Foot - L1 - Waldemar Kita (Nantes), sur une L1 à 18 clubs : « Il ne faut pas prendre cette opération à la légère »

L'Equipe.fr
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Le président du FC Nantes, Waldemar Kita, se montre prudent sur un éventuel passage à 18 clubs pour la Ligue 1. Il estime qu'il ne faut surtout pas se précipiter. « Êtes-vous favorable à un passage de la Ligue 1 à 18 clubs ?
C'est un dossier fragile. Je ne pense pas qu'il faut prendre de décision comme ça. On est en situation de crise sanitaire, ce qui a des conséquences économiques dans toutes les industries, football compris. Il faut se pencher sur le problème avec beaucoup de recul, voir de quelle façon on doit apporter quelque chose de plus au football pour le sauver et voir comment on peut s'organiser. lire aussi Passer la Ligue 1 de 20 à 18 clubs, une urgence ? On a besoin de réunions de réflexion avec tous les présidents des clubs de Ligue 1 et Ligue 2, mais aussi avec des membres du conseil d'administration de la Ligue (LFP) et les syndicats pour prendre des décisions objectives. Il faut affronter ce problème dans la globalité, pas seulement dire : "On joue à 16, à 18 ou à 20." Ce qui est important est d'analyser tout un ensemble de choses. Selon vous, ce changement de format ne serait pas la priorité de réflexion ?
Ce que je veux dire, c'est qu'il faut voir la façon dont on gère les clubs. Des gens ont un passé important, une expérience et se battent pour leur club. Il faut voir l'intérêt du football français et se pencher aussi sur le problème des droits TV. Ça ne se fera pas en claquant des doigts, tout simplement pour gagner plus d'argent. Oui l'économie est très importante, mais notre devoir, c'est de réfléchir à comment elle peut profiter au football. lire aussi La LFP veut faire voter la L1 à 18 clubs en juin Si les droits TV venaient à baisser pour les saisons à venir, le partage de revenus entre clubs serait aussi moindre. D'où la nécessité de réduire leur nombre en Ligue 1, ce n'est pas votre avis ?
C'est une question importante mais il ne faut pas tomber dans l'individualisme. Il faut jouer collectif, dans l'intérêt du football. Il ne faut pas penser à son intérêt pour toucher plus d'argent. Il y a toujours un intérêt sportif. J'ai lu certaines critiques de la part d'un nouveau président qui vient d'arriver (Pablo Longoria à l'OM) envers le football français et ses entraîneurs. Il y a du bon et du mauvais, mais il ne faut non plus partir dans le délire. Tout ça ne nous aide pas. Il faut que la critique soit positive. C'est bien ce que tu dis, mais qu'est-ce que tu proposes ? lire aussi Les entraîneurs réservés sur la Ligue 1 à 18 clubs On ne va pas faire tout et n'importe quoi. Tout le monde sa vision sur le football, mais c'est beaucoup plus complexe. Résoudre le problème en passant à 16 ou 18 (clubs), à part pour satisfaire des intérêts personnels, je n'en vois pas l'utilité. Notre rôle, au conseil d'administration de la Ligue, est de voir comment aider le football amateur et professionnel. Et surtout comment les promouvoir. « Quand on parle de 16, 18 ou 20 clubs, il faut voir quelle région est capable de le faire. Et penser aussi au système de descente et de montée. Vous imaginez, on parle de perdre des millions sur un seul match » La question a été mise sur la table au conseil d'administration justement. Êtes-vous loin de prendre une décision à ce sujet ?
Non, mais il faut avoir ces discussions avec des personnes qui touchent plus fréquemment ce sujet. Il faut aussi se poser la question de savoir si un ou deux clubs doivent descendre. Pour celui qui sera concerné, ce sera un accident industriel. Quand je vois aujourd'hui tout ce que fait Olivier Delcourt pour Dijon, le nouveau stade, le nouveau centre de formation, je trouve vraiment que le club ne mérite pas de descendre, à part au niveau de ses résultats. Est-ce que vous pourriez être amené à changer d'avis sur le format futur de la Ligue 1 si le FC Nantes venait à être relégué en fin de saison ?
J'ai un avis très simple. À partir du moment où le conseil d'administration m'a accordé sa confiance, je vois l'intérêt du football français, pas celui de mon club. Je défends mon club de l'autre côté de la barrière, sportivement et économiquement. J'ai démontré depuis 15 ans que sa gestion a été saine, même en période de pandémie. Il faut prendre en considération tout ça. lire aussi Monaco : Niko Kovac « aime la Ligue 1 à 20 clubs » Pensez-vous qu'une décision pourrait prise d'ici cet été ?
Tout est envisageable. C'est une question d'organisation. On entend parler de 18 clubs aujourd'hui, mais on a parlé de 16 aussi. Il ne faut pas prendre cette opération à la légère. Maintenant un autre problème va arriver et peut-être repousser le reste, ce sont les bilans présentés en fin d'année et les budgets planifiés pour la saison prochaine. Il va falloir les gérer, la DNCG va devoir prendre ses responsabilités. Au président de la Ligue (Vincent Labrune) de voir comment gérer la situation. Quand on arrive à envisager ce genre d'opération négative, cela ne se fait pas en un mois. Il faut prévoir. En prenant une décision, on laissera une trace. Entre 1997 et 2002, un retour à 18 clubs avait déjà été tenté et n'avait pas duré. Cela prouve-t-il que ce n'est pas la bonne solution ?
Ça prouve que c'est un problème délicat. Prenez la carte de la France et regardez les métropoles. Je le dis depuis des années, la richesse économique d'une région est très importante pour un club. On sait très bien qu'on a besoin des droits TV, du public et des sponsors. Il ne faut pas oublier tous ces gens-là. Si on met tout ensemble, ça peut fonctionner. lire aussi Nantes : Antoine Kombouaré contre une Ligue 1 à 18 clubs Quand on parle de 16, 18 ou 20 clubs, il faut voir quelle région est capable de le faire. Et penser aussi au système de descente et de montée. Vous imaginez, on parle de perdre des millions sur un seul match. Il faut mettre en valeur et en confiance les médias, pour ne pas qu'un grand club descende par exemple. Ce serait un manque à gagner énorme. Il faut bien réfléchir. »