Foot - L2 - Sochaux - Maxence Prévot (Sochaux) : « Ce serait trop dur » sans public

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Le gardien de Sochaux (Ligue 2) imagine mal jouer toute une saison à huis clos, tant la présence du public dans les stades lui semble indispensable.Né à vingt minutes du stade Bonal, à Belfort, Maxence Prévot, le capitaine de Sochaux (Ligue 2), fréquente cette enceinte depuis l'âge de 4 ans, quand son père l'emmenait suivre des matches en populaire. Cet hiver, alors qu'il était blessé à la pommette, le gardien de 23 ans est retourné en tribunes pour encourager ses coéquipiers en compagnie des ultras sochaliens. Une expérience qui l'a conforté dans l'idée que les supporters jouent un rôle décisif dans le spectacle sportif.« Comment envisagez-vous la saison prochaine de Ligue 2, qui débutera sans doute à huis clos ?Mal. Je me doute qu'il va falloir du temps avant que le public ne revienne dans les stades. Mais je ne me vois pas jouer toute une saison à huis clos, ce serait trop dur, à la fois pour les fans et pour nous. Ça ressemblerait à une saison de matches amicaux.Concrètement, qu'est-ce que ça change pour un joueur d'évoluer devant un public ?En tant que capitaine, je sors en premier du tunnel quand l'équipe pénètre sur la pelouse, ensuite, on salue les adversaires et je fais le "toss", avant de me diriger vers mon but. Eh bien, durant toute cette séquence, je peux vous dire que j'entends clairement les encouragements de Bonal : c'est un moment clé pour moi, durant lequel j'entre dans mon match.Faites-vous encore attention au public après le coup d'envoi ?Pas vraiment, même si, quand le ballon est loin de ma cage, j'entends les ultras - et ça m'arrive même de chanter leurs chants dans ma tête (il sourit). Les joueurs sont un peu dans leur bulle pendant les matches, mais ils ont besoin de se sentir soutenus, ou sifflés parfois, pour donner le meilleur d'eux-mêmes. Il y a un certain niveau de performance qu'il est difficile d'atteindre sans public. Combien de fois j'ai vu des joueurs épuisés qui ont été reboostés par des supporters en fin de match !Le huis clos va aussi vous empêcher de célébrer vos victoires avec vos fans...L'an dernier, on a arraché notre maintien lors de la dernière journée en battant Grenoble (3-1, le 17 mai) et le match avait été disputé à huis clos (*). On n'avait pas pu fêter ce résultat avec les supporters, même si on les entendait à l'extérieur du stade. C'était frustrant. Quand je réfléchis aux meilleurs moments de ma jeune carrière, je repense à des instants de communion avec le public. Comme l'ambiance de fou qui avait suivi notre victoire face à l'OM en huitièmes de finale de la Coupe de la Ligue (1-1, 4-3 aux tirs au but, le 13 décembre 2016). Je n'étais pas titulaire lors de cette rencontre, mais j'avais vécu le truc à fond.Les matches que vous avez suivis avec les ultras ont-ils changé votre perception du public ?Ça m'a conforté dans l'idée que les ultras sont essentiels. Ils encouragent l'équipe pendant 90 minutes, même quand elle encaisse un but, même quand ça tourne mal. J'ai aussi réalisé à quel point le public de Bonal est diversifié. On y trouve des spectateurs entre 5 et 90 ans, des acharnés de foot et des gens qui n'y connaissent rien, des supporters originaires de tous les milieux. Et j'ai l'impression que les endroits qui réunissent des personnes aussi différentes sont de plus en plus rares. »

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