Frances Tiafoe, vainqueur de Rafael Nadal en huitièmes de l'US Open : « Je pourrai raconter ça à mes enfants »

Frances Tiafoe, vainqueur de Rafael Nadal en huitièmes de l'US Open : « Je pourrai raconter ça à mes enfants »

Très ému après sa victoire contre Rafael Nadal (6-4, 4-6, 6-4, 6-3), lundi en huitièmes de finale de l'US Open, l'Américain Frances Tiafoe a vécu le moment le plus fort de sa carrière.

« Comment analysez-vous votre performance du jour, une victoire de prestige face à Rafael Nadal en huitièmes de finale de l'US Open ?

Une sacrée performance ! J'ai très bien joué aujourd'hui (lundi). Je suis arrivé sur le court en sachant que je pouvais y arriver. Je suis un joueur différent de celui qui l'avait affronté deux fois (à Melbourne et Madrid en 2019, deux victoires de Nadal). Je voyais tous ces jeunes réussir à battre Rafa, Fed ou Novak. Je me disais : « Est-ce que je vais pouvoir dire un jour que j'ai battu un de ces mecs ? » Aujourd'hui, je me suis dit : « je vais le faire ». C'est quelque chose que je pourrai raconter à mes enfants et à mes petits-enfants : Oui, j'ai battu Rafa. Avec un peu de chance, je ne rejouerai pas contre lui pour finir sur une victoire (sourire).

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À quoi pensiez-vous après la balle de match ?
Je ne pensais à rien, j'avais l'impression que le temps s'était arrêté. Pendant une minute, je n'entendais plus rien. Je ne me souviens même plus de ce que j'ai dit à Rafa au filet. J'étais déjà en larmes. Je le voyais à peine, je voyais à peine mon équipe. Mon coeur battait à 10 000 à l'heure, il fallait que je m'assoie une minute. Je n'avais jamais ressenti ça de toute ma vie.

« Beaucoup de mecs jouent très bien. Je ne pense pas qu'il y aura un nouveau Big 3, il y aura un Big... 12 ! »

Sur le court, vous avez évoqué votre fierté que vos parents soient présents, en tribunes. Pouvez-vous raconter votre histoire et ce que ce moment représente pour vous ?
Je suis un fils d'immigrés. Mes parents sont nés et ont grandi en Sierra Leone. Ils sont arrivés aux États-Unis à la fin des années 80 ou au début des années 90. Ils se sont rencontrés ici et ont eu mon frère jumeau et moi. Mon père était agent d'entretien, ma mère infirmière, elle avait deux boulots et travaillait la nuit. Pour nous, le tennis, c'était un moyen de sortir du quartier. Ce n'était pas censé devenir ça.

Mon père se disait que ça serait cool que le tennis nous permette d'obtenir une bourse universitaire. On n'avait pas les moyens d'aller à l'université donc on a utilisé le tennis. Et puis on a commencé à voir Serena et Venus (Williams) disputer des finales de Grand Chelem. Je me disais : ça serait cool de jouer à Wimbledon, de jouer sur le Arthur-Ashe. J'avais une passion énorme pour ce sport. Le fait qu'ils m'aient vu battre Rafa Nadal... Je ne peux pas imaginer ce qu'il se passait dans leur tête. Ils s'en souviendront toute leur vie.

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Avez-vous vu le tweet de LeBron James ?
Mec ! J'étais comme un fou dans le vestiaire en voyant ça. C'est mon gars sûr. Je me suis dit : « bon, je vais faire comme si je n'avais rien vu ». J'ai attendu trois heures pour retweeter. Il sait que je suis un grand fan. J'ai aussi reçu un message de Rich Paul, c'est super cool. Je suis supporter des Wizards. Bradley Beal était là. C'était son premier match de tennis. On a discuté après le match. Il veut revenir. C'était une journée spéciale pour moi.

Pour différentes raisons, le Big 3 est absent des quarts de finale. Ils ne seront bientôt plus là. Comment imaginez-vous la suite sans eux ?
Ça fait combien d'années qu'on dit ça ? (sourire) Que Nick (Kyrgios) joue très bien, c'est génial pour le tennis. Qu'il joue en simple ou en double, il remplit les stades. Alcaraz a une super personnalité. Sinner. Moi. On me soutient beaucoup. Les Américains Tommy (Paul), Fritz... Beaucoup de mecs jouent très bien. Je ne pense pas qu'il y aura un nouveau Big 3, il y aura un Big... 12 ! C'est bien de voir apparaître une nouvelle génération. »

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