Foot - National - Red Star - Mathieu Chabert, contacté par le Red Star : « Je suis dans une phase de réflexion »

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Limogé de son poste d'entraîneur de Bastia (L2) après 9 journées, Mathieu Chabert revient sur cette expérience et explique « peser le pour et le contre » avant de donner sa réponse au Red Star (National), qui souhaite en faire son coach. Peu importe la fin de son expérience à la tête du Sporting, Mathieu Chabert reste un amoureux de Bastia et de la Corse. C'est sur l'île de Beauté qu'il se voit passer sa retraite, une fois sa carrière d'entraîneur terminée. À 42 ans, l'Héraultais en est encore loin et compte bien rebondir rapidement, deux semaines après avoir été limogé par les dirigeants bastiais alors que l'équipe occupait la 18e place avec 7 points en 9 journées. Joint mercredi, en fin de journée, il est revenu sur la fin de cette aventure et a répondu sans détour aux questions sur les sollicitations du Red Star, qui l'a contacté pour prendre la succession de Vincent Bordot, en National. « Deux semaines, est-ce suffisant pour digérer l'annonce de son licenciement ? L'avez-vous compris ?
Oui, je l'ai digérée mais il y a d'abord eu une période difficile parce que c'était brutal. Dans mon cas, on part à l'entraînement et on ne sait pas que c'est le dernier. Je n'ai pas de rancoeur parce que ça fait partie de mon métier. J'entraînerai encore, donc je revivrai à nouveau un licenciement. Je le prends comme une expérience qui va me bonifier. « Je ne suis pas dans le monde de Oui-Oui, je savais que je n'avais pas un crédit infini » Vous ne l'aviez pas vu venir ?
Non, on voulait garder le cap qu'on s'était fixé, dans le jeu et l'investissement des joueurs. Je pense qu'on était dans la bonne direction pour prendre des points assez rapidement. Quand on est l'entraîneur d'un club comme le SC Bastia et qu'on ne gagne pas pendant cinq matches... Je ne suis pas dans le monde de Oui-Oui, je savais que je n'avais pas un crédit infini. Il faut l'accepter, mais je ne suis pas d'accord avec ce choix (des dirigeants). Quand on est promu, en apprentissage, on doit passer par ce genre de période en étant soudés et ça nous rend meilleurs. lire aussi Le calendrier et les résultats du SC Bastia Quel regard portez-vous sur le début de saison du Sporting avec vous ?
En note artistique, on serait très bien notés mais dans le foot, ça ne marche pas comme ça évidemment. Il y a eu de très bonnes choses dans le contenu mais il manquait le plus important : être capable de faire 0-0 quand on ne peut pas gagner et de mettre le deuxième but quand on mène 1-0. Je peux vous citer cinq-six matches, notamment à domicile, où on a eu l'opportunité soit de mener au score soit de se mettre à l'abri. Cet été, déjà, vous n'étiez pas certain de rester en poste malgré la promotion en L2...
J'ai toujours eu une relation de confiance avec mon président (Claude Ferrandi). C'est pour ça que ça a marché plusieurs saisons. C'était comme ça jusqu'au matin même où ça s'est arrêté. Les bruits dont vous parlez, quand on est entraîneur de Bastia, si on les écoute, on peut vite sortir de sa ligne de conduite. Ça s'est arrêté au bout de 9 matches mais bon... il en restait 29 derrière. Au final, je retiens qu'on était deuxièmes de N2 à 6 points de Sedan quand je suis arrivé (en octobre 2019) et je laisse le club professionnel en L2 vingt-trois mois après. lire aussi Régis Brouard nommé à la tête du SC Bastia Vous avez réussi deux montées en L2 avec les deux clubs que vous avez entraînés (Béziers et Bastia). Derrière, ça s'est moins bien passé (relégation avec Béziers la saison suivante). Ne craignez-vous pas de finir par être étiqueté "entraîneur de National"?
J'ai réussi deux fois à monter. Aujourd'hui, et je le dis avec humilité, je suis persuadé que je mérite d'entraîner en Ligue 2. Avec Béziers, après plus de trente ans en dehors du monde pro, on a été relégués avec 38 points (19es à 2 points du premier non relégable, 1 du barragiste). Et cette saison, elle ne compte même pas. Je veux montrer que j'ai la compétence pour entraîner en L2, voire plus. Vous sentez-vous déjà capable de relever un nouveau challenge ?
Bien sûr. Je ne suis pas impatient, mais j'ai beaucoup de détermination. Ma vie personnelle (*) comme professionnelle est faite de contretemps difficiles. J'ai 42 ans, il me reste vingt ans de carrière. Il y a dix ans, j'entraînais en DHR. Je me suis fait tout seul, sans carrière professionnelle (de joueur). J'ai la chance de pouvoir prendre mon temps mais si un club de L2 m'appelle, après-demain j'y suis. (*) Il a notamment dû patienter pendant un an pour pouvoir marcher à nouveau après qu'on lui a décelé une tumeur à la moelle épinière en 2002 alors que l'ancien gardien de but s'apprêtait à signer son premier contrat professionnel avec Istres. Vous avez été cité comme une piste sérieuse pour aller au Red Star. Avez-vous eu des contacts avec les dirigeants franciliens ?
Oui, ils ont fait part de leur intérêt le lendemain de mon éviction. C'est quelque chose de très agréable. J'ai rencontré les dirigeants. Ça s'est très bien passé mais je suis dans une phase de réflexion. Je dois donner ma réponse avant la fin de semaine. « Le Red Star a un projet intéressant... mais s'il était en L2, je ne me poserais pas la question : j'y serais déjà » Vous avez donc passé le stade de la simple prise de renseignements...
Oui oui, on a discuté de ma venue physiquement avec le président (Patrice Haddad) et le responsable du recrutement (Kevin Lesportes). Je réfléchis. Je dois donner ma réponse en fin de semaine. Aujourd'hui, je suis prêt à replonger tout de suite pour un club qui évolue plus haut (que le National). Même si le contact a été très bon avec les dirigeants, même si c'est un club emblématique comme l'était le Sporting quand je l'ai repris, je ne suis pas dans la même situation que quand je suis arrivé en Corse... Vous préféreriez relever un défi en L2 directement ?
Je suis quelqu'un de respectueux, quand on me contacte, je me fais le devoir de rencontrer les gens qui me présentent un projet. Le Red Star en a un intéressant... mais s'il était en L2, je ne me poserais pas la question : j'y serais déjà. Il faut bien peser le pour et le contre. J'estime avoir fait le tour du National et si je repars sur une expérience à ce niveau, je serai justement étiqueté entraîneur de National. » lire aussi Première victoire pour Habib Beye avec le Red Star

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