aura sans doute pas beaucoup d'argent en circulation. Notre intention est de continuer à parler avec Bouba. Que pensez-vous des premières semaines de Jorge Sampaoli au club ?
Je n'aime pas parler de transition, à l'OM, c'est impossible, il y a une exigence très grande à laquelle tu dois répondre. Quand il est arrivé, on était dans un moment de très grande difficulté, il faut le rappeler. Il a donné de l'espoir, de la confiance au quotidien. Il s'est bien intégré au club, il "vit" le club. Il a déjeuné un jour au centre de formation, avec tous les gamins qui le regardaient, avec bonheur. On a trouvé un très bon coach, et pas seulement dans les résultats. »