Formule 1 - En Russie, Valtteri Bottas s'impose au bout de l'ennui

Sarah Frise

Sur le tracé de Sotchi, le pilote Mercedes a décroché la première victoire de sa carrière, après une course sans saveur. 

Elle lui aura échappé pendant un long moment. Valtteri Bottas aura dû attendre de prendre le départ de son 81e Grand Prix pour décrocher sa première victoire. Troisième sur la grille de départ, le Finlandais a pris un excellent départ, prenant très vite le dessus sur Sebastian Vettel. S’il a, en fin de course, du faire face à la pression rouge, il a réalisé une très belle course. Surtout, il a surclassé son coéquipier au niveau du rythme.


Hamilton plie sous la pression

Car c’est bien là le véritable exploit de Bottas. Malgré une petite erreur en fin de course, où un gros blocage de roues aurait pu lui coûter cher, l’ancien pilote Williams a collé une raclée au vice-champion du monde. Le Britannique a ainsi fini quatrième de ce Grand Prix, à plus de 35 secondes de son coéquipier… et à la régulière.

Cette contre-performance d’Hamilton fait clairement les affaires de Sebastian Vettel. Certes, le poleman aurait dû gagner cette course. Mais avec sa deuxième place, l’Allemand accroît son avance au championnat du monde de 6 points. Derrière les quatre intouchables, Max Verstappen a devancé les Force India de Sergio Pérez et Esteban Ocon. Avec quatre nouveaux points ajoutés à son compteur (et le meilleur résultat de sa carrière), le Français poursuit son objectif : ramener des unités à chaque course.

Le résultat complet de la course : 


Les tops :

1. Valtteri Bottas : Forcément ! Le Finlandais a connu un dimanche parfait ou presque. Parti troisième, il s’est parfaitement envolé pour chiper le leadership de la course à Vettel. “Sur cette course, le Finlandais a pris un excellent départ. Il fallait le faire, et il l’a bien fait“, confirme notre consultant Patrick Tambay. S’il a du rendre les rênes à l’Allemand à la faveur des arrêts aux stands, il a très vite repris son bien pour ne plus le lâcher. Seule une petite erreur est venue ternir sa course. En fin de course, alors que Vettel n’était pas encore revenu sur lui, Bottas a bloqué un peu trop ses roues. Parti au large, il est passé à deux doigts de la correctionnelle… et du mur. Infligeant une correction à son coéquipier (35 secondes à l’arrivée, c’est beaucoup), le remplaçant de Rosberg continue sa progression. Course après course, on le voit monter en régime, s’acclimatant à son nouvel environnement de travail. Prometteur pour la suite de la saison.


2. Esteban Ocon : Le Français a tout simplement signé le meilleur résultat de sa carrière. En début de saison, le pilote Force India avait affiché des objectifs forts : finir à chaque course dans les points, et pourquoi pas viser un podium. Si sa monoplace lui permettait aisément cette ambition, son manque d’expérience pouvait laisser dubitatif devant une telle assurance. Après avoir fini trois fois à la dixième place, Ocon s’offre une septième place méritée. Malgré un départ moyen, le Français est parvenu à suivre le rythme. A l’arrivée, il ne concède que 11 secondes à son coéquipier. Pas mal !

Les flops :

1. Le spectacle : Comment dire sans être vulgaire… cette course aura clairement été longue… très longue ! Pendant près d’une heure et demi, on a attendu, espéré, prié pour un dépassement, même un tout petit ! Mais rien, que dalle, nada ! Plus de 3 secondes séparaient chaque pilote, mettant à mal nos espoirs d’action. “Cette course a été d’un ennui… Pour être honnête, j’ai fini par m’endormir“, admet Tambay. Heureusement, dans les derniers tours de la course, Vettel est revenu comme un boulet de canon sur Bottas, apportant un petit suspense à cette course d’un ennui mortel. On nous avait promis des voitures plus spectaculaires. Elles le sont. Elles sont plus rapides, plus agressives. Pourtant, on a le sentiment de s’être fait avoir. Clairement, il n’y avait aucun intérêt à regarder ce Grand Prix de Russie ce dimanche.

2. Lewis Hamilton : On ne l’a pas vu ce dimanche. Un vrai fantôme ! Loin du rythme de son coéquipier ou des Ferrari, il a vécu une course banale. Rapidement distance de 4 à 5 secondes par le trio de tête, il n’a pas vraiment eu à s’inquiéter de Max Verstappen, cinquième de la course. Seule une petite surchauffe sur sa voiture a « pimenté » son dimanche. Mais pour le Britannique, ce week-end à Sotchi marque un tournant : Bottas a trouvé sa place et devient peu à peu une vraie menace. En qualifications, le Finlandais l’a à chaque fois surclassé. En piste, il lui a mis une sacrée claque. “Se prendre plus de 35 secondes par son coéquipier, c’est dur, très dur“, souffle notre consultant qui poursuit, sans concession : “j’ai l’impression qu’il n’est pas encore bien rentré dans le jeu du championnat, alors que les autres ont bien commencé. Il prend les choses encore un petit peu trop à la légère. Il se voit un petit plus beau qu’il ne l’est. Il ne s’est sûrement pas assez préparé.“. Il ne lui faudra pas trop tarder à réagir s’il ne veut pas se retrouver dans la même configuration que les années précédentes, avec un coéquipier pouvant clairement lui disputer la place de numéro 1 chez Mercedes.

3. Red Bull : Le Taureau Ailé a bien du mal à refaire son retard sur Mercedes et Ferrari. Max Verstappen a sûrement fait son possible pour remonter sur le quatuor de tête. Mais force est de constater que sa monoplace a des limites. Du côté de Daniel Ricciardo, le bilan est pire. L’Australien, auteur d’un départ pas terrible, a été contraint de rentrer aux stands au ralenti durant le cinquième tour. La faute aux freins de la RB13. Son coéquipier avait été victime d’un problème similaire à Bahreïn. Si le moteur Renault de la Red Bull doit recevoir une nouvelle évolution pour le prochain Grand Prix en Espagne, les hommes de Christian Horner vont devoir se dépêcher de mettre le doigt sur la cause de ces deux abandons. Sous peine d’accuser un retard impossible à rattraper au championnat. Un avis partagé par notre consultant. “Si Red Bull veut rester la troisième force du plateau, il va falloir qu’elle règle ses problèmes et vite.

Top… et flop :

McLaren : On vous l’accorde, c’est un brin moqueur. Mais impossible de ne pas revenir sur la course des monoplaces britanniques. Enfin « des »… nous devrions plutôt dire « de la ». Car celle de Fernando Alonso n’a jamais voulu prendre le départ de cette quatrième manche de la saison. Durant le tour de formation, l’Espagnol a bien senti que quelque chose n’allait pas sur sa capricieuse MCL32. Après avoir bidouillé deux ou trois réglages sur son volant comme lui ont demandé ses ingénieurs, il a subi la panne de sa voiture à l’entrée de la voie des stands, le moteur ayant rendu l’âme. Si l’on est habitué à voir de telles déconvenues aux McLaren cette saison, nous sommes bien obligés de saluer la performance de Stoffel Vandoorne. Alors ne nous emballons pas, le Belge n’a pas non plus réalisé une course exceptionnelle. Loin de là. Mais il a déjà réussi de conduire sa voiture jusqu’au drapeau à damiers. Et rien que ça, c’est une petite victoire !

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