Gaëlle Mignot, avant le quart de finale du Mondial : « Les Italiennes n'ont rien à perdre »

Gaëlle Mignot (ballon en main, ici au côté d'Alexandra Chambon), entraîneure de la mêlée de l'équipe de France. (A. Réau/L'Équipe)

L'entraîneure de la mêlée des Bleues, Gaëlle Mignot, s'attend à un quart de finale du Mondial difficile face à l'Italie, samedi (5h30 heure française), même si elle a confiance en la capacité de l'équipe de France à réaliser une grande performance.

« Comment avez-vous trouvé les joueuses cette semaine avant le quart de finale contre l'Italie ?
Je sens que les joueuses sont pleines de joie, pleines d'envie. On sent que l'on bascule dans une autre compétition. C'est la phase finale, on l'attendait depuis un moment. On a fait ce qu'il fallait en sortant des poules. Maintenant, on attaque le vif du sujet. Les filles sont concentrées, dans l'événement. Pour l'instant, tous les voyants sont au vert.


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Sentez-vous une pression supplémentaire alors que se profile le premier match éliminatoire ?
Les filles ont totalement conscience de ce qui nous attend, on est dans notre ligne de conduite, on est déterminé. On l'a dit, notre objectif est d'être présente le 12 novembre (jour de la finale), clairement. Avant cela, il y a des étapes. Si malheureusement ça se passe mal pour nous samedi, on rentre chez nous. On se concentre vraiment sur le match et ce qu'on a à faire ce week-end.

Avez-vous modifié certaines choses dans l'approche du quart par rapport aux semaines précédentes ?
On a voulu rentrer dans des choses beaucoup plus précises, de limiter notre temps d'entraînement sur le terrain. Il faut qu'on ait un maximum de fraîcheur pour les joueuses. On sait qu'on a peu de temps pour faire passer des infos. Nous, le staff, on essaye d'aller vraiment à l'essentiel. On sent que les filles sont à l'écoute, elles se prennent encore plus en main parce qu'elles restent plus longtemps entre elles sur le terrain pour faire des touches, des lancements, des choses qu'elles ont besoin de faire pour se rassurer. Mais on ne change pas par rapport à la phase de poules, on garde la même détermination. Et on essaye d'accompagner les filles.

Si on respecte tout ce qu'il y a à faire, ça devrait bien se passer pour nous. On veut attaquer très fort ce quart de finale, bien rentrer dans le match. On sait qu'elles n'ont rien à perdre, que c'est leur tout premier quart de finale. On s'attend à 20 premières minutes de folie pendant lesquelles il va falloir répondre présent.


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Vous projetez-vous tout de même sur une potentielle demi-finale face à la Nouvelle-Zélande, pour ne pas perdre de temps en cas de qualification ?
En tant que staff, le message qui est passé aux joueuses, c'est "match après match ". Sur la phase de poules, on n'a peut-être pas tout dévoilé de notre jeu, mais là, avec les matches couperets, ce n'est plus le cas. On ne s'inquiète pas sur notre capacité à inventer des combinaisons et sortir des coups du chapeau s'il le faut. Du côté du staff, on anticipe forcément, et on est déjà en train de préparer une éventuelle demi-finale. On aurait perdu du temps si on attend le résultat des quarts samedi soir. Mais on veut que les filles restent focus sur l'Italie et on ne les pollue en aucun cas sur ce qui pourrait se passer par la suite.

Comment gérez-vous la fatigue physique du groupe ?
On arrive à la quatrième semaine de compétition, mais on a été réuni avant, donc ça va faire plus d'un mois et demi qu'on est ensemble. Ça demande énormément d'énergie physique et mentale. Il faut qu'on conserve cette fraîcheur-là. Plus on va se rapprocher de la fin, plus il faudra réduire les temps sur le terrain. On parle de faire un match complet, de mettre en place tout ce qu'on a travaillé. Le groupe prend de plus en plus confiance, se lâche, on a fait un gros match contre l'Angleterre (7-13 le 15 octobre). On a un gros point fort avec notre défense, on veut appuyer dessus, les mettre à mal, et je pense que si on arrive à mettre les choses dans le bon ordre, la deuxième période devrait bien se passer pour nous.


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Quels sont les atouts de l'Italie dont il faudra se méfier dans le secteur de la conquête ?
Aujourd'hui, les Italiennes ont un gros point fort sur la touche. Elles proposent du mouvement, défendent en miroir, sont capables de s'adapter en bloc. Elles peuvent nous poser des soucis. Sur la mêlée, je pense qu'on peut être dominante parce qu'on a un pack puissant, on l'a montré. On est aussi capable de développer de la stratégie sur ce secteur-là, j'espère qu'on prendra l'ascendant. Dans leur composition d'équipe, elles ont mis quatre première-ligne sur le banc, ça nous donne un aperçu de ce qu'il pourrait nous arriver. On sait qu'elles ont des qualités, avec une centre qui vient régulièrement franchir au milieu de terrain (Beatrice Rigoni). Mais on veut vraiment s'attarder sur nous. Derrière, on a aussi des filles qui vont très vite comme Joanna Grisez. On n'a pas de soucis là-dessus, on saura répondre présent. »


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