Foot - Série - Marcel Aubour, vainqueur de la Coupe de France en 1971 : « On faisait 10 ans avec une paire de gants »

L'Equipe.fr
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Marcel Aubour, vainqueur de la Coupe de France avec Rennes en 1971, n'a connu que les gants en laine. La première paire de gants qu'on vous a offerte ?
Personne ne m'a offert de gants. À la maison, on était huit enfants, j'avais sept soeurs alors elles s'en battaient les c... du ballon. Le seul cadeau que mon père m'a fait, c'était à quatorze ans, un short du Sporting Club de Toulon, un maillot rouge de gardien et un autre short molletonné pour amortir les plongeons. Les gants, je me les suis achetés tout seul et il n'y avait qu'une couleur, bleu marine. En bref 80 ans
1960 : débute en pro avec l'Olympique Lyonnais
1964, 1971 : remporte la Coupe de France, avec l'OL puis avec Rennes
1968 : dernière de ses 20 sélections avec l'Équipe de France (éliminatoires de l'Euro défaite 5-1 à Belgrade face à la Yougoslavie)
1977 : met fin à sa carrière, à Reims Aujourd'hui, une paire peut coûter jusqu'à 300 euros...
Hein ? Qu'est-ce que vous dites ? Les gardiens couchent avec alors ? C'était mon salaire à Lyon quand j'ai débuté ! 300 euros, il y a des lamelles d'or dedans ? (rires). La première fois que vous avez utilisé une paire de gants ?
En 1961 ou 62, avec Lyon, en nocturne car pour les matches dans la journée, on restait à mains nues. C'étaient des gants que j'avais dans le placard, que je mettais quand il faisait froid. Le club nous fournissait que dalle, il ne nous donnait même pas l'heure alors des gants... (rires) J'ai été professionnel pendant dix-huit ans et quand j'ai arrêté en 1978, j'avais toujours les gants en laine ! Mais Georges (Carnus), quand il évoluait au Stade Français, avait trouvé une maison qui s'appelait Au Petit Matelot, avenue de la Grande-Armée, et qui faisait des gants de laine avec à chaque doigt un revêtement de ping-pong. Les gants comme ceux d'aujourd'hui sont apparus plus tard et si je les avais connus avant, je n'aurais jamais relâché un ballon (rires). La paire à laquelle vous étiez le plus attaché ?
Aucune, je ne me suis jamais posé la question. On faisait dix ans avec une paire de gants, on n'avait pas les moyens, on ne gagnait pas 300 000 euros par mois, putain ! On faisait belote, rebelote et dix de der avec une paire (rires). J'en prenais plus soin que la prunelle de mes yeux. C'était mon outil de travail, je les rinçais, je les lavais, et je les faisais bien sécher. On s'en servait qu'une fois par semaine, le dimanche, pour aller à la messe. L'anecdote que vous n'avez jamais racontée ?
Quand il pleuvait, les gants de laine se détendaient et vous remontaient jusqu'à l'épaule, c'était abominable ! Alors j'appelais l'intendant en plein match et on mettait du scotch autour du poignet. »