France-Espagne - Didier Deschamps : "On se rapproche des exigences du haut-niveau"

Après la courte victoire en Bulgarie (1-0) et à la veille du match face à la Biélorussie, Didier Deschamps s'est présenté en conférence de presse.

Didier Deschamps a été interrogé à plusieurs reprises sur l'arbitrage vidéo qui a été en défaveur de l'équipe de France ce mardi contre l'Espagne (0-2). Le sélectionneur des Bleus a aussi souligné la grosse prestation de la Roja tout en protegeant ses jeunes joueurs. Il estime que c'est sur ce genre de match que les Tricolores se rapprocheront du haut-niveau.

Hormis la défaite, qu'est-ce qui ne vous a pas plu ?

Didier Deschamps : D'avoir une équipe espagnole aussi bonne. Je savais qu'elle avait de belles qualités, mais elle est toujours d'un très haut-niveau. En première mi-temps, on a autant d'occasions qu'eux, en souffrant. Ils nous ont obligé à défendre et quand on récupérait le ballon on le perdait. On les a un peu plus bousculés en deuxième, mais contre une équipe comme ça la moindre erreur peut avoir des conséquences immédiates. Il y en a qui ont découvert le niveau international, ce n'est jamais agréable de perdre. Mais c'est là aussi qu'on se rapproche de toutes les exigences du haut-niveau.

Qu'avez-vous pensé de l'arbitrage vidéo ?

On était averti, mais on ne va pas résumer le match à ça. C'est à notre défaveur, que ce soit sur notre but hors-jeu ou le but espagnol. Le penalty, je l'ai revu, mais j'ai quelques doutes sur l'interprétation. J'ai été debriefé ça avec les arbitres. La vidéo confirme bien le contact. C'est une expérimentation, mais c'est à travers les matches et des situations comme ça qu'on va pouvoir permettre d'étendre certaines choses sur différents points pour savoir également quand l'utiliser. En revanche, si ça permet de corriger des erreurs, comme ce soir, ça me semble logique.

Avez-vous l'impression que le football est passé dans une nouvelle ère ?

Nouvelle ère, je ne sais pas. C'est une orientation différente. Pourquoi pas ? Si on peut corriger les erreurs, je ne vais pas aller à l'encontre de cela. Oui, ça change, mais si on va dans ce sens-là, il faudra bien s'y habituer.

Qu'avez-vous pensé de la titularisation de Kylian Mbappé ?

Il a beaucoup de maturité. Il n'avait pas d'appréhension. Il avait de très bons joueurs en face de lui. Il a fait voir ce qu'il sait faire en termes de vitesse et de déplacements. Il n'a pas tout réussi, mais il est dans une bonne période. L'Espagne, c'est un niveau encore plus élevé, mais sur certaines actions il a fait voir tout son potentiel.

Pensez-vous que la vidéo est tout de même une petite révolution vu le scénario ?

Le résultat n'aurait pas été le même sans la vidéo, c'est sûr. Mais ce n'est pas une révolution, c'est une évolution. Pour ou contre, chacun aura son avis. Moi, ce que je souhaite, c'est clarifier les points où la vidéo peut intervenir. Cela sert aussi même si ce (mardi) soir c'est en notre défaveur. Si ça doit avoir un apport, il faut que cela ait un apport très précis.

N'avez-vous pas l'impression, après un tel match, que la marche est encore un peu haute pour les jeunes ?

Les joueurs que j'ai choisi ont le potentiel. Au niveau international, le niveau est plus élevé. L'Espagne, c'est le top niveau. Il y a un décalage important, mais ça passe par là. Ils ont fait de très bonnes choses avec leur club et ils doivent continuer. Bien sûr que je vais analyser tout ça avec mon staff. L'expérience va venir en accumulant du temps de jeu. Il y a beaucoup de points positifs avec la jeunesse. Ils ont l'énergie, l'enthousiasme, mais les exigences sont très élevées à l'échelon international. J'ai toujours accordé beaucoup d'importance à ceux qui ont du vécu, même si on a envie d'ouvrir la porte aux jeunes et que je suis partisan de ça. Mais il ne faut pas oublier ce qu'ont fait et sont capables de faire les joueurs qui ont un peu plus de bouteille, comme on dit.


Benjamin Quarez, au Stade de France

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