Foot - MLS - Hassoun Camara : «Je prendrais des risques à continuer de jouer»

L'Equipe.fr
Victime de trois commotions cérébrales avec l'Impact de Montréal en 2017 en MLS, le Français Hassoun Camara a préféré prendre sa retraite, à 33 ans, plutôt que de mettre sa vie en danger. «Ça fait peur, c'est vrai» , nous a-t-il confié, en expliquant sa décision.

Victime de trois commotions cérébrales avec l'Impact de Montréal en 2017 en MLS, le Français Hassoun Camara a préféré prendre sa retraite, à 33 ans, plutôt que de mettre sa vie en danger. «Ça fait peur, c'est vrai», nous a-t-il confié, en expliquant sa décision. «Cette décision a-t-elle été difficile à prendre ? J'aurais préféré continuer à jouer, c'est sûr. J'ai pris pas mal de coups à la tête cette année. J'ai eu des discussions avec les médecins, j'ai fait beaucoup de tests, qui ont montré que je prendrais des risques à continuer de jouer si je ne récupérais pas comme il faut. J'ai donc décidé de tirer ma révérence. Peut-on vraiment parler de commotions cérébrales en ce qui vous concerne ? Venant d'Europe, on ne parle pas trop de ces choses-là. J'étais très mal informé au sujet des commotions cérébrales. C'est un choc à la tête qui amène certaines perturbations par la suite, comme des pressions, des vomissements, des nausées, des fatigues chroniques... Ça a été difficile depuis le premier coup reçu (à Washington en 2016). Mais après, j'ai décidé de continuer à jouer, et j'ai enchaîné les matches. Cette saison, j'ai reçu trois nouveaux gros coups, le dernier il y a deux mois à l'entraînement. J'ai pris le genou de mon gardien en plein visage. Là, les médecins ont décidé de m'arrêter parce qu'il y a un protocole en MLS à respecter. Quelles règles faut-il suivre dans ce cas de figure ? Après trois coups diagnostiqués à la tête dans une même saison, tu es obligé de t'arrêter. Ta saison est terminée. Par principe de précaution, ils te mettent de côté. Ils t'obligent à faire des examens très poussés avec les médecins du club. Je me suis fié à eux, je leur fais entièrement confiance. Est-ce un protocole unique à la MLS ? Je ne sais pas. En tout cas, je ne pense pas que cela existe en Europe. Moi-même, je n'en avais jamais entendu parler avant de venir ici. Que se dit-on quand on se retrouve dans cette situation ? On n'aurait pas pris cette décision si cela n'avait pas été aussi précis. Elle a été naturelle. Ils m'ont poussé au maximum de ce que je pouvais faire. Le foot, c'est toujours possible en soi pour moi, mais il y a tellement de risques d'aggraver la situation que le choix est vite fait. J'espère vraiment récupérer et pourquoi pas me dire, dans six mois par exemple, que je serai apte et que les choses seront différentes. Il ne faut jamais dire jamais dans la vie. Mais aujourd'hui, il fallait prendre une décision. De quoi souffrez-vous exactement aujourd'hui ? Votre vie de tous les jours est-elle perturbée ? Oui, je ressens des symptômes. Mais ce sont des choses sur lesquelles j'ai envie de rester pudique. Ces dernières semaines, ça n'a pas été évident. Ma chance, c'est d'avoir travaillé au quotidien avec le club, avec les kinés et avec tout le staff médical. Avez-vous peur de conserver des séquelles irrémédiables ? Oui, ça fait peur, c'est vrai. Quand on voit les effets secondaires que ça peut entraîner, ce n'est pas anodin. Ce n'est pas une blessure à l'orteil ou au pied. Mais finalement, je suis assez serein parce que je suis vraiment bien entouré. Des gens compétents qui me connaissent bien s'occupent de moi. La Ligue prend les choses très au sérieux à ce niveau-là. Plus qu'en Europe et en France notamment ? Aux Etats-Unis, on est beaucoup plus attentifs aux commotions, c'est tout ce que je sais. Récemment, j'ai lu des déclarations d'Alan Shearer qui relevait justement ce problème en Europe et soulignait l'importance de faire des diagnostics plus précis, de sensibiliser les clubs en Angleterre à ce sujet pour la carrière des joueurs, mais surtout pour après. Ce sont des choses qui peuvent avoir des conséquences importantes. On sait à quoi on a affaire, on sait quels sont les symptômes, on peut relever ces choses-là et en référer aux médecins traitant de chaque club. Qu'allez-vous faire maintenant ? Je veux avancer au jour le jour, prendre soin de mon corps et de ma santé.»

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