Foot - L1 - OM - Patrice Evra (OM) : «Si Pat' est là, il y a quelque chose à faire»

L'Equipe.fr
Décidément, rien n'arrête Patrice Evra. Le défenseur de l'Olympique de Marseille a gratifié les réseaux sociaux d'une nouvelle vidéo. Cette fois-ci, il s'essaye au beatbox.

Ce vendredi après-midi, Patrice Evra, le latéral gauche de l'OM, a partagé sa confiance en son équipe et dans le projet marseillais, deux jours avant la réception de Saint-Etienne. La fin de saison de l'OM est laborieuse, le discours de Rudi Garcia peine à réveiller les foules, joueurs et supporters semblent déjà focalisés sur le prochain mercato... Heureusement, le club a un atout dans sa manche, un joker au rire communicatif et au discours punchy : Patrice Evra. Dans quel état d'esprit est le groupe, après trois matches sans victoire ? Un match nul ne plaît à personne, c'est faire du surplace. On a pris trois points sur neuf possibles, il faut arrêter l'hémorragie. Après une semaine d'entraînement, c'est un état d'esprit de bosseur, de guerrier. En termes de contenu, les premières périodes face à Dijon puis Toulouse furent faiblardes... On a du mal à rentrer dans les matches, on va rectifier ça contre Saint-Etienne, d'autant qu'il y aura une superbe ambiance et les 30 ans des Winners. On va essayer de ne pas gâcher la fête. Il faut se réveiller, et pas trop tard. C'est dommage de rater des mi-temps et de pousser en vain. On est les premiers fautifs. Quand je suis arrivé, on a gagné face à Montpellier puis Lyon, et on a perdu à Metz. Je me suis dit : "Oh, quelque chose ne va pas ?'' On croit qu'on est arrivés dès qu'on a gagné deux matches ? Mentalement, il y a un souci. Les joueurs d'expérience doivent prendre leurs responsabilités, Payet, Bafé (Gomis), Rolando... On ne va pas pointer Max (Lopez) ou Florian (Thauvin). Comment vous sentez-vous physiquement ? La blessure (cuisse) est-elle un mauvais souvenir ? Oui. J'ai traîné ça pendant des mois, déjà à la Juventus (Turin). J'ai essayé de jouer en Championnat sur une jambe, et c'était plutôt positif à l'exception d'un match (deux en fait, Nantes et Paris, ndlr). J'ai plus gagné que perdu. C'est très frustrant de ne pas jouer à 100% de tes moyens, mais c'est du passé. Je suis vraiment content de prendre mes responsabilités, et de les assumer. J'ai hâte de jouer face à Saint-Etienne. Je n'ai plus le temps de gamberger, il reste six matches. Plus d'excuses. Avez-vous été agacé par les débats autour de votre niveau ? Je suis décalé de ce monde-là. Vous me l'apprenez, je ne suis pas au courant d'éventuelles polémiques. Je dis toujours : un homme sans ennemi est une personne sans valeur. Patrice Evra avait une blessure, il l'a soignée. Je sais ce que je fais, je sais comment je bosse, là, je suis prêt. Cette passion, cette pression, c'est ce que j'aime. Plusieurs fois dans ma carrière, certaines personnes avaient préparé des guillotines, notamment avant la qualification pour la Coupe du monde (2014). J'ai l'habitude de ça. Je vis avec ça. Ma vie est faite de challenges, on ne m'a jamais rien donné, je sors d'une famille de vingt-quatre frères et sœurs, ce n'était pas facile d'avoir à manger tous les jours. Je ne vois pas pourquoi je me mettrais la pression pour un match de football. Vingt-quatre frères et sœurs ? Même père, même mère ? (Rires) Non. Mon père ne regardait pas souvent la télé. Est-ce qu'une qualification en Ligue Europa est indispensable au bon déroulement de l'OM Champions Project ? Quand j'ai signé, on m'a dit que c'était l'objectif. Indispensable, je ne sais pas, il faudra demander plus haut. Mais c'est le challenge qu'on m'a proposé, et j'ai l'habitude, partout où je suis passé, de gagner des trophées et d'assumer. Il faut être européen, step by step. On est sixièmes, à un point de Bordeaux. Il reste dix-huit points à prendre. N'avez-vous pas des regrets à propos de la quatrième place ? Je n'aime pas vivre avec des regrets. On aurait pu faire mieux. Avant que Rudi Garcia ne prenne cette équipe en main, l'OM était 15e au classement (12e, ndlr), le club est 6e, il y a eu beaucoup de progrès. Mais il ne faut pas laisser passer le train. Comment jugez-vous le niveau de la L1, après y avoir goûté à nouveau ? Je n'aime pas dire qu'un Championnat est plus fort qu'un autre. En Angleterre, c'est un football alléchant, explosif, deux équipes comme deux boxeurs, le premier qui fait tomber l'autre à terre gagne le match. En Italie, c'est un jeu d'échecs, tout est calculé. J'ai eu la chance de m'adapter à tous les Championnats. Je trouve la L1 très athlétique, mais elle manque encore de bases tactiques. Mais si on voit des équipes comme Monaco et Paris qui rivalisent avec des grands d'Europe, c'est que ce Championnat s'avère de très bonne qualité. J'espère que le niveau va s'élever. Je me souviens, à mes débuts en France, les entraîneurs et les joueurs commençaient le match en pensant à ne pas le perdre. Cela a changé. C'est plus ouvert. Comment évaluez-vous au quotidien l'implication des jeunes joueurs français, souvent raillée ? Je ne vais pas arriver en criant sur les jeunes. Il faut faire passer le message en étant irréprochable à l'entraînement. Quand un jeune te voit une heure avant le début de la séance en salle de musculation, à faire du gainage, des abdos, de lui-même, il devrait se dire : "Il n'est pas aussi fou, Evra, pour faire ce qu'il fait à 35 ans alors qu'il a tout gagné. Je dois suivre son exemple." Parler aussi, leur dire que le foot ça va très vite, on peut te dire que tu vas devenir un Cristiano Ronaldo ou un Messi, et à la fin, tu ne seras personne. Il faut beaucoup d'humilité. Le Patrice Evra de Manchester, de la Juve, il ne compte plus à Marseille. Je me remets en question. Tu viens à l'entraînement pour progresser ou juste pour prendre le soleil ? Chaque jour, je me fais des challenges, peut-être que pour la prochaine séance, ce sera : ne manquer aucune passe. Etes-vous seul, alors, à la salle, une heure avant la séance ? (Rires) Non, je suis avec mon chrono. Vous nous aviez dit en janvier qu'on ne vous verrait que quand ça va mal. Doit-on déduire que c'est la crise ? (Rires) Si ça allait très mal, je ne serais pas aussi souriant. Mais parler, tout le monde sait le faire. Le club de l'OM ressemble-t-il à ce que vous imaginiez ? J'ai été surpris, on m'avait dit beaucoup de mauvaises choses sur Marseille. Or, j'ai été mieux reçu à l'OM, lors de ma présentation, qu'à la Juve. On m'a fait visiter tous les bureaux, proposé de l'aide pour tout. Marseille est un vrai club professionnel. Je me souviens quand Steve Mandanda venait en Equipe de France, j'avais l'impression qu'il était en dépression. Je lui demandais ce qu'il n'allait pas, il me parlait de tel joueur arrivant en retard. J'en ai aussi parlé à Dimitri (Payet), il m'a dit : "Non, Pat', ça n'a plus rien à voir". Il y a des ambitions, les gens qui critiquent le projet OM Champion, premièrement, ce sont des jaloux, car ils n'en font pas partie. Le club a fait un grand pas en avant. Et la ville ? Il y a ce soleil. Il m'énerve. J'aimerais parfois qu'il pleuve un peu plus à Marseille. Je dis souvent à mes coéquipiers, vous ne savez pas la chance que vous avez de travailler dans un cadre de vie comme ça. Si tu n'es pas fort mentalement, tu te laisses aller. Je ne vois jamais un nuage. C'est le paradis pour moi. Avez-vous un rôle de rabatteur dans ce projet ? Je suis toujours un joueur de foot. J'aime guider une équipe vers ses objectifs, je ferai tout pour redorer le blason de l'OM, sur le terrain et en dehors. Beaucoup de joueurs se disent : ''Si Pat' est là, il y a quelque chose à faire.»Patrice Evra : «Le championnat manque de bases tactiques»

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