Foot - National - QRM - Michel Mallet, président de Quevilly-Rouen, promu en Ligue 2 : « Ça colle bien à notre image »

L'Equipe.fr
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À la tête du club depuis 2001, Michel Mallet se félicite de voir l'US Quevilly-Rouen Métropole accéder à la Ligue 2 pour la deuxième fois en 4 ans. Le président rend hommage au travail de son entraîneur Bruno Irles et évoque aussi les perspectives de développement. « Vous avez eu le temps de vous y préparer, au vu de votre avance au classement (à égalité de points avec Bastia), mais qu'avez-vous ressenti mercredi soir, après l'officialisation de l'accession en Ligue 2 de Quevilly-Rouen ?
Je savais que ça allait arriver de la part de notre groupe, même s'il a fallu être un peu plus patient qu'on aurait aimé. J'ai beaucoup de fierté pour ce que Bruno (Irles) et son groupe ont réalisé. J'ai beaucoup de fierté pour notre club parce qu'on voit combien c'est difficile de sortir de ce Championnat de National. Le faire deux fois en l'espace de 4 ans, c'est beaucoup de satisfaction. Ça colle bien à notre image. lire aussi Andrew Jung sur la bonne route Éprouvez-vous le même sentiment qu'en 2017, lors de la première montée, malgré le contexte différent aujourd'hui ?
C'est forcément différent, Covid oblige. Et puis on est semaine, on n'est pas dans un stade et il n'y a pas de public. Ensuite, on ne jouait pas, on n'était pas tous ensemble pour tout partager. Je n'ai pas souhaité réunir hier (mercredi) soir le staff et les joueurs pour regarder le match ensemble pour attendre qu'Orléans (battu 1-3 par Villefranche-Beaujolais) se prenne les pieds dans le tapis. Ce n'est pas dans notre mentalité. On se réjouit de notre montée, mais il nous a manqué ce moment de partage et le piment que procure la réussite d'une saison. N'est-ce peut-être pas plus fort après les dernières saisons chaotiques, le départ de votre entraîneur historique Manuel Da Costa, le besoin de se reconstruire et l'échec du rapprochement avec le FC Rouen ?
Ce que j'en retire, c'est la grosse satisfaction depuis de plus de 20 ans de la stabilité qu'on a su installer avant qui nous a permis de passer tous les caps sans jamais risquer de "mourir". Noël Le Graët (président de la Fédération française), que j'ai côtoyé pendant longtemps au Comex (de la FFF), m'avait dit une phrase que j'ai prise en forme de conseil et qui a renforcé mes convictions : "Le football ne meurt jamais du sportif, il ne meurt que de l'argent." Quand on regarde tout ce qu'il s'est passé autour de nous depuis 10 ans, c'est vrai, peu de clubs sont morts du sportif. On en a encore l'illustration aujourd'hui avec Bordeaux malheureusement. Ma plus grande fierté est de n'avoir eu jamais aucun problème financier avec le club. C'est notre force. Michel Mallet, président de Quevilly-Rouen « En 2017, on avait un super job, mais sur 3 ans. [...] Là, on est repartis avec 2 ou 3 joueurs. On a apporté notre sérénité et notre organisation. Puis avec Bruno (Irles), ça a matché tout de suite » Où situez-vous cette saison dans votre livre des souvenirs par rapport aux précédentes épopées en Coupe de France (finale en 2012 et demi-finale en 2010) notamment ?
À la deuxième place, derrière le parcours en 2012. C'était quand même un énorme exploit. On n'aurait jamais pensé pouvoir battre Marseille et Rennes pour arriver au Stade de France. Sur le plan émotionnel, c'est inclassable. En revanche, ça vient devant (la montée en Ligue 2) 2017, parce qu'à l'époque, on avait fait un super job, mais sur 3 ans. On avait travaillé sur la stabilité d'un groupe un peu remodelé tous les ans. Là, on est repartis avec 2 ou 3 joueurs de la saison dernière. On a apporté notre sérénité et notre organisation. Puis avec Bruno, ça a matché tout de suite. Au-delà des performances, la nomination de Bruno Irles, qui avait déjà mené Pau à la montée en Ligue 2, comme entraîneur l'été dernier est-elle votre plus grande satisfaction ?
On est sur la même longueur d'onde. On a un peu les mêmes qualités : il avait envie d'avancer, d'être ambitieux, de pouvoir construire en ayant la main. On avait compris que ce qu'il n'avait pas eu à Pau était notre point fort à Quevilly. Que lui avez-vous offert de plus ?
La liberté, pouvoir être lui-même, pouvoir agir et développer avec ses convictions qui correspondaient bien aux nôtres. Ça a fait tout de suite un terreau fertile qui permettait de bien travailler. Il a fait un super boulot. Son avenir passe-t-il nécessairement par QRM la saison prochaine ?
Il n'y a pas de sujet. Bruno a deux ans de contrat avec nous. Il avait une année, plus deux en option si on montait. Il est prolongé d'office. On a envie de rester dans la continuité. On travaille déjà sur la saison prochaine depuis deux semaines. Que faudra-t-il faire pour éviter d'être relégué tout de suite en National, comme en 2018 ?
Il va falloir bien recruter, il ne faut pas se tromper. C'est la base. Il va falloir faire aussi bien que cette année, trouver les bons garçons aux bons postes. En 2017-2018, on avait déjà bien travaillé mais ça ne s'était pas joué à grand-chose. Il faut aussi qu'on puisse rejouer dans notre stade (Robert-Diochon) et qu'on retrouve notre public. Un centre de formation et une équipe féminine en préparation Est-ce que cette connaissance de la Ligue 2 peut vous aider ?
Oui, forcément. Maintenant, on n'a pas fait 5 ans de Ligue 2 pour dire qu'on a une grosse expérience. Mais parfois, bien enchaîner dans la spirale positive de la saison précédente, ça peut aider. On va y aller avec beaucoup d'ambition, de sérénité mais aussi d'humilité. Comment comptez-vous faire évoluer le projet désormais ? Quels sont les prochaines étapes et vos prochains objectifs ?
Pour continuer cette belle histoire, on va chercher à développer l'environnement d'entreprises autour de nous. Ça s'inscrit dans une logique souvent provoquée par une montée. En termes d'organisation au sein du club, on travaille déjà depuis 2 ans sur la création d'un centre de formation, qui devrait voir le jour dans 2 ans. On a aussi un projet de développement dans le football féminin parce qu'il n'y a rien actuellement sur la Métropole de Rouen. On espère aller se positionner rapidement en D2 féminine. Ce sont de bonnes perspectives d'autant plus qu'on a un oeil bienveillant de la part des collectivités locales, pour nous accompagner dans notre développement. » Irles : « Tellement fier de cette saison » Bruno Irles (entraîneur de Quevilly-Rouen) : « L'objectif de la montée (qui n'en était pas un) étant réalisé, place à la quête du titre et à la préparation de la prochaine saison. Je ne sais pas lequel de ces trois challenges est le plus compliqué. Je suis tellement fier de cette saison, de mes joueurs, de mon staff. Fier de rendre la confiance à ma direction. » - H. S.