Frédéric Charrier : « Défensivement, Yoram Moefana est une valeur sûre »

Yoram Moefana empêche Hugo Keenan de passer lors de France-Irlande au Tournoi des Six Nations. (A. Mounic/L'Équipe)

L'entraîneur des arrières de Bordeaux-Bègles connaît par coeur Yoram Moefana. Il n'est pas inquiet pour son joueur, qui évolue habituellement au centre, malgré le duel qui l'attend avec Cheslin Kolbe.

Frédéric Charrier entraîne Yoram Moefana depuis 2019 à l'Union Bordeaux-Bègles. L'entraîneur des arrières du club girondin a vu l'éclosion du centre de l'équipe de France (22 ans) qui va fêter sa 10e sélection face à l'Afrique du Sud. Mais comme face à l'Australie la semaine dernière (30-29), c'est au poste d'ailier qu'il va débuter la partie. Le technicien décrypte le duel entre Yoram Moefana et son vis-à-vis sud-africain Cheslin Kolbe, qui sévit en Top 14 depuis plusieurs années, d'abord au Stade Toulousain (2017 à 2021) et maintenant sous le maillot de Toulon.

Le défi de son replacement à l'aile : « Dans des situations de finisseur il peut manquer de repères »« Yoram a les qualités pour jouer à l'aile. Il l'a déjà prouvé. Il est bon dans les duels, pour rester debout, franchir. Avec sa vitesse, il est capable de jouer ses un contre un en bout de ligne. Défensivement, Yoram est une valeur sûre. C'est sans doute pour cette raison qu'il a été préféré à des ailiers purs comme Lebel ou Raka. C'est plus dans des situations de finisseur qu'il peut manquer de repères. On l'a vu la semaine passée face à l'Australie, Damian Penaud ne s'est pas posé de question sur son essai. Il faut réagir et vite.

Crochet intérieur-extérieur, raffut, changer le ballon de bras. C'est ce qui peut manquer à Yoram sur des situations de un contre un. Idem sur les couvertures ou les bascules avec l'arrière, compenser n'est pas quelque chose qu'il a l'habitude de faire. D'autant plus que l'Afrique du Sud risque d'avoir un jeu au pied de pression. Sur ce rôle dans le champ profond, il devra être en alerte.

Les un contre un face à Kolbe : « Yoram devra laisser le moins d'espace possible »Dès que Cheslin Kolbe a un peu d'espace, il a cette capacité à ne pas perdre de vitesse sur ses changements d'appuis. C'est sa grande force. Yoram devra donc laisser le moins d'espace possible afin que Kolbe ne puisse pas se lancer. S'il trouve du champ, il sera presque impossible à arrêter. Même si la défense est collective, et que les Bleus défendent généralement très bien, Yoram devra être très vigilant là-dessus.

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Mais il est habitué à ça en club à l'entraînement avec des joueurs comme "Santi" Cordero, qui a cette qualité d'appuis, ou Madosh Tambwe. Yoram est à l'aise dans ce secteur. Quand il joue au centre, il sait parfaitement défendre la première ligne d'attaque et sortir dès que ça joue dans le dos pour aller cette fois chercher la seconde ligne d'attaque.

Son physique comme atout : « Sur la puissance, l'avantage est à Yoram »Attention, malgré un gabarit beaucoup moins costaud que Yoram, Kolbe reste un très bon défenseur. Mais il risque de subir la puissance de Yoram. S'il n'arrive pas à le déposer, il aura quand même l'avantage de passer les bras, rester debout pour faire jouer derrière lui. La clé pour Yoram pourrait être de faire jouer son physique. Ce qu'il sait très bien faire quand il joue au centre. Il n'est pas du genre à se poser des questions. Il aime les défis. La question est de savoir si ce sera un match ouvert ou fermé. Sur les duels aériens et les appuis, l'avantage est à Kolbe. Sur la puissance, l'avantage est à Yoram. Mais le plus important sera d'être performant sur, peut-être, l'unique ballon qu'il aura à exploiter. Parfois, tu as une munition et il faut être décisif. »