Foot - L1 - Rennes - Rennes finit sur le podium de la L1 et entrevoit la Ligue des champions

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L'arrêt de l'exercice 2019-2020 ayant été sifflé avant la fin, le club breton termine à une troisième place historique qui lui ouvre la perspective de la Ligue des champions. L'imagination débordante du président lyonnais Jean-Michel Aulas pour finir la saison sur des play-offs ou les calculs du président lillois Gérard Lopez pour ravir la troisième place de la L1 à Rennes auront donc été vains. Après les annonces du Premier Ministre Édouard Philippe mardi, le conseil d'administration de la LFP a figé l'exercice 2019-2020 de la L1 sur la 28e journée au quotient des matches joués, avec un podium forcément inédit puisque Rennes n'y avait jamais figuré dans toute son histoire. Holveck : « On va pouvoir travailler sur la saison prochaine » Le club breton fut au mieux quatrième de L1 ou D1 (1949, 1965, 2005, 2007). Cette année 2007 reste d'ailleurs un cruel souvenir autant qu'un étrange clin d'oeil du destin, puisque c'est le Lillois Nicolas Fauvergue qui avait privé le Rennes de Pierre Dréossi et d'Étienne Didot de C1, en égalisant à la 93e minute de la 38e journée (1-1, le 26 mai)... C'est Toulouse qui en avait profité après avoir récupéré deux points sur tapis vert d'un déplacement précédent à Nantes, où la pelouse avait été envahie par des supporters peu avant la fin d'un match que le TFC n'allait pas gagner (0-0). Cette fois, voilà donc Rennes officiellement troisième de la saison 2019-20, inachevée exceptionnellement en raison de la pandémie de coronavirus. Nul doute que les Bretons auraient préféré célébrer une telle performance autrement, pourquoi pas lors de la 38e journée contre Monaco dans un Roazhon Park en fusion. Les circonstances en ont décidé autrement et l'heure n'est vraiment pas aux réjouissances mais il n'en reste pas moins une formidable performance aux trois quarts de la saison puisque Rennes est plus haut que Lille, Lyon ou Monaco, les gros budgets attendus sur le podium. « La saison est malheureusement terminée, observe le président rennais Nicolas Holveck. Beaucoup de choses pouvaient encore se passer, je peux comprendre la déception de certains mais Rennes n'y est pour rien et a toujours oeuvré pour que la saison aille à son terme pour des impératifs économiques. Après, quand on est troisième après 28 journées, ça démontre aussi un certain niveau. Je félicite tout le groupe et le travail effectué avant mon arrivée. » La LFP vise une reprise le week-end du 22-23 août À dix journées de la fin, le LOSC rognait les mollets de Rennes mais personne ne saura donc jamais si l'équipe de Julien Stéphan aurait fini par céder sa troisième place ou si elle pouvait aller chercher la deuxième, celle d'un OM mollissant. Rennes avait en tout cas attrapé la 3e place lors de la 15e journée, début décembre, pour ne plus la lâcher, après avoir peiné à l'automne (sept matches d'affilée sans succès) derrière un mois d'août parfait marqué par la révélation du phénomène Eduardo Camavinga. Après un mercato dur à digérer, les coéquipiers de Damien Da Silva ont su se redresser et signer sept succès en neuf journées jusqu'à fin janvier. Dans un contexte de changement de président, Olivier Létang ayant été débarqué le 7 février par l'actionnaire unique, la famille Pinault, ils ont surmonté une panne survenue début février, digéré l'accroc de la demi-finale de Coupe de France perdue à Saint-Étienne (1-2, le 5 mars) et résisté à la pression de Lille pour s'accrocher à la troisième place contre Montpellier (5-0, le 8 mars), ultime et savoureux souvenir avant l'interruption de la compétition. Nicolas Holveck « On ne saura que fin août si on est qualifiés pour la phase de groupe » Un an après avoir soulevé sa troisième Coupe de France, Rennes, redynamisé par Sabri Lamouchi puis métamorphosé par Julien Stéphan, obtient donc pour la troisième fois consécutive un strapontin européen, avec la possibilité de jouer pour la première fois la Ligue des champions, confirmant une réelle émergence. Il lui faut maintenant s'y préparer sur les plans sportif et économique. Mais sportivement, déjà, il lui faut patienter. Normalement, pour intégrer la phase de groupes, en tant que troisième de L1, il faut passer par le troisième tour de qualification puis un possible périlleux barrage. Sauf si le vainqueur de la Ligue Europa est déjà qualifié directement pour la Ligue des champions. Encore faudrait-il que la saison européenne aille à son terme. « On ne saura que fin août si on est qualifiés pour la phase de groupe ou si on passe par des qualifications qui auraient lieu probablement en septembre, poursuit Holveck. Quoi qu'il en soit, il nous faut travailler pour y accéder avec une équipe solide dans le seul objectif de passer le Q3 et les play-offs mais sans s'imaginer avoir déjà les recettes de la Ligue des champions. Donc en conservant notre effectif et en étant malin pour l'améliorer encore. » Au pire, Rennes a la garantie de revenir en Ligue Europa. Mais sans être pour le moment assuré de participer à la lucrative phase de poules de la C1, il lui faut donc tenter de consolider son effectif, voire l'enrichir. Déjà, Rennes étant sur le podium, le prêt de Steven Nzonzi (AS Roma), arrivé en janvier, sera mécaniquement prolongé d'un an. Et avec la perspective de la C1, les chances de conserver des joueurs courtisés comme Eduardo Camavinga (2022) ou M'Baye Niang (2023) peuvent être renforcées. Mais il faudra aussi gérer la situation des joueurs qui arrivent à un an du terme de leur contrat (Hamari Traoré, Faitout Maouassa, Damien Da Silva, Lucas Da Cunha ou encore Yann Gboho) et pour lesquels Rennes peut aussi être attaqué. Alors que Joris Gnagnon et Jérémy Morel arrivent en fin de prêt ou de contrat, le paysage défensif serait profondément modifié si Traoré et Maouassa étaient attirés ailleurs. Pour l'heure, Rennes attend de compléter sa réorganisation avec Florian Maurice comme directeur technique, même si Holveck ne confirme toujours pas son arrivée puisqu'il évoque toujours une « short-list » pour ce poste : « Il n'y a pas d'urgence mais c'est un sujet qui devient plus important, on va s'y remettre très sérieusement pour prendre la bonne décision. » L'Europe s'éloigne pour l'OL Et comme les autres, Rennes doit aussi faire face au manque de recettes essentielles liées aux droits télé qui ne vont pas tomber avec cette saison écourtée. « Il manquera aussi les recettes guichets de cinq matches, relève Holveck. Le gros du travail sera de trouver un maximum de mesures d'adoucissement des pertes pour l'atterrissage au 30 juin car la situation économique est très compliquée. Il faut sauver les comptes d'exploitation des clubs, tous en danger, avec un but commun : se sauver économiquement et tous ensemble. » D'abord limiter les dégâts, et pour Rennes, rester ambitieux et rêver de C1, de Liverpool ou de Léo Messi au Roazhon Park.

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