Le Français Sébastien Bouin est-il entré dans l'histoire de l'escalade avec le deuxième 9c du monde ?

Le Français Sébastien Bouin a réalisé dimanche une voie extrême dans le Verdon, « DNA ». S'il confirme la cotation (le niveau de difficulté), il pourrait devenir le deuxième grimpeur à signer une voie dans le 9c, soit le plus haut niveau d'escalade jamais réalisé en falaise. Historique.

Et si, dans le Verdon ce week-end, Sébastien Bouin avait marqué à jamais l'histoire de l'escalade française ? À ce jour, la voie en falaise la plus dure du monde s'appelle « Silence », située à Flatanger, en Norvège, libérée par le roi de la grimpe Adam Ondra en 2017. Cette voie extrême est cotée 9c (une voie est notée entre 3 et 9 en fonction de la difficulté, on ajoute les lettres a, b ou c et même un « + » pour graduer la complexité), soit le plus haut niveau de difficulté jamais réalisé en falaise.

Le Français de 29 ans Sébastien Bouin, l'un des meilleurs du monde en falaise, a équipé et réussi le dimanche 24 avril la voie appelée « DNA », à la Ramirole, dans le Verdon. Un projet de trois ans, réussi au bout de 250 essais (et 150 jours de travail dans la voie).

En escalade, quand un grimpeur signe une première ascension, c'est à lui de décider de la cotation de la voie, c'est-à-dire de son niveau de difficulté, selon ses ressentis et son expérience. Bouin hésite encore à placer cette voie dans le 9b + ou dans le niveau supérieur, le 9c. Ils sont une poignée seulement à avoir réussi un 9b + mais un seul est entré dans le 9c : le Tchèque Ondra. Sébastien Bouin serait donc le deuxième grimpeur de l'histoire de l'escalade à accéder à ce niveau.

Sébastien Bouin

« Notre sport est magnifique, nous n'avons pas besoin de juges, nous avons nous-même ce rôle. Être athlète et évaluer sa propre performance, c'est beau, mais en même temps difficile. »

« Si je prends en compte le fait que cette voie me convienne parfaitement, que j'y ai mis un investissement beaucoup plus grand que dans les autres voies, et que je ressens cette voie comme plus dure, le 9c semblerait approprié, explique Bouin, habitué aux projets extrêmes. Cependant, j'ai quand même de gros doutes. Est-ce que cette voie serait du même niveau que Silence ? Est-ce que je n'ai pas passé tout ce temps en partie à cause du processus de première ascension ? Choisir 9b + serait la sécurité. »

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En 2020 déjà, l'Allemand Alex Megos pensait avoir réussi une voie cotée 9c, avant de voir l'Italien Stefano Ghisolfi revenir sur sa notation l'année suivante, un cran en dessous donc (9b +), après avoir lui-même réussi l'ascension à Céüse, dans les Hautes-Alpes.

« Comme il n'y a qu'une proposition à 9c dans le monde, c'est assez dur d'être sûr et confiant, poursuit Bouin. Je n'ai jamais essayé une voie de difficulté similaire. Il faut prendre le 9c comme une « proposition », qui a maintenant besoin d'autres grimpeurs pour donner leurs avis - afin de confirmer où d'ajuster. [...] C'est la manière dont sont construites les cotations : la somme des opinions rend la cotation de moins en moins subjective. Notre sport est magnifique, nous n'avons pas besoin de juges, nous avons nous-même ce rôle. Être athlète et évaluer sa propre performance, c'est beau, mais en même temps difficile. »

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Depuis plus de 10 ans, Sébastien Bouin a réalisé plusieurs premières ascensions, encore jamais répétées par un autre grimpeur, en France comme à l'étranger. Il a appelé les meilleurs grimpeurs internationaux à venir essayer cette voie « DNA », « une voie magnifique, dans un lieu incroyable, pas trop excentré du reste du monde. Je pense que DNA a tous les atouts pour intéresser et plaire », conclut-il.

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