Foot - USA (F) - Megan Rapinoe à la Maison Blanche pour défendre l'égalité salariale

L'Equipe.fr
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La star américaine du football féminin Megan Rapinoe a témoigné mercredi, devant le Congrès puis à la Maison Blanche, sur les inégalités salariales entre hommes et femmes, appelant à agir sans attendre pour combler les différences encore criantes à tous les niveaux de revenus. « J'ai été dévaluée parce que je suis femme », a lancé Megan Rapinoe après avoir rencontré le nouveau président américain Joe Biden, un « allié » avec lequel elle a affiché sa complicité. « Cette présidence est évidemment bien plus accueillante que la précédente », a ajouté dans un grand sourire celle qui avait promis qu'elle ne se rendrait pas à la « p... de Maison Blanche » lorsque Donald Trump en était le locataire. « Il s'agit de justice, il s'agit d'être fidèle à nos valeurs, a souligné de son côté Biden. Je vous remercie car vous êtes un exemple. » lire aussi Rapinoe et Morgan en France avec les États-Unis Deux fois championne du monde avec les États-Unis (2015, 2019), la Ballon d'Or féminin 2019 réclame avec toute son équipe nationale d'être payées autant que leurs homologues masculins, largement mieux rémunérés malgré des résultats sportifs inférieurs. En 2019, les joueuses internationales ont attaqué leur Fédération pour obtenir la parité, sans succès jusqu'ici. « Il est tout simplement inacceptable que nous nous battions encore pour l'égalité salariale, avait lancé plus tôt la footballeuse de 35 ans devant une commission parlementaire de la Chambre des représentants. Si cela nous arrive à nous, si cela m'arrive à moi, alors que nous sommes sous les projecteurs tout le temps, cela arrive bien entendu à toutes les femmes. » Trois mois de plus pour arriver à un salaire égal Elle était à Washington pour le « jour de l'égalité salariale », qui marque le temps supplémentaire qu'il faut aux Américaines pour rattraper le salaire empoché par leurs collègues masculins l'année précédente : près de trois mois. Pour chaque dollar gagné par un homme américain, une femme gagne 82 cents. Et les différences se creusent encore plus brutalement pour les femmes afro-américaines (60 cents) et les femmes hispaniques (55 cents), selon les organisations de défense de la parité salariale. La situation se répète « pour pratiquement tous les emplois sur lesquels nous avons des données », a précisé Nicole Mason, présidente du centre « Institute for Women's Policy Research ». Cela ne vient pas « des choix individuels des femmes » mais « de la sous-évaluation systématique du talent, des capacités et de ce qu'apportent les femmes au monde du travail. Si nous ne faisons rien, les femmes n'atteindront pas la parité économique avec les hommes avant 2059. Et pour les femmes de couleur, cela prendra plus d'un siècle. »« Mais nous n'avons pas à attendre, a déclaré Rapinoe. Nous pouvons changer cela dès maintenant, il faut juste en avoir la volonté. » Une pandémie aux effets « dévastateurs » Pourtant, le Congrès devrait tarder à agir, sous le coup des divisions profondes entre républicains et démocrates. La présidente démocrate de la Chambre Nancy Pelosi a promis jeudi qu'un nouveau texte pour « renforcer et moderniser » la loi sur l'égalité des salaires de 1963 serait adopté à la chambre basse en avril. Malgré leur très courte majorité, les démocrates ne disposeront toutefois probablement pas d'assez de voix pour faire ensuite avancer l'examen de ce texte vers un vote au Sénat. En attendant une avancée des parlementaires, le vaste plan de relance de Joe Biden, adopté en mars au Congrès, cible particulièrement les femmes. Car si les inégalités étaient déjà profondes, la pandémie a encore accentué les différences. Avec des effets dévastateurs, a déploré Nancy Pelosi dans un communiqué : « Des millions de femmes qui ont perdu leurs emplois et plus de deux millions qui ont été forcées de quitter tout simplement le marché du travail, dont plus d'un million de mères, faute d'un accès abordable à la garde d'enfants. »