Gaëlle Hermet : « On aura l'amertume encore longtemps »

Gaëlle Hermet face à la Nouvelle-Zélande. (D. Rowland/Reuters)

Toujours dégoutée par la défaite des Bleues en demies contre la Nouvelle-Zélande (25-24), la capitaine tricolore Gaëlle Hermet a souligné l'importance de finir le Mondial sur une bonne note contre le Canada samedi (4h30), lors de la petite finale.

« Comment va le moral des troupes entre la demie perdue contre les Black Ferns et la petite finale prévue ce samedi ?
C'est dur de basculer, ce n'est pas si facile que ça. Quand on perd un match comme ça pour un point, quand on est si proche de s'ouvrir les portes de la finale, c'est difficile. On aura l'amertume encore longtemps. Même si là, on a basculé parce qu'il faut absolument préparer le match contre le Canada. C'est une très belle équipe, qui elle aussi va aller se chercher cette place-là, hyper importante pour elle. On n'a pas le droit de rester sur nos émotions.

Ces émotions justement, comment les évacuer ?
Ces émotions resteront encore dans quelques mois et quelques années. On n'a pas de regrets, mais on en a forcément un peu (sourire). C'est bizarre, je sais. Parce qu'on a tout donné, on a fait tout ce qu'on pouvait. Mais quand on regarde le match, quand on y repense, on a des petits regrets sur quelques détails. Mais pas sur l'état d'esprit et l'engagement qu'on a pu mettre. Même si tout ça reste au fond de nous, c'est important de switcher parce qu'on a l'opportunité de finir sur le podium et ce n'est pas rien. Le groupe mérite ça, on a vraiment toutes à coeur d'y arriver, pour mille raisons : que ce soit pour les filles qui arrêtent la sélection, pour des membres du staff qui vont arrêter, pour le groupe qui ne sera plus jamais le même. C'est important de finir sur une belle note.

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En quoi est-ce important de bien finir ce Mondial pour les futures retraitées internationales ?
Cette semaine, on a eu un petit moment pour remercier celles qui vont arrêter. On les a mises à l'honneur. Depuis le début, on sait que ces joueuses-là vont arrêter. C'est quelque chose qui est souvent revenu dans nos discours, qui a été une source de motivation aussi, de se dire que ces filles-là sont des icones du rugby féminin, des joueuses qui ont beaucoup donné, que ce soit Marjo (Mayans) qui a donné à 7 et à quinze, ou à ''Grande'' (Ferer), Safi (N'Diaye) et ''Loulou'' (Sansus) qui se sont investies à 200 % à quinze. On a envie de leur rendre tout ça, parce qu'au-delà des joueuses qu'elles sont, ce sont des nanas qui ont un coeur énorme et qui méritent de finir de la plus belle des façons.

Ce match peut aussi permettre de bâtir pour l'avenir...
Complètement. On a une génération qui arrive avec les filles qui ont vécu pour la plupart une première Coupe du monde, il y a des choses qui peuvent être incroyables pour les années à venir. Sur l'instant T, on vivait pleinement cette compétition, mais bien sûr qu'on pense aussi à la suite. Après cette Coupe du monde, la vie ne va pas s'arrêter, le rugby ne va pas s'arrêter. L'objectif est de continuer à bâtir sur nos dernières performances. Depuis le match contre l'Angleterre (défaite 7-13 en phase de poule), il y a eu un réel déclic, sur le terrain, sur l'engagement et sur le jeu qu'on voulait produire. Même si tout n'a pas été parfait, il y a eu une montée en puissance sur chacun de nos matches. C'est de très bon augure pour la suite.

Cette Coupe du monde a-t-elle été une bonne préparation au niveau international pour les jeunes joueuses ?
C'est sûr que ces joueuses ont pris de l'expérience même sans avoir un grand temps de jeu. Elles ont un état d'esprit exemplaire à chaque fois, sur les semaines d'entraînement. Elles nous ont fait énormément travailler, elles se sont investies comme si elles jouaient le week-end. C'est ça aussi qui fait que cette équipe de France est pure, est soudée. On ne voit pas la différence entre les joueuses qui vont jouer le week-end et celles qui ne sont pas prises. Bien évidemment, je pense que l'expérience acquise est importante même si elles n'ont pas beaucoup joué sur le terrain. Quand tu vis une Coupe du monde, forcément que tu prends de l'expérience, dans différents secteurs, pas forcément sur le plan rugbystique, mais au niveau humain, dans la gestion d'un groupe... Je pense que cette Coupe du monde aura été riche en leçons et en apprentissage. »