Freefly - Freefly : Grégory Crozier et Karine Joly, le duo peaufine son show dans la soufflerie

L'Equipe.fr
·3 min de lecture

Champions du monde en titre de freefly, Grégory Crozier et Karine Joly se sont entraînés cette semaine dans la soufflerie de La Villette, à Paris. Les deux Français ont minutieusement répété leurs mouvements. Reportage. Le centre commercial du parc de la Villette, fermé en cette période de crise sanitaire, était rempli de vie ce lundi. Grégory Crozier et Karine Joly, champions du monde de freefly en titre, s'adonnaient à leur activité favorite dans la soufflerie parisienne : voler. Juste à côté de la Cité des Sciences, le cadre est unique en France. Un tube au beau milieu de la galerie commerciale, qui en temps normal offre un joli spectacle aux visiteurs, désormais absents.

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Une fois le ventilateur enclenché, soufflant de l'air à plus de 120 km/h, le ballet aérien peut commencer. Majoritairement en duo, quelques fois en trio avec la présence d'un vidéoman, les champions du monde 2018 tourbillonnent dans le tube et enchaînent les figures. La soufflerie est un passage obligatoire pour ces athlètes, comme un simulateur pour un pilote de Formule 1. lire aussi Grégory Crozier : « On enchaîne jusqu'à douze sauts par jour » Rien n'est laissé au hasard, pour ce vol qui est comme une musique. « Ces 45 secondes de chute doivent être parfaites, et dans le bon timing, précise Grégory Crozier. On a beau avoir un super chanteur et un super guitariste, si le batteur ne suit pas, ça ne fonctionne pas. Le batteur, c'est le vidéoman. Si on va trop vite, ou trop lentement ça ne va pas. On répète au sol, en l'air, puis de nouveau au sol, etc. On se doit d'être irréprochable dans notre timing. Si à 46 secondes, notre composition n'est pas terminée, c'est un drame. Les juges stoppent la vidéo à 45 secondes, et si on est encore en pleine exécution, on sera pénalisé. Pareil si on termine trop rapidement, et qu'il reste deux ou trois secondes de vide. » Karine Joly « On apporte chacun notre part et notre magie » Il n'y a aucune place pour l'inexactitude dans la chorégraphie du couple. Karine Joly et Grégory Crozier étudient minutieusement les disciplines artistiques pour s'inspirer dans leur programme libre. « J'ai un dossier avec les figures qui attirent mon attention, déclare Karine Joly. Elles viennent du patinage artistique, du Cirque du Soleil... Puis avec Grégory, on voit si elles sont faisables. On apporte chacun notre part et notre magie pour les mettre sur pied et rendre le segment concret. Dans un saut, il y a quatre parties. Dans nos sauts libres, on garde toujours un squelette une fois que notre programme nous convient. Puis on améliore, on change l'ordre, on complexifie. On apporte ces petits détails qui rendent les sauts libres encore meilleurs. » Ensemble, ils jugent de la faisabilité et de la technicité de la figure, afin d'évaluer si elle peut s'intégrer à leur programme, et combien d'heures il leur faudra pour parfaitement la maîtriser. Leur saut libre est un travail de longue haleine sur deux ans, le temps qui sépare chaque championnat du monde, avec une rigueur pour aussi assimiler les sauts imposés. « Normalement, on devrait entraîner autant les sauts libres que les imposés, qui ont une rigueur quasi militaire, ajoute Grégory Crozier. Mais les sauts libres sont nos bébés, nos créations à nous. Donc forcément, on a tendance à plus les faire plus souvent. » Pas de championnat du monde en 2021 ? Le duo français attend encore de savoir si la prochaine édition des championnats du monde aura lieu en août 2021. Déjà reportée d'un an, l'édition 2020 ne devrait sans doute pas voir le jour, étant donné que de nombreuses fédérations n'ont pas pu reprendre l'entraînement.