Le Français Hugo Tormento écrase Ötillö avec un temps historique

Hugo Tormento et Max Andersson ont remporté le Championnat du monde dans l'archipel de Stockholm en Suède. (J.-M. Gueye/ÖTILLÖ)

Le Français Hugo Tormento vient de marquer l'histoire du sommet mondial du swimrun. Avec le Suédois Max Andersson, il a remporté, ce lundi, l'Ötillö 2022, le Championnat du monde de swimrun dans l'archipel de Stockholm en Suède (en 7h01), avec plus de 37 minutes d'avance sur le précédent record.

Ötillö est connue pour être une des épreuves les plus brutales du monde. 70 km entre les rochers glissants des îles de l'Archipel de Stockholm (61 km de course à pied) et les remous de la mer Baltique (9 km de natation). Hugo Tormento et Max Andersson nous feraient presque revoir ce qualificatif. Car jamais une équipe n'avait parcouru les 70 km entre Sandham et Üto avec une telle aisance, en 7h01. Des mouvements de bras appuyés jusque dans les dernières des 23 sections de natation et une foulée légère jusque dans les derniers kilomètres vers la ligne d'arrivée d'Üto. Le duo franco-suédois vient de survoler Ötillö. Et de faire entrer l'épreuve originelle du swimrun, née d'un pari un peu fou il y a une vingtaine d'années entre quatre habitants de l'archipel, dans une nouvelle ère.

Michael Lemmel, directeur de course d'Ötillö

« Un tel écart sur une marque précédente, c'est du jamais-vu, c'est à peine croyable »

« C'est tout simplement bluffant. Extraordinaire. L'an dernier quand Oscar Olsson et Adriel Young battaient le record pour passer sous les 8 heures, je disais que ce chrono ne serait pas battu de sitôt. Hugo et Max viennent de le pulvériser de plus de 37 minutes (7h01). Un tel écart sur une marque précédente, c'est du jamais-vu, c'est à peine croyable », assure Michael Lemmel, directeur de course d'Ötillö.

Une avance dès l'épreuve de natation

Pourtant, au départ à Sandham à 6 heures ce matin, les traits du Français Tormento étaient tirés. « Honnêtement, malgré notre pari un peu fou (remporter toutes les courses de la saison avec son partenaire Andersson, Ötillö y compris, ndlr), je n'ai jamais ressenti trop la pression. Mais à l'approche du Championnat du monde, j'ai commencé à être beaucoup plus sollicité. Et aujourd'hui, les conditions étaient parfaites, vraiment parfaites. Paradoxalement, ça met une pression supplémentaire : c'était notre année, il ne fallait pas se manquer », raconte le Français.

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Alors les deux hommes appliquent leur plan à la lettre : profitant des grandes qualités de nageur de l'ancien international français, le duo s'éclipse dès la première natation. « On voulait partir devant et creuser l'écart pour ne pas ressentir la pression des poursuivants et éviter les cafouillages dans les parties glissantes. Notre ennemi à Ötillö, c'est surtout la chute et la blessure », poursuit Tormento.

Hugo Tormento

« Max et moi, cela a été un coup de foudre sportif et amical immédiat. Tout est simple et évident et empiler les kilomètres d'entraînement à ses côtés est vraiment un plaisir. Je suis extrêmement ému, je vis un rêve éveillé »

Et très vite, à la faveur de conditions idéales, une belle et douce météo et une température de l'eau à 17°C, le chrono s'affole. Le duo est largement en tête sur les prévisions et la logistique de la course doit s'adapter. Derrière, la bataille fait rage entre un duo mixte entreprenant, le vainqueur de l'année dernière Adriel Young et Amanda Nilsson (finalement 6e et 2e en mixte à l'arrivée) et plusieurs équipes masculines dont les Français Maxime Picaut et William Even.

Ces équipes auront beau s'employer, personne ne parviendra à grappiller ne serait-ce qu'une minute sur Tormento et Andersson. Bien au contraire, les deux hommes creusent l'écart jusqu'à passer la ligne d'arrivée avec 42 minutes d'avance sur la paire française Picaut et Even, 2e (une première pour un duo tricolore). À la clé, un record et des mines à peine marquées par l'effort titanesque que les deux vainqueurs du jour viennent de réaliser. « C'est dingue, c'était juste une journée parfaite dans la continuité d'une saison de rêve. Max et moi, cela a été un coup de foudre sportif et amical immédiat. Tout est simple et évident et empiler les kilomètres d'entraînement à ses côtés est vraiment un plaisir. Je suis extrêmement ému, je vis un rêve éveillé devant toute ma famille venue en Suède pour l'occasion », conclut, au bord des larmes, Hugo Tormento.

Après sa 3e place l'an dernier en compagnie d'un autre Français, Matthieu Poullain, et après quatre victoires en autant d'étapes de Coupe du monde cette année avec Andersson, le Français décroche le graal du swimrunner : s'imposer sur la ligne d'arrivée d'Ötillö, là où tout a commencé il y a près de 20 ans. Il est le premier athlète français à réaliser cet exploit.

Une paire suédoise en tête chez les femmes

Si la première équipe mixte est arrivée à Üto en 7h49, l'impressionnante équipée suédoise Alexander Berggen et Désirée Andersson qui termine 4e au scratch (avec un premier temps féminin sous les 8h pour Andersson), les premières femmes, Helena Sivertsson et Ulrika Eriksson, terminent Ötillö 2022 en 12e position au scratch avec un chrono record de 8h36, 20 minutes plus rapide que la précédente marque.