La France enchaîne péniblement face à la Hongrie lors de l'Euro

Evan Fournier a inscrit 12 points et délivré 5 passes décisives. (A. Mounic/L'Équipe)

L'équipe de France s'est imposée (78-74) dans la douleur face à la Hongrie, dimanche. Un deuxième succès des Bleus dans cet Euro, au lendemain de la victoire face à la Lituanie, qui leur assure une place en huitièmes de finale.

L'équipe de France s'est sortie sans dommage du dimanche des surprises, qui a mis au tapis la Slovénie, l'Espagne et la Turquie. À Cologne, les Bleus ont signé face à la Hongrie leur deuxième victoire de l'Euro (78-74), synonyme de qualifications pour les huitièmes de finale, sans se montrer très rassurants cependant.

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Ils ont retrouvé un Rudy Gobert solide (15 pts, 9 rbds) et signé de très belles séquences, dans la lignée de la victoire en forme de renaissance contre la Lituanie (77-73). Mais ils ont encore connu beaucoup trop de hauts et de bas, concédé trop de balles perdues surtout (20 !). Et ils ont réussi à se faire peur jusque dans les dernières secondes face à l'adversaire supposé le plus prenable du groupe B.

Vincent Collet avait encore modifié son cinq de départ, réintégrant le maître défenseur Andrew Albicy à la mène à la place de Thomas Heurtel. Pour la première fois depuis six matches, les Bleus ont dominé le premier quart-temps de la partie (21-17). Ils l'ont même écrasé dans les 7 premières minutes (19-5, 7e), avec une remarquable défense et une impressionnante domination dans le jeu intérieur : Guerschon Yabusele (17 pts au total) confirmait son excellent début d'Euro et Rudy Gobert, enchaînant les dunks, se libérait enfin après deux premiers matches insuffisants.

Des rotations qui tournent mal

Collet a ouvert son banc en grand, relançant notamment Amath Mbaye et Théo Maledon, qui n'avaient pas joué samedi. Mais cette fois, les rotations n'ont pas eu l'effet escompté.

Les Français retombaient dans leurs travers, manquant d'agressivité et de rigueur : 6 balles perdues dans les dix premières minutes, aboutissant à 12 points hongrois. La star magyare Adam Hanga, qui n'avait pas joué les deux premiers matches (ischio-jambiers), était bien présente (18 pts, 4/8 à 3 pts) et relançait son équipe, qui passait un 11-0 (19-16, 10e).

Excellents shooteurs, les Hongrois flinguaient à tout va derrière l'arc (29-28, 14e), avec une incroyable réussite (5 réussis sur leurs 7 premières tentatives). Une flambée de Timothé Luwawu-Cabarrot (7 points en une minute) redonnait de l'air à l'équipe de France (38-31, 17e).

La Hongrie ne baissait pas la tête (42-39 à la pause) et revenait même à égalité dès la reprise sur un panier primé de l'Américain naturalisé Mikael Hopkins (42-42, 21e).

Le cinq de départ était cependant revenu aux affaires défensives, Andrew Albicy en tête qui chipait un ballon à David Vojvoda et provoquait une faute antisportive. Les Magyars étaient à nouveau muselés (54-42, 24e). Après une série d'Evan Fournier (12 pts au total à 4/10), la partie semblait enfin jouée (65-50, 29e).

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« On se met la pression tout seuls »

C'était sans compter un nouveau trou d'air français dans le quatrième quart. Quatre minutes sans le moindre point, des erreurs défensives coupables permettant à Vojvoda de réussir une improbable action à quatre points (panier primé plus faute de Luwawu-Cabarrot), des balles perdues encore et toujours, des absences au rebond.

Résultat, à une minute du terme, les Bleus sentaient à nouveau le souffle des Hongrois sur leur nuque après un énorme shoot à sept mètres d'Adam Hanga (74-72, 39e).

Yabusele, un rebond offensif décisif

À 15 secondes de la sirène, Andrew Albicy manquait ses deux lancers francs, mais Guerschon Yabusele ne laissait pas le temps aux tremblements, arrachant immédiatement un rebond offensif crucial. Le joueur du Real Madrid ne tremblait pas sur la ligne (76-72, 40e), puis Evan Fournier scellait la victoire en convertissant à son tour ses deux tentatives (78-74, score final).

« On se met la pression tout seuls, on n'arrive pas à jouer notre basket et eux en profitent, avouait Vincent Poitier au micro de Canal +. Dans ce genre de match, il faut arriver à être concentrés. On se fait peur, mais heureusement on s'en sort avec la victoire. »

Les Bleus auront un jour de repos bienvenu lundi avant de poursuivre leurs travaux d'Hercule dans ce terrible groupe B mardi (14h30) contre la Bosnie. Face à un adversaire qui les a dominés en préparation (96-90) et se présentera galvanisé par son exploit de dimanche contre les Slovènes (97-93), il n'y aura pas besoin de les prévenir du danger.

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