Comment la France a mis la main sur le handball

PHOTO CHARLES PLATIAU / REUTERS

C’est l’histoire d’un pays qui a appris à aimer les poteaux carrés. En France, le handball n’a longtemps été qu’un sport de préau et de cours d’EPS (éducation physique et sportive) que les collégiens et lycéens pratiquaient un trimestre par an mais qu’ils s’empressaient d’oublier ensuite en même temps que le théorème de Thalès et le subjonctif imparfait.

Il a fallu une génération spontanée – les autoproclamés “Barjots” de 1992, médaillés de bronze aux Jeux olympiques de Barcelone – pour sortir le handball du ronron du sport scolaire, et la foi méthodique d’une poignée de profs de gym pour construire dessus l’une des plus belles machines à gagner de l’histoire du sport.

Le sport collectif français, nourri comme peu d’autres aux mamelles de l’immigration et des subventions, s’est globalement réveillé dans les années 1980-1990, décrochant des titres et des médailles en football, rugby, basket, volley. Aucun de ces sports n’a le palmarès du handball : deux médailles d’or olympiques, huit couronnes mondiales, quatre sacres européens. Chez les garçons, “Barjots”, “Costauds” ou “Experts” ont rapporté 19 médailles internationales, n’ont été absents que trois fois des podiums mondiaux (sur 13 éditions) et sont allés en finale des trois derniers tournois olympiques.

La réussite du handball français est si moderne qu’elle est même inclusive et non genrée, puisque la FFHB est l’une des rares fédérations qui accorde autant d’intérêt et de moyens à ses équipes masculine et féminine. Les deux sont actuellement championnes du monde en titre. En remportant pour la première fois le Championnat d’Europe en décembre dernier, les filles ont ajouté un 14e titre dans la vitrine de la fédération. Malgré l’absence en Allemagne et au Danemark de leur star Nikola Karabatic (blessé), les Bleus seront en quête d’une septième étoile depuis la première en 1995.

Une longévité inédite

Toutes ces batailles n’ont été gagnées que par quelques généraux. Daniel Costantini, le père de la méthode, a été sélectionneur de l’équipe masculine durant seize ans. Claude Onesta lui a succédé de 2001 à 2016, avant de passer le relais à l’ancien défenseur Didier Dinart. Olivier Krumbholz a entraîné l’équipe féminine de 1998 à 2013, et de nouveau depuis 2016. Philippe Bana est le directeur technique national (DTN) depuis 2000. Joël Delplanque, réélu en 2017, préside la fédération depuis 2008.

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