Formule 1: Le Grand prix de Monaco 2022 est peut-être le dernier, voici pourquoi

Sergio Pérez (Red Bull Racing) et Kevin Magnussen (Haas F1 Team) lors des essais libres dans les rues de Monaco, vendredi 27 mai 2022. (Photo: SEBASTIEN BOZON via Getty Images)
Sergio Pérez (Red Bull Racing) et Kevin Magnussen (Haas F1 Team) lors des essais libres dans les rues de Monaco, vendredi 27 mai 2022. (Photo: SEBASTIEN BOZON via Getty Images)

Sergio Pérez (Red Bull Racing) et Kevin Magnussen (Haas F1 Team) lors des essais libres dans les rues de Monaco, vendredi 27 mai 2022. (Photo: SEBASTIEN BOZON via Getty Images)

SPORT - C’est sans doute la course la plus mythique du sport automobile. Avec ses stars, ses yachts et son circuit sinueux au bord de la Méditerranée. Le 79e GP de Monaco se déroule ce dimanche 29 juin (15h, Canal+)... Et il pourrait bien s’agir de la dernière édition.

Le contrat liant l’Automobile club de Monaco et la Formule 1 arrive à échéance cette année. Des négociations sont en cours pour une prolongation du contrat de trois à cinq ans mais à ce stade les deux parties n’ont toujours pas trouvé d’accord. Une situation inquiétante pour ce Grand Prix qui figure au calendrier depuis la création de la discipline en 1950 et existait même en tant qu’épreuve dès 1929.

Le Moyen-Orient et les États-Unis prioritaires

Hier rendez-vous majeur du calendrier, Monaco doit aujourd’hui faire face à la concurrence toujours plus importante des autres circuits, plus modernes, plus rapides. Le Rocher n’est plus aujourd’hui la référence des tracés urbains au calendrier, qui compte d’autres courses encore plus spectaculaires.

Parmi elles, le GP d’Azerbaïdjan et sa folle ligne droite de plus de deux kilomètres dans les rues de Bakou. Un circuit qui avait offert son lot de rebondissements l’an passé avec la troisième place du Français Pierre Gasly. Ou encore le Grand Prix d’Arabie saoudite, inauguré l’an passé dans les rues de Djeddah.

L’Arabie saoudite, l’Azerbaïdjan, le Qatar ou encore Bahreïn et Abu Dhabi... La Formule 1 mise avant tout sur le Moyen-Orient (ainsi que l’Asie) pour son développement. Des marchés prioritaires qui devraient se développer au détriment des courses en Europe, faute de place au calendrier, déjà surchargé avec 22 dates cette année (le GP de Russie ayant été annulé en raison de la guerre en Ukraine). De quoi faire trembler le Rocher.

D’autant que depuis le rachat de la F1 par le groupe américain Liberty Media, la discipline tente aussi de séduire le public américain. Le promoteur a annoncé en mars dernier l’arrivée du Grand Prix de Las Vegas en 2023, actant ainsi la troisième course de F1 au pays de l’Oncle Sam après les GP d’Austin et de Miami, dont la première édition a été disputée début mai. L’objectif affiché: surfer sur le regain d’intérêt de la discipline ces dernières années, notamment grâce à la série Netflix, Drive to Survive.

0 dépassement en 2021

Monaco a souvent été raillé pour son manque de spectacle en piste. Certes, il est ce ”GP où l’on flirte avec les rails à 300 km/h autour d’une marina”, comme l’écrit si justement Erik Bielderman dans les colonnes de L’Équipe. Mais sur le Rocher, les courses sont souvent soporifiques. Encore plus depuis les évolutions apportées aux monoplaces ces dernières années. Elles mesuraient 4,5m pour 600 kilos au début des années 2000. Comptez désormais un mètre supplémentaire et près de 200 kilos de plus pour la Formule 1, cru 2022.

Une morphologie XXL devenue inadaptée pour un tracé sinueux comme celui de Monaco. Pour les pilotes, cela revient à être un éléphant dans un magasin de porcelaine. Lewis Hamilton peut en témoigner. Le septuple champion du monde a passé un Grand Prix désespérant en 2021, bloqué derrière Pierre Gasly durant l’intégralité de la course. Il n’a d’ailleurs pas été le seul. L’an passé, aucun dépassement n’a eu lieu en course après le premier tour. Ce n’était plus arrivé en F1 depuis 2017 et le GP de Russie.

Nombre de dépassements observés lors de chaque course du GP de Monaco depuis 1986. (Photo: GRAPHIQUE OUEST FRANCE / DATA REDDIT U/CATCHINGISONETHING)
Nombre de dépassements observés lors de chaque course du GP de Monaco depuis 1986. (Photo: GRAPHIQUE OUEST FRANCE / DATA REDDIT U/CATCHINGISONETHING)

Nombre de dépassements observés lors de chaque course du GP de Monaco depuis 1986. (Photo: GRAPHIQUE OUEST FRANCE / DATA REDDIT U/CATCHINGISONETHING)

Reste que Monaco demeure l’une des trois épreuves qui compose la mythique “triple couronne”, avec les 500 miles d’Indianapolis et les 24 Heures du Mans. Le Graal de tous les pilotes. Dans ce contexte, Monaco semble certes menacé, mais toutefois moins que d’autres Grand Prix européen avec un bagage historique moindre. On pense notamment au GP de France au Castellet, lui aussi sur la sellette.

Si le circuit dans les rues de la Principauté n’est pas parfait, tous les pilotes s’accordent à dire que perdre Monaco serait une mauvaise nouvelle pour la discipline. “Je suis d’accord pour dire qu’en course, on peut changer certaines choses ici et là pour essayer de faciliter les dépassements, parce que les voitures ont changé et évolué et que ce n’est peut-être pas la meilleure piste pour dépasser, mais en termes de défi pour le pilote, c’est l’un des défis les plus difficiles pour nous dans l’année”, a notamment expliqué Charles Leclerc, le local de l’étape, en conférence de presse le 27 mai.

Questionné par nos confrères de L’Équipe quant à l’avenir du Grand Prix, SAS le prince Albert a ouvert la voie à des changements. “Je pense que l’on va devoir s’asseoir tous autour d’une table. Pas uniquement l’Automobile club de Monaco, le gouvernement et les dirigeants de la F1, mais aussi les pilotes, et des techniciens, des ingénieurs, pour voir ce que l’on peut envisager”, a-t-il déclaré, tout en précisant qu’il ne souhaitait pas que ces travaux engendrent “des dépenses exorbitantes” pour la principauté.

Le vrai enjeu sera -comme souvent en Formule 1- une histoire de sous. En coulisses, le prometteur de la F1 souhaiterait faire payer 20 millions de dollars à Monaco pour conserver son GP.  Soit 15 millions de plus qu’à l’heure actuelle selon Eurosport. “Cash is King”, comme avait déclaré Lewis Hamilton à propos des dirigeants de la F1 au début de la saison 2020.

D’ici là, le GP de ce dimanche s’annonce beaucoup plus haletant que les précédents grâce à un ingrédient supplémentaire: la pluie, qui pourrait venir pimenter la course.

À voir également sur Le HuffPost: Le GP de F1 de Miami moqué pour cette marina en plastique

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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