Foot - LFP - La nomination de Nathalie Boy de la Tour à la tête de la LFP «n'a pas du tout été un choix par défaut»

L'Equipe.fr
Élue présidente de la Ligue de football professionnelle en novembre dernier, Nathalie Boy de la Tour veut faire de l'instance «un acteur qui aide les clubs à accroître leurs revenus pour permettre d'avoir le meilleur spectacle possible» .

Élue présidente de la Ligue de football professionnelle en novembre dernier, Nathalie Boy de la Tour veut faire de l'instance «un acteur qui aide les clubs à accroître leurs revenus pour permettre d'avoir le meilleur spectacle possible». Sans être candidate au départ, vous avez été élue présidente de la LFP à l'issue d'un Conseil d'administration rocambolesque. Pourquoi avoir finalement accepté ce poste ?Je n'étais pas candidate pour des raisons personnelles. Mon mari était gravement malade et lorsque j'ai été contactée à deux-trois reprises pour pouvoir prendre soit une présidence intérimaire, soit la présidence complète, je n'étais pas dans un état personnel me permettant d'accepter ces responsabilités. Il se trouve que les choses ont bien évolué au niveau de la santé de mon époux et donc j'ai pu saisir cette opportunité, chose qui était compliquée quelques semaines ou mois auparavant. (Ma nomination) n'a pas été du tout un choix par défaut. Je suis entrée en 2013 au conseil d'administration de la LFP, j'étais la première femme à y siéger. Je n'ai pas débarqué comme ça (rires) !Comment se sont passés vos premiers pas à la tête cette instance ?Finalement de façon très naturelle parce que je ne l'ai pas découverte. J'avais une bonne connaissance du fonctionnement des institutions, de la gouvernance et des missions qui incombaient au président. J'ai tout de suite pu mesurer l'ampleur de la tâche, confirmer que notre modèle avait besoin de réformes.Qui est Nathalie Boy de la Tour, la nouvelle présidente de la LFP ?Quel a été votre dossier prioritaire ?Mon rôle a consisté à fixer un cap pour notre football professionnel en lançant le plan stratégique 2022, et en définissant avec les membres du CA et l'ensemble des présidents de clubs une feuille de route, avec cinq priorités et une vingtaine d'actions identifiées, que l'on est en train de finaliser. L'enjeu, c'est que la Ligue n'apparaisse plus comme un organisateur de compétitions mais véritablement comme un acteur qui aide les clubs à accroître leurs revenus pour permettre d'avoir le meilleur spectacle possible.Selon la réforme des statuts, le président est censé avoir un rôle de représentation. Comment avez-vous réparti les rôles avec Didier Quillot, directeur général exécutif ?Cela s'est fait en fonction de nos compétences et de nos appétences. C'est une vraie complémentarité, on fonctionne comme un duo. Je vais plutôt m'appliquer sur les sujets liés à la communication, à la responsabilité sociale, au digital et à la mise en oeuvre du plan stratégique, qui correspondent à des savoir-faire que j'ai pu développer dans mes vies professionnelles antérieures, et Didier va être davantage sur le commercial et le marketing. Après, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le rôle de présidente va largement au-delà d'un simple rôle de représentation de la LFP au niveau des instances nationales et professionnelles. Ma lecture des statuts, c'est qu'en tant que mandataire sociale, je représente la Ligue dans l'ensemble des actions quotidiennes qui lui incombe et j'ai une zone d'intervention qui est très large.Comment allez-vous faire pour peser à la fois face aux présidents de clubs influents et au président de la FFF Noël Le Graët, qui vient d'être réélu, et empêcher qu'une nouvelle crise n'éclate ?La Ligue est effectivement un lieu de pouvoir où les ego sont forts. C'est également 43 clubs pros à gérer, 25 personnes dans le CA, qui peuvent avoir tous des intérêts personnels divergents. Donc il est vrai qu'effectuer la synthèse de cette somme d'intérêts personnels pour aller vers l'intérêt général, ce n'est pas toujours quelque chose de facile. Mais c'est réalisable. Regardez, il n'y a plus de crise de gouvernance (sourire), elle est apaisée. Je suis convaincue que l'intelligence collective reste plus forte que tout. C'est plus un travail de méthode qu'un travail d'objectif.Vous êtes la première femme à présider une instance majeure dans le foot français. Ce n'est pas encore assez ou cela reste un progrès ?C'est énorme déjà ce qu'il se passe dans le football. Je pense qu'il y a peu de sports qui font autant pour l'intégration des femmes au sein de leurs instances. On le voit à la Fifa ou à la FFF, il y a une vraie tendance à la féminisation. Je crois que le mouvement est en marche."

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