Foot - L'enquête sur les dessous de Transfermarkt, le site devenu référence sur le mercato

L'Equipe.fr
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Dans un long article paru ce samedi, « Follow the money », une plateforme indépendante de journalisme d'investigation économique et financière, explique comment fonctionne Transfermarkt, parti de rien en 2000 et aujourd'hui incontournable. Entre bénévolat, méthode approximative, enjeux immenses et dérives.

C'est aujourd'hui une des principales sources d'information sur le ballon rond, et notamment pendant le mercato. Profils, statistiques, renseignements... Fondé en 2000 par un ingénieur informatique allemand, Transfermarkt est devenu un site de référence, gratuit, international, avec une base de données infinie, un référencement très performant et une fréquentation folle.

Mais comment fonctionne vraiment cette « machine » ? Follow the money, une plateforme indépendante de journalisme d'investigation économique et financière basée aux Pays-Bas, a enquêté.

Professionnel, mais pas officiel
Simple distraction d'un fan de foot à la base, Transfermarkt a vite pris de l'ampleur, devenant professionnel en 2008. Il y a, actuellement, environ 70 salariés. Mais, en réalité, le gros du travail est réalisé par des bénévoles (ou « parrains »), répartis par Championnat. Les deux auteurs de ce long article prennent l'exemple d'un d'entre eux, Martin Freundl, un assistant social de 28 ans en charge du suivi de la Bundesliga. Depuis 2017, sur son temps libre, il évalue la valeur marchande de chaque joueur.

Une méthode approximative
« Je pense que c'est une sorte de jeu. Vous faites une prédiction », indique Freundl. Alors que des organismes comme le CIES adoptent un raisonnement scientifique, Transfermarkt, à la manière de Wikipédia, se fie à l'expertise et au ressenti de ses collaborateurs, combinés à d'autres aspects (âge, poste, rendement...). Mais il n'y a pas d'algorithme. Le prix des joueurs est pourtant l'intérêt numéro un du site, vanté pour sa précision et son vaste répertoire.

Un impact et des enjeux énormes
Si Transfermarkt est très consulté par les supporters ou journalistes, il est aussi un outil pour les dirigeants et agents. Selon les interlocuteurs interrogés, les données renseignées servent même d'arguments lors des discussions. Josep Maria Bartomeu (ex-Barça), comme Jacques-Henri Eyraud (OM), ont déjà reconnu publiquement leur utilisation. L'UEFA, aussi, dans un rapport.

Des dérives possibles
Une trouble histoire mêlant le super agent Jorge Mendes au patron du Valence CF Peter Lim montre que certaines cotes pourraient être gonflées. Bart Tamsyn, qui gère la zone Belgique - Pays-Bas, évoque, lui, des propositions de « dîners ou des montres en échange d'une meilleure valorisation ». « Les clubs ne devraient pas prendre de décisions de transfert sur la base de nos chiffres », reconnaît d'ailleurs Christian Schwarz, responsable des valeurs marchandes. Selon le média néerlandais, « la valeur marchande estimée de Transfermarkt diffère d'environ 60 % des frais de transfert réels ».

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Le sujet complet (en anglais)

« Je fais ça pour le plaisir, et l'industrie du football vaut des millions. Ce contraste est dingue », résume Freundl, le référent Bundesliga. Ou comment un inconnu, derrière son tableur, peut jouer un rôle majeur sur des négociations de contrat à plusieurs chiffres...